Albert Ogilvie
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Albert Ogilvie | |
Ogilvie en 1935 | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Premier ministre de Tasmanie | |
| – (4 ans, 11 mois et 19 jours) |
|
| Monarque | George VI |
| Gouverneur | Ernest Clark (en) |
| Prédécesseur | Walter Lee (en) |
| Successeur | Edmund Dwyer-Gray |
| Membre de l'Assemblée de Tasmanie | |
| – (20 ans et 10 jours) |
|
| Circonscription | Franklin |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Albert George Ogilvie |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Hobart |
| Date de décès | (à 49 ans) |
| Lieu de décès | Warburton, Victoria, Australie |
| Nationalité | Australienne |
| Parti politique | Parti travailliste d'Australie |
| Conjoint | Dorothy Mabel Hines (16 octobre 1920) |
| Diplômé de | Université de Tasmanie |
| Profession | Avocat |
|
|
|
| Premiers ministres de Tasmanie | |
| modifier |
|
Albert George Ogilvie, né le , est un homme politique australien, Premier ministre de Tasmanie du jusqu'à sa mort le .
Petit-fils de bagnards, fils des tenanciers de la Victoria Tavern à Hobart, Albert Ogilvie y naît le . Il fait ses études à la Buckland's School à Hobart puis au collège catholique St Patrick (en) à Ballarat, dans l'État de Victoria. Il obtient en 1913 une licence en Droit à l'Université de Tasmanie et effectue son stage auprès de l'avocat Norman Ewing (en), membre du Parlement et futur juge à la Cour suprême[1]. Inscrit au Barreau en 1914, il se spécialise dans les affaires criminelles et acquiert une certaine notoriété en obtenant en 1921 l'acquittement de l'accusé du meurtre de la jeune Chrissie Venn (en)[2].
Politique
Membre du Parti travailliste, Ogilvie est élu député de la circonscription de Franklin en 1919 et défend des idées « socialistes catholiques[3]. ». Après la victoire travailliste d', il occupe différents portefeuilles dans le gouvernement de Joseph Lyons. En 1927, il est impliqué dans un scandale financier et doit démissionner, mais la Cour suprême refuse de le radier du Barreau et, lors des élections de , perdues par le gouvernement, son score électoral reste élevé. Ogilvie est élu chef du groupe parlementaire de l'opposition, contre l'avis de Lyons, ce qui provoque de nombreuses dissensions dans le parti travailliste pendant quelques années[1].
Après les élections de remportées par les travaillistes, Ogilvie devient Premier ministre. Si, « jusqu'alors sa carrière était restée discrète, en tant que Premier ministre, il connut un succès considérable, voire remarquable. Son dynamisme contrastait avec l'ultra-conformisme des autres gouvernements australiens de l'époque : par son envergure, Ogilvie devint un Franklin D. Roosevelt[3]. »
Ambitieux, plein de confiance en lui, il est également « dur et impitoyable » et pratique la pression politique. Se préoccupant peu de l'Establishment, il est qualifié de « Trotsky tasmanien. » Cependant, même les journaux conservateurs reconnaissent qu'il a donné un but à l'État et a aidé les Tasmaniens à réduire leur sentiment d'infériorité[4].
Ogilvie augmente les dépenses publiques et le rôle du gouvernement. Il finance par l'emprunt d’importants projets hydro-électriques, comme la Tarraleah Power Station (en), ouverte en 1939, qui double à elle seule la capacité électrique, après avoir fourni du travail à une importante main d’œuvre. Sont favorisées également l’installation d'usines de pâte à papier, adossées à d’importantes concessions forestières. La construction d'une route vers le sommet du Mont Wellington (dite « Route Ogilvie ») fait partie de ce programme de grands travaux[5],[6]. En parallèle des écoles rurales où les élèves sont acheminés par bus sont créées, en remplacement de la multitude de petites écoles dispersées, souvent tenues par un seul professeur. Les écoles secondaires sont généralisées[7]. Le tourisme est considéré comme un secteur à développer[8].
Cependant, tous ses projets n'aboutissent pas. Ogilvie ne parvient pas à rationaliser les transports ni à réduire les pouvoirs du Conseil législatif de Tasmanie. Il est en butte à l'hostilité des syndicalistes de gauche. Il travaille avec des alliés issus de la fonction publique et un cercle restreint de conseillers. Toutefois, tous les indicateurs économiques ayant progressé, le Parti travailliste remporte en une victoire électorale décisive, lui permettant de se maintenir au pouvoir jusqu'en 1969[1].
Ogilvie effectue un voyage en Europe en 1935. Il éprouve quelque sympathie pour l'URSS mais se méfie fortement de l'Italie de Mussolini et de l'Allemagne hitlérienne[9] et, dès 1938, plaide pour le réarmement[1]. En tant que premier ministre, il est favorable à l'accueil en Tasmanie de juifs fuyant l'Europe, mais il se heurte à la politique restrictive décidée au niveau fédéral[10].
Ogilvie meurt brutalement en . Une statue à son effigie est érigée dans les jardins du Parlement de Tasmanie.
Bibliographie
- (en) John F. Briggs, Scourge of the Establishment: Albert Ogilvie and Tasmanian Society, 1890-1939, Thesis, University of Tasmania, (lire en ligne)
- (en) Henry Reynolds, A History of Tasmania, Cambridge University Press, (ISBN 978-1107014589)
- (en) L.L. Robson, A Short History of Tasmania, Melbourne, Oxford University Press, (ISBN 0-19-554651-2)
- (en) Michael Roe, « Albert Ogilvie », dans Australian Dictionary of Biography, (lire en ligne)
- (en) Michael Roe, Albert Ogilvie and Stymie Gaha : world-wise Tasmanians, Hobart, Parliament of Tasmania, (ISBN 9780646491233)