Albert Lacroix apprend le métier d'éditeur dans la maison d'édition de son oncle, François-Joseph Van Meenen, à Bruxelles. Il s'associe avec lui en 1857[1].
Le , Albert créée la maison d'édition Librairie internationale A. Lacroix, Verboeckhoven, et Cie[2] et décroche un soutien financier en 1862 de la filiale bruxelloise de la banque Oppenheim, lui permettant d'acheter les droits d'édition des Misérables de Victor Hugo[3], interdit de séjour en France.
«A. Lacroix, Verboeckhoven, et Cie» se spécialise alors dans la publication des œuvres d'auteurs français exilés en Belgique comme Louis Blanc, Edgar Quinet, Maurice Joly, Proudhon. Pour ce dernier, il essuie un procès.
À partir de 1863, il devient le promoteur de la station balnéaire de Dinard en y faisant l'acquisition de plusieurs terrains au-dessus de la plage de Saint-Enogat sur lesquels il fait édifier un hôtel et des villas par son homonyme: l'architecte Joseph-Eugène Lacroix.
En 1869, Victor Hugo rompt son contrat avec lui, au moment de la publication de L'Homme qui rit. Les problèmes financiers surgissent et, entre autres tracas, sa maison d'édition ne réussit pas à livrer à temps le Paris-Guide destiné à l'Exposition universelle de 1867.
Lacroix pratiqua comme beaucoup la publication à compte d'auteur: au cours du premier semestre 1869, il réclame 1 200 francs-or (soit l'équivalent de 4 années de salaires ouvrier à cette époque) à un certain Isidore Ducasse pour imprimer Les Chants de Maldoror bientôt annoncé sous le pseudonyme du «comte de Lautréamont»[4].
Sa filiale française fait faillite en 1872, peut-être en partie à la suite de spéculations immobilières hasardeuses et à la Guerre franco-allemande de 1870[5].
Albert Lacroix continue néanmoins son métier d'éditeur jusqu'à sa mort. En 1876, il cède une partie de son fonds avec les droits attenants, à Marpon & Flammarion.
Également journaliste et écrivain, Albert Lacroix a publié plusieurs ouvrages, dont une Histoire illustrée de la France depuis les plus lointaines origines jusqu'à la fin du XIXe siècle, en 2 volumes, à Paris, chez Ollendorf, en 1900.
↑Soit 240 000 francs-or (source: J.-Y. Mollier (2005), Dictionnaire encyclopédique du livre, t. II, p.675).
↑Titre et «auteur supposé» inscrit au Bulletin international des publications interdites en France imprimées à l'étranger daté 25 octobre 1869 (source: Jean-Jacques Lefrère, Lautréamont, Flammarion, 2008 (ISBN978-2081216631).
↑Selon Jacques Michon et Jean-Yves Mollier (dir.), Les mutations du livre et de l’édition dans le monde du XVIIIesiècle à l’an 2000, Presses de l’université de Laval, 2001, p.65.