Siégeant à droite, par opposition aux républicains, trois mouvances se distinguent au sein de cette famille conservatrice :
À la suite des élections législatives de 1871, qui ont lieu dans le cadre de la convention d'armistice afin d'avoir une assemblée légitime pour signer la paix, les partis conservateurs prônant la fin de la guerre remportent une large majorité des sièges à l’Assemblée nationale.
Mais faute de pouvoir s'entendre pour la restauration de la monarchie, l’Union des droites fait élire le maréchal de Mac Mahon à la présidence de la République mais se désagrège lors du vote des lois constitutionnelles de 1875, les quelques bonapartistes refusant ces lois et les légitimistes étant divisés. Elle garde la majorité jusqu'aux élections législatives de 1876, qui voient la victoire des Républicains opportunistes et lors desquelles les droites ne font pas d'alliance électorale nationale. Le groupe de l'Union des droites est donc dissout de fait.
Le Sénat passe quant à lui à gauche en 1879[1].
Pour les élections législatives de 1885, la droite se mobilise activement dans l'Union conservatrice. Les royalistes y étant majoritaire face aux bonapartistes, divisés entre Napoléon-Jérôme Bonaparte et Victor Napoléon. Leur campagne est surtout axée sur la critique du bilan républicain et sur l'appel à l'union, mais elle ne parle alors pas de ce qu’il faudrait à la place. Dans le même temps, le cardinal d'Alger, Charles Lavigerie, publie en août un appel à des candidatures catholiques ralliés à la République. Mais cet appel est ignoré par les conservateurs malgré l'appui silencieux du Vatican. Albert de Mun créé un parti catholique mais celui-ci demeure invisible. Les accords de confection des listes conservatrices sont à la faveur des royalistes, mais seules neuf candidats sont uniquement royalistes et deux sont bonapartistes. Les candidats ne se revendiquent pas tous d'une étiquette autre que conservatrice. Leur objectif est d'atteindre les 200 élus[2]. La droite l'emporte dans 27 départements et obtient 202 députés dont 176 au premier tour. Ce progrès n'est cependant qu'un retour à la normale et la mise en ballotage n'est due dans la plupart des cas qu'à la division des républicains. En réalité, la droite est bien battue dès le premier tour puisqu'elle ne peut ensuite pas compter sur de réserve de voix. Ce résultat créé cependant un mouvement de panique chez les républicains pour le second tour[3]. Les royalistes, quant à eux, sont optimistes, à l'inverse des bonapartistes qui ne progressent que peu. L’union profite donc surtout aux royalistes qui en profitent pour commencer à éliminer leur allié. Les deux groupes : la Droite royalistes et l'Appel au peuple, restent actifs comme sous-groupe au sein de l'Union des droites, qui est boudé par un quart des conservateurs[4].
Après les élections de 1889, le choix d'un groupe unique de la droite est débattu, notamment par Eugène Jolibois, qui souhaite créer un groupe dissident pour permettre l'indépendance des députés. Il s'agit aussi d'un questionnement de positionnement entre l'intransigeance et la modération. La modération est notamment soutenue par Jacques Piou et Jean Hély d'Oissel qui refusent notamment la proposition de Charles-Émile Freppel de renommer le groupe en « la Droite » ou « la Droite conservatrice »[5]. Rapidement, les conservateurs se divisent face à l'attitude de Mackau au boulangisme, ils lui font payer l'alliance en le démettant de son poste de président le 24 octobre. Le 13 novembre, une nouvelle réunion de l'Union des droites échoue à mettre en place une direction commune. Le 18 décembre, l'Union des droites scissionne, les antiboulangistes formant le groupe de la « droite royaliste », les pro-boulangistes (Mackau et Paul de Cassagnac par exemple) forment la « droite indépendante », les bonapartistes restent dans leur groupe, l'Appel au peuple. L'Union des droites devient une alliance parlementaire. Le 20 mars 1890, Jacques Piou quitte le groupe avec 40 autres députés pour former la « droite constitutionnelle », acceptant la République[6].
Le Ralliement d'une partie des conservateurs à la République à partir de 1893 au sein de la Droite républicaine, provoque la fin définitive de l'Union des droites[7].
Un nouveau rassemblement des députés royalistes a lieu de 1910 à 1919, au sein du groupe des droites.