Albert Kudjabo

militaire congolais From Wikipedia, the free encyclopedia

Albert Kudjabo, né le à Kilo, dans l'État indépendant du Congo, et mort le à Bruxelles, est un militaire congolais ayant servi dans l'armée belge pendant la Première Guerre mondiale. Fait prisonnier par l'armée allemande après les combats de Namur, il est aussi connu pour les enregistrements sonores réalisés en 1917 dans un camp de prisonniers en Allemagne.

Décès
Nom de naissance
Albert Kudjabo
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Albert Kudjabo
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Albert Kudjabo
Nationalité
Activité
Conjoint
Ludovica Kempeneer
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Biographie

Origines et arrivée en Belgique

Albert Kudjabo naît le à Kilo, dans le nord-est de l'État indépendant du Congo. Il reçoit une formation dans une mission catholique de Kilo, dans la Province Orientale[1].

À l'adolescence, il arrive en Belgique. Avant la guerre, il travaille à Gand comme domestique ou jeune aide de maison[1].

Première Guerre mondiale

Le , au début de la Première Guerre mondiale, le Corps des volontaires congolais est créé par arrêté royal afin de permettre à des Congolais de s'engager dans l'armée belge[2]. Albert Kudjabo fait partie des Congolais engagés, aux côtés de Paul Panda Farnana, Joseph Adipanga et d'autres volontaires[2].

Il participe à la défense de Namur. Le , il est capturé par l'armée allemande à Lives-sur-Meuse, avec Paul Panda Farnana et Joseph Adipanga[1]. Il est alors blessé à la tête[3]. Il est d'abord détenu au camp de Soltau, près de Hanovre, puis transféré à Münster en 1917[3].

Enregistrements sonores en captivité

En 1917, alors qu'il est prisonnier de guerre, Albert Kudjabo fait l'objet d'enregistrements par la Commission phonographique prussienne. Les chercheurs allemands s'intéressent à ses connaissances supposées du langage tambouriné. Il est photographié et enregistré jouant d'un tambour mélanésien, instrument qui ne correspond pas à son contexte culturel d'origine mais qui est utilisé dans le cadre de la mise en scène scientifique et coloniale de l'époque[3].

Ces enregistrements, conservés au Lautarchiv de l'université Humboldt de Berlin, comptent parmi les rares traces sonores connues d'un soldat congolais de la Première Guerre mondiale[4]. Ils comprennent des chants, des sifflements, des paroles et des séquences liées au langage tambouriné[3].

Après-guerre

Après la guerre, Albert Kudjabo revient en Belgique. En 1919, il partage un logement avec l'ancien combattant congolais Antoine Manglunki et l'épouse de celui-ci à Schaerbeek, avant de s'installer à Liège moins d'un an plus tard[1].

Il participe à la fondation de l'Union congolaise, avec Paul Panda Farnana, Joseph Adipanga et d'autres anciens combattants congolais. Cette association, créée en Belgique après la guerre, défend l'entraide entre Congolais, l'instruction, la reconnaissance des anciens combattants et une plus grande participation des Congolais à l'administration coloniale[2].

Le , Albert Kudjabo épouse Ludovica Kempeneer. Le couple a quatre enfants[3].

Albert Kudjabo meurt en Belgique le , à l'âge de 38 ans, des suites d'une maladie pulmonaire[3].

Postérité

Les enregistrements d'Albert Kudjabo ont été étudiés dans des travaux consacrés aux archives sonores produites dans les camps allemands de prisonniers de guerre pendant la Première Guerre mondiale[3]. Ils sont aussi mobilisés dans des réflexions contemporaines sur la mémoire coloniale, la guerre et les dispositifs scientifiques européens de classement des langues et des corps colonisés.

L'artiste Sammy Baloji utilise ces traces sonores dans l'installation ...and to those North Sea waves whispering sunken stories, présentée dans le cadre de Beaufort 21, à Zeebruges[5].

Distinction

Le chevron de front, refusé à Albert Kudjabo de son vivant, lui est attribué à titre posthume[3].

Notes et références

Voir aussi

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