Sa famille paternelle est une des plus anciennes de Saint-Pierre-et-Miquelon. Originaire de Saint-Malo, elle s’établit dans l’archipel en 1765. Chassée par l’occupation britannique à la fin du XVIIIesiècle, elle s’y réinstalle définitivement en 1816[1].
Albert Joseph Briand[1] naît le à Saint-Pierre. Il est le fils d’Albert Théodore Briand (1866-1950) et d’Annabella Madigan (1877-1947), et le sixième-né d’une fratrie de douze enfants[2]. Il épouse Marie Déminiac en ; ensemble, ils ont deux filles, Annabella et Nicole[2]. Il est le beau-frère d’Henri Claireaux, qui fut sénateur de 1947 à 1968[3].
Formation et carrière
Il suit une partie de ses études au collège Sainte-Mary à Halifax, dans la province canadienne de la Nouvelle-Écosse[1]. En 1932, à son retour dans l’archipel, il s’installe comme commerçant dans sa ville natale de Saint-Pierre[1].
Avec son beau-frère Henri, il fait partie pendant la Seconde Guerre mondiale de l’élite collaborationniste saint-pierraise, ce qui leur vaut d’être arrêtés, au début de l’année 1944, par les armées de la France libre[3]. Tous deux anti-gaullistes virulents, ils deviennent néanmoins adversaires politiques[3].
Dans les années 1950, il développe des activités dans l’économie maritime et le tourisme. Propriétaire d’un hôtel et du plus grand magasin de Saint-Pierre, il fonde la compagnie Air Saint-Pierre, unique compagnie aérienne régulière opérant sur l’archipel[4]. Il est également éditeur de l’hebdomadaire L’Écho des îles Saint-Pierre-et-Miquelon[3].
Il est réélu par 1 246 voix, soit 54,5% des suffrages exprimés[5]. Sa victoire provoque la démission de treize des quatorze élus du conseil général de Saint-Pierre-et-Miquelon[8], le [9]. Après une élection territoriale partielle en novembre de la même année, où il ne rencontre aucune opposition[10], Albert Briand prend la présidence du conseil général mais démissionne l’année suivante, ainsi que l’ensemble de l’assemblée, pour protester contre l’envoi par le gouvernement de gendarmes métropolitains afin de régler la grève des dockers[11],[12]. Le conseil général est reconduit quasi à l’identique en [13].
Pendant son mandat parlementaire, il siège relativement peu à l’Assemblée nationale: il ne prend pas part au vote autorisant la ratification du traité de l’Élysée, est absent lors de l’examen du projet de loi encadrant les modalités d’exercice du droit de grève dans les services publics et est excusé, au titre de l’article 159 du règlement de l’Assemblée, lors du vote sur la réforme du service militaire[1]. Entre 1964 et 1966, il ne prend la parole que deux fois dans l’hémicycle[14].
La rue Nielly à Saint-Pierre est renommée en son honneur « rue Albert-Briand » par arrêté no1150 du [17]. En , le nom d’Albert Briand est attribué au premier ATR 42 de la compagnie Air Saint-Pierre, dont son gendre a repris la direction[18]. Un timbre à son effigie est émis par La Poste en [19].
↑ D’après Émile Sasco et Joseph Lehuenen, Chronologie des îles Saint-Pierre et Miquelon: XXesiècle, deuxième partie, 1970-1998, (lire en ligne), p.142.