Mobilisé en Syrie en 1939[3], il rentre à Bordeaux avant et reprend ses fonctions à l'hôpital Saint-André. Il y contribue à la mise en place[3] et devient un des dirigeants du groupe de résistance Tête —du nom de son commandant, Marcel Tête—, affilié à l'OCM[1]. Fort d'une vingtaine[3] ou d'une trentaine[1] de membres issus du milieu hospitalier[3], le groupe apporte notamment une aide logistique aux détenus du fort du Hâ ou à d'autres clandestins (papiers et certificats pour éviter la déportation) et aide au passage des fugitifs vers l'Espagne[1]. Profitant en tant que soignants de laissez-passer nocturnes[3], le groupe cache des armes, des explosifs et des munitions dans l'internat de l'hôpital au cours de l'année 1943[1]. En , Albert Barraud entre dans un groupe du réseau Mithridate baptisé L'Alouette. Il est le médecin-chef départemental de l'OCM et de l'Armée secrète[1] à partir de [2].
Arrestation et déportation
Après Marcel Tête en , Albert Barraud est arrêté dans son cabinet par le commissaire Poinsot le [1], sur dénonciation[3],[Note 2]. La police française l'enferme au fort du Hâ, puis le livre à la Gestapo qui le transfère au camp de Compiègne-Royallieu le [1].
Le [2], il est déporté au camp de Neuengamme. À partir d', il se consacre à soigner les prisonniers à l'infirmerie principale du camp[1].
Libération et décès
Le Cap Arcona embrasé peu après les attaques aériennes.
En , il est évacué par les Allemands qui exfiltrent des déportés vers la Suède[1]. Il embarque sur un paquebot surchargé, le Cap Arcona. Mais le navire est bombardé par les Anglais dans la baie de Lübeck le et prend feu. Albert se serait jeté à l'eau, mais aurait été heurté par la chute d'une chaloupe depuis un pont supérieur; il périt, comme près de 8 000 personnes[3].
À Bordeaux, la rue du Docteur Albert-Barraud porte son nom depuis 1946, ainsi qu'une école primaire de cette voie[3].
En , sa petite-fille la comédienne[5]Marie Barraud publie sa biographie sous le titre Nous, les passeurs[6].
Notes et références
Notes
↑ Au 109, rue Camille-Pelletan. François Mauriac s'y maria quelques années auparavant.
↑ C'est le docteur Jean Poinot, autre chirurgien de Saint-André récemment libéré d'un camp qui prend alors la direction du groupe, désormais intégré au réseau Gallia-Regina.
1 2 3 Laurent Cardonnet, Contribution à l'étude des étudiants en médecine et des médecins morts pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, Université Paris-Descartes, , 134p., p. 76
1 2 3 4 5 6 7 8 9 Michel Colle, «Albert Barraud (rue du docteur)», Une rue, un médecin dans Bordeaux, (lire en ligne, consulté le )
↑ Cadish, «Le souvenir de Mauriac», SudOuest.fr, (lire en ligne, consulté le )
↑ «D’un père à l’autre», SudOuest.fr, (lire en ligne, consulté le )