Cap Arcona

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Quille posée
Lancement
Cap Arcona
illustration de Cap Arcona
Le Cap Arcona en 1927.

Type Paquebot
Histoire
Chantier naval Blohm & VossVoir et modifier les données sur Wikidata (HambourgVoir et modifier les données sur Wikidata)
Quille posée
Lancement
Mise en service
Statut Coulé le
Équipage
Équipage 475
Caractéristiques techniques
Longueur 205,9 m (hors-tout)
196,2 m (flottaison)
Maître-bau 25,8 m
Tirant d'eau 12,8 m (8,7 m)
Port en lourd 11 500 tpl
Tonnage 27 561 BRT, 15 011 NRT
Propulsion 2 turbines à vapeur, 2 hélices
Puissance 17 500 kW
Vitesse 20 nœuds
Caractéristiques commerciales
Passagers 1 315 (575 1re classe, 275 seconde classe, 465 en dortoirs (jusqu'en 1937), total 1 315, à partir de 1937, 850)
Rayon d'action 11 110 NMVoir et modifier les données sur Wikidata
Carrière
Armateur Hamburg-Südamerikanische Dampfschiffahrtsgesellschaft (HSDG)
Pavillon Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Port d'attache GdyniaVoir et modifier les données sur Wikidata
Port d'enregistrement GdyniaVoir et modifier les données sur Wikidata

Le Cap Arcona est un ancien paquebot allemand de grand luxe dont l'histoire est liée à l'une des plus grandes tragédies maritimes de la Seconde Guerre mondiale.

Le , il est coulé par l'aviation britannique avec deux autres navires (le Thielbek et le Deutschland) alors que sont parqués à bord des milliers de déportés transférés du camp de concentration de Neuengamme. Le naufrage du Cap Arcona a causé la mort d'environ 5 250 personnes.

Plans du Cap Arcona. Werft Reederei Hafen, 1927.
Lancement du Cap Arcona, .

Ce bateau à vapeur rapide appartient à la HSDG, Hamburg-Südamerikanische Dampfschifffahrts Gesellschaft (ou Hamburg-Süd), un des principaux armateurs allemands, surtout concentré sur les lignes entre Hambourg, l'Europe du Nord et l’Amérique du Sud. Construit par les chantiers Blohm & Voss de Hambourg, le Cap Arcona est lancé le . D'une longueur de 206 mètres, d'un tonnage de 27 500 tonnes et doté de cales profondes, il est considéré comme l'un des plus beaux navires de son temps. Son nom, Cap Arcona, provient du cap Arkona sur l'île allemande de Rügen (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale).

Ce vapeur sert aussi bien à des croisières de luxe qu'à l'émigration, principalement vers l'Amérique du Sud. Le , à Rio de Janeiro, un hydravion transportant l'élite intellectuelle brésilienne et chargé d'accueillir Santos-Dumont, qui est à bord du Cap Arcona, s'abîme près du navire.

Réquisition par la Kriegsmarine

Le navire est réquisitionné par la Kriegsmarine le . Il reste à quai dans le port de Gotenhafen, baie de Dantzig (mer Baltique), Prusse-Orientale, servant de logement flottant aux troupes de la Kriegsmarine. En 1944, il reçoit l'ordre de transporter des civils et des soldats entre Gotenhafen et Copenhague, mais ses turbines tombant en panne, il est remorqué et réparé dans un chantier naval scandinave. Il est restitué en mauvais état à la compagnie Hamburg Süd le .

Un intermède cinématographique

Le paquebot servit pour le tournage du film de propagande nazie Titanic tourné en 1942-1943.

Des prisons flottantes

Toujours le , Heinrich Himmler donne l'ordre d'embarquer tous les prisonniers, et de les conduire en Suède pour les remettre aux Alliés en échange de certains avantages[1].

C'est le gauleiter, chef SS du district de Hambourg, Karl Kaufmann qui fit diriger les déportés du camp de concentration de Neuengamme vers Lübeck, où se trouvaient le Cap Arcona et deux navires plus petits, le Thielbek et l'Athen, ainsi que le Deutschland.

Les commandants du Cap Arcona, Heinrich Bertram, et du Thielbek, John Jacobsen, sont informés des projets nazis le . Jacobsen est déchu de son commandement le 19. Dès le 20 commence l'embarquement sur les navires de 11 000 déportés arrivés à Lübeck entre les 19 et , malgré les protestations de la Croix-Rouge suédoise.

L'officier SS Gehrig ordonne au capitaine de l'Athen, Fritz Nobmann, d'embarquer 2 300 déportés accompagnés de 280 SS et kapos et de les transférer au Cap Arcona, ancré à km au large. Nobmann refuse, puis menacé de mort, s'exécute. Mais le commandant Bertram refuse le transbordement et l'Athen doit repartir au port. Ce n'est que le 26 sous la menace d'un jugement sommaire que Bertram doit se résoudre au transfert.

Sous le commandement du SS Kirstein, les gilets de sauvetage sont enlevés, alors que bancs et banquettes (possibles radeaux) sont stockés dans les cales. En plusieurs voyages jusqu'au , 6 500 déportés et 600 gardes sont amenés sur le Cap Arcona, où ils survivent dans des conditions atroces. On compte plusieurs dizaines de morts chaque jour. Le 30, des prisonniers sont enlevés du navire tant la surpopulation exaspère même les SS et en raison d'un accord avec la Croix-Rouge pour exfiltrer les déportés français vers les hôpitaux suédois. Mais, arrivés du camp de concentration du Stutthof, 500 nouveaux déportés arrivent à Lübeck.

Le , des chars britanniques arrivent dans la ville tandis qu'un avion de reconnaissance repère les navires et que les photos prises lors de leur survol permettent de repérer les SS sur le pont. Deux officiers britanniques écoutent le rapport terrifiant de la Croix-Rouge et promettent d'agir, mais il est trop tard pour détourner l'attaque lancée par la RAF au vu de l'interprétation de la reconnaissance aérienne.

Le , les Alliés libèrent donc un camp de Neuengamme vide, bien qu'il ait reçu 106 000 déportés à partir de 1938.

La tragédie de Lübeck

Notes et références

Annexes

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