Albert Edward Johnson
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Albert Edward Johnson, « B. », « Bee »[Notes 1], dans la résistance et Albert Jonion selon sa fausse identité belge, est un citoyen britannique ayant fui la Belgique avec la famille De Greef pour s'installer avec elle à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques. Membre du réseau Comète dès son origine en , il effectue 28 passages des Pyrénées, dont plus de la moitié comme guide principal aux côtés de passeurs basques, et permet à 122 aviateurs alliés de regagner l'Angleterre[1]. Après la guerre, il s'établit avec sa famille en Australie et meurt prématurément d'un cancer de l'estomac, le , à l'âge de 45 ans, laissant une femme et trois enfants.
Farringdon (Hampshire), Royaume-Uni.
| Nom de naissance | Albert Edward Johnson |
|---|---|
| Alias |
"B", « Bee » dans la résistance, Albert Jonion (fausse identité belge) |
| Naissance |
Farringdon (Hampshire), Royaume-Uni. |
| Décès |
(à 45 ans) Hobart, Tasmanie, Australie. |
| Nationalité | britannique |
| Pays de résidence | Royaume-Uni, France, Australie. |
| Diplôme | |
| Autres activités | |
| Conjoint |
Wendy J. Chamier |
| Descendants |
trois enfants |
Éléments biographiques
Albert Edward Johnson est né à Farringdon, en Angleterre, le . Son père est Arthur George Johnson, originaire de Grantham, dans le Lincolnshire. Il fait des études de mécanicien automobile et est engagé en 1928 comme chauffeur et secrétaire de voyage du président du Comité international olympique à Bruxelles[2].
Seconde Guerre mondiale
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en Belgique, Albert Edward Johnson, alors âgé de 31 ans, est le chauffeur du comte Henri de Baillet-Latour, président du Comité international olympique et également propriétaire du journal L'Indépendance belge[3],[4]. Elvire De Greef, secrétaire de direction du journal, et sa famille intègrent le convoi de plusieurs camions qui emmènent, direction et journalistes vers le Sud de la France. Albert Edward Johnson organise le voyage. Leur périple s'arrête à Anglet où le maire François Dommain les installe dans la Villa Voisin, désertée par ses occupants. Si Albert Edward Johnson parle bien le français, il ne parvient pas à dissimuler son accent britannique[5]. Il se fait passer pour le « discret jardinier » de la famille De Greef composée outre Elvire et son mari Fernand, de Janine, de son frère Frédéric sans oublier la grand-mère, « Bobonne »[5],[6].
Lorsqu'Andrée De Jongh est dénoncée et arrêtée à Urrugne en , Albert Edward Johnson, « Bee », a déjà effectué 7 traversées des Pyrénées et retrouve en Jean-François Nothomb, « Franco », les qualités de leader qu'il avait observées chez « Dédée »[5].
Albert Edward Johnson fait partie du petit groupe qui tentera sans relâche de faire évader Andrée De Jongh en la suivant dans ses différents lieux de détention, à Bayonne, au « Château-Neuf » puis à la « Villa Chagrin » et à Biarritz, à la « Maison Blanche » d'où elle sera envoyée à Paris à la prison de Fresnes mettant un terme à tous les espoirs de la faire évader. À ses côtés se trouvaient Fernand et Elvire De Greef, Jean-François Nothomb, Jean Dassié, Pierre Elhorga et Frédéric De Jongh. Tout fut vain[7].
Le , Jean Greindl qui coordonne les opérations à Bruxelles est arrêté à son tour. « Franco » et « Bee » font passer en Espagne son frère, Albert Greindl au sein d'un groupe d'aviateurs alliés[5]. Arrivés en Espagne, le passeur Basque, Florentino Goikoetxea, les laisse à une ferme où un véhicule — dont le chauffeur a été grassement payé — doit les conduire à Bilbao. Au détour d'une route, des carabineros surgissent et arrêtent le véhicule. Albert Greindl et « Bee » parviennent à s'enfuir dans les collines mais « Franco » et ses trois aviateurs restent bloqués dans le véhicule. Ils sont arrêtés et transférés à la prison de Pampelune où ils sont interrogés. Ils y restent une semaine et, après l'intervention des Britanniques dont l'influence était croissante en Espagne à cette époque, ils furent relâchés et remis aux Britanniques[8].

Le , Albert Edward Johnson fait un aller-retour à Paris où Frédéric De Jongh est remonté pour se rapprocher de sa fille et reprendre la coordination. Il tente de le convaincre d'emprunter la ligne et de rallier Londres. Il n'en veut rien entendre. Albert Edward Johnson, bredouille, rentre seul par le train de nuit[9].
Il devient urgent de trouver d'autres points de passage, la zone côtière jusqu'ici empruntée est de plus en plus surveillée. Le [4], Elvire De Greef, Yvonne Lapeyre, sa belle-sœur, et « Bee » se rendent en train trente kilomètres à l'intérieur des terres au sud de Bayonne. Des Feldgendarmes contrôlent les identités, ils interpellent « Bee » et le questionnent sur son accent anglais. « Tante Go » explique qu'il est belge, qu'il s'appelle Albert Jonion et qu'il a été élevé par une mère britannique, ce qui explique son accent. Ceci ne convainc pas et ils sont tous les trois appréhendés et conduits à Saint-Jean-Pied-de-Port pour interrogatoire. « Bee » est emmené au palais des princes-évêques. « Tante Go » qui emmenait toujours des produits de contrebande avec elle explique que c'est pour le Kreis Kommandant de la Kommandantur de Biarritz et qu'ils n'ont pas intérêt d'y toucher. Elle surenchérit, « mon mari est l'interprète du Kommandant à Anglet. Vous n'avez qu'à les appeler mais je vous assure que vous n'aurez pas fini d'en entendre parler ». Contre toute attente, les feldgendarmes prennent peur, ils libèrent Elvire De Greef et Yvonne Lapeyre et les conduisent à un hôtel leur disant que le jeune homme serait libéré le lendemain et les rejoindrait ici.[10],[4].
Quant aux trois aviateurs arrêtés par la Gestapo en même temps qu'Andrée De Jongh, deux Américains et un Britannique, ils sont toujours sévèrement interrogés. Certains finissent par révéler leur dernier lieu d'hébergement à Bayonne. Jean Dassié et sa famille sont arrêtés le et les Lapeyre échappent de justesse à leur arrestation, les Allemands s'étant trompés d'immeuble.
La situation devient trop dangereuse pour les Lapeyre et pour Albert Edward Johnson. Il faut les exfiltrer vers Londres. Albert Edward accomplit ainsi son ultime voyage avec « Franco », la nuit du [Notes 2]. Ils arrivent sains et saufs en Angleterre[11]. Albert Edward travaille ensuite à Londres pour le MI9[12]. En , un Dakota se pose sur l'aérodrome de Biarritz avec à son bord « Bee » et les deux enfants De Greef qui avaient été envoyés à Londres sur ordre de Michael Creswell (en), le : Janine et Frédéric, ils sont accueillis par leurs parents et amis[13].
Le , Andrée De Jongh et sa sœur Suzanne Wittek-De Jongh sont libérées du camp de Ravensbrück par la Croix-Rouge internationale. Lorsqu'elles arrivent en Suisse, informés, les alliés mettent à disposition d'Albert Edward Johnson un véhicule pour aller les y récupérer et les ramener à Bruxelles[14].
Après la guerre

En 1945, il est désigné pour travailler au « Awards Bureau » de Paris qui dépend de l'IS-9 et qui vient en aide aux « helpers » tout en instruisant leur dossier pour recevoir des reconnaissances et des aides financières après guerre. Il y rencontre sa future épouse, Wendy J. Chamier qui y travaille également et l'épouse en . À la dissolution de cet office, la même année, ils reviennent s'établir dans le Devon à Colaton Raleigh, Sidmouth, où ils auront trois enfants. Comme beaucoup d'anciens résistants, ils trouvent la vie morne et monotone et, à l'appel de l'Australie qui cherchait à recruter des Britanniques pour venir s'établir sur son territoire, ils y répondent, émigrent en 1951 et s'établissent en Tasmanie[4],[2]. En , la famille s'installe à Opossum Bay, à une quarantaine de kilomètres au sud de Hobart. Albert Edward Johnson travaille pour une entreprise d'hydro-électricité et ensuite pour un bureau de statistiques. Depuis plusieurs années, Albert Edward Johnson souffre de douleurs à l'estomac, mais ce n'est qu'en , après une opération exploratoire, qu'un cancer est diagnostiqué. En octobre de la même année, l'état de santé de « Bee » s'aggrave, ils déménagent à Hobart pour se rapprocher des services médicaux. Albert Edward Johnson meurt à l'hôpital « St John » de Hobart le , à l'âge de 45 ans[2].
Reconnaissances
membre de l'ordre de l'Empire britannique [15].- Lieutenant ARA[4].