Albert Sabin

médecin américain, créateur du premier vaccin oral contre la poliomyélite From Wikipedia, the free encyclopedia

Albert Bruce Sabin (né Saperstein à Białystok dans l'Empire russe, aujourd'hui en Pologne, le et mort à Washington le ) est un médecin et chercheur américain dont la découverte la plus remarquable fut le vaccin antipoliomyélitique oral dans les années 1960, quelques années après la mise au point par Jonas Salk d'un vaccin inactivé.

Décès
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Nom de naissance
Albert Saperstein
Faits en bref Président Institut Weizmann, Naissance ...
Albert Sabin
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Président
Institut Weizmann
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Albert Saperstein
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Il reçoit en 1965 le prix Albert-Lasker pour la recherche médicale clinique.

Biographie

Fils de Jacob Saperstejn et Tillie Krugman[1], Abram Saperstejn (futur Albert Sabin) est né à Białystok alors dans l'Empire russe dans une famille juive d'origine polonaise[2]. En 1921, il embarque à bord de la SS Lapande qui navigue en partant d'Anvers, pour émigrer avec sa famille à New York, pour éviter les persécutions dues à la montée de l'antisémitisme en Pologne. Ils s'installent à Paterson dans le New Jersey, où Abram qui ne parlait pas l'anglais en arrivant obtient son diplôme d'études secondaires. Son père travaille alors dans l'industrie du textile[3].

Sabin commence à l'université de New York - l’une des rares universités qui n’applique pas de quotas juifs à l’époque - dans des études de dentisterie financées par son oncle dentiste mais s'intéressant à la virologie, il change après trois ans d'orientation[4]. Il décroche des petits emplois dans les hôpitaux et il obtient des bourses lui permettant de financer à son tour ses études de médecine[4],[5]. Il obtient une licence en sciences biologiques de l'université Rutgers du New Jersey, en 1928[6].

En 1930, il est naturalisé américain et change son nom en Sabin. Il se forme en médecine interne, pathologie et chirurgie à l'hôpital Bellevue de New York de 1931 à 1933, où il se penche sur les différents types de pneumonies[4]. Il obtient son doctorat en médecine microbiologique à l'Université de New York, en 1931[7]. En 1934, il mène des recherches à l'Institut Lister de médecine préventive en Angleterre[7]. Pendant ce temps, il développe un intérêt intense pour la recherche, en particulier dans le domaine des maladies infectieuses et commence rapidement ses recherches sur la poliomyélite[8].

En 1935, il épouse Sylvia Tregillus avec laquelle il a plusieurs filles[4].

La même année, il rejoint l'Institut Rockfeller de recherche médicale à New York. Quatre années plus tard, il rejoint le Children's Hospital Research Foundation à Cincinnati dans l'Ohio, où il découvre que le virus de la poliomyélite n'envahit pas seulement les tissus nerveux mais également les intestins[8].

Son travail sur le vaccin de la poliomyélite est interrompu par la Seconde Guerre mondiale. En 1941, il rejoint un comité d'épidémiologie de l'armée américaine. Il est lieutenant-colonel dans le corps médical de l'armée des États-Unis.

Durant cette période, il développe également des vaccins contre les encéphalites dont l'encéphalite japonaise, la toxoplasmose, la fièvre à phlébotomes et la dengue[3]. En outre, il étudie les liens possibles entre les virus et certaines formes de cancer. Il supervise la vaccination de 65 000 militaires à Okinawa contre l'encéphalite japonaise[4]. Ses recherches le conduisent à la découverte d'Echo 9, un virus similaire à celui qui cause la grippe intestinale[4]. Plus tard, il développe un vaccin aérosol contre la rougeole[4].

En maintenant son association avec l'hôpital pour enfants de Cincinnati où il travaille, en 1946, il devient également chef de la recherche pédiatrique à l'université de Cincinnati. À l'hôpital pour enfants de Cincinnati, Sabin supervise la bourse de Robert M. Chanock (1924-2010), qu'il appelle son « fils scientifique préféré »[9].

Albert B. Sabin est « l'un des grands pionniers de la recherche médicale de notre siècle. Grâce à son vaccin contre la polio, des millions de personnes ont été sauvées de cette terrible maladie. »

(Dr. Hioshi Nakajima, directeur de l'OMS)

Le premier vaccin oral contre le poliovirus (OPV) à utiliser contre les poliovirus de type 1, mis au point par Sabin, est autorisé aux États-Unis en 1961 ; ses vaccins contre les poliovirus de type 2 et de type 3 le sont en 1962. Son vaccin - qu'il avait testé sur lui-même[10] - présente de nombreux avantages par rapport à celui de son confrère Jonas Salk, administré par injection[7] : « Il pouvait être transporté facilement, stocké pendant longtemps, ne nécessitait qu'une seule dose (par rapport à quatre pour celui de Salk) et, surtout, était administré par voie orale sur un morceau de sucre ou dans du jus »[4]. En 1952, 21 269 cas sont signalés aux États-Unis, qui ne sont plus que 893 cas signalés dix ans plus tard, après l'introduction des vaccins Salk et Sabin[4].

En 1966, sa femme Sylvia est retrouvée morte chez elle à Cincinnati. L'année suivante, il épouse Jane Warner (-2002) dans l'Ohio, mais le couple divorce un an plus tard[4],[11].

Sabin fait un voyage d'enquête à Cuba en 1967 pour s'entretenir avec les responsables locaux de la possibilité d'établir une relation de collaboration entre les États-Unis et Cuba par l'intermédiaire de leurs académies nationales des sciences respectives, malgré le fait que les deux pays n'aient pas de liens diplomatiques officiels[12].

Albert Bruce Sabin au travail.

De 1970 à 1972, il vit en Israël, où il est président de l'Institut des sciences Weizmann de Rehovot.

En 1972, il épouse la Brésilienne Heloisa Dunshee de Abrances[4].

Après son retour aux États-Unis, il devient consultant aux National Institutes of Health[4].

il déménage dans la région de Washington D.C. où il est chercheur résident au John E. Fogarty International Center[13] à Bethesda dans le Maryland, puis est consultant à temps plein à l'Institut National du Cancer américain en 1974[8].

Il travaille entre 1974 et 1982 comme professeur de recherche à l'Université de médecine de Caroline du Sud.

En 1983, Sabin développe une calcification de la colonne cervicale, qui provoquée une paralysie et une douleur intense qui lui fait souhaiter la mort[14]. Il révèlera dans une interview télévisée que l'expérience l'a décidé de passer le reste de sa vie à travailler sur le soulagement de la douleur. Il prend sa retraite en 1986.

Sa maladie est traitée avec succès par une intervention chirurgicale réalisée à l'hôpital Johns-Hopkins en 1992 lorsque Sabin a 86 ans.

Albert B. Sabin meurt le au centre médical de l'université de Georgetown à Washington d'une insuffisance cardiaque conjonctive[3],[8],[4]. Il est enterré au cimetière national d'Arlington, près de Washington.

Après la mort de Sabin, sa dernière épouse, Heloisa avec laquelle il a vécu 25 ans, créé à Washington l'institut de vaccination Sabin[15] aux États-Unis, pour poursuivre le travail de développement et de promotion des vaccins et qui « finance la recherche sur les maladies infectieuses »[16] dans le monde entier et en particulier celles qui touchent les pays africains.

Elle meurt à son tour en et ses cendres sont déposées dans le même cimetière que celui de son mari[15],[16].

Il a plusieurs enfants dont Deborah Sabin et Amy Horn Sabin[17].

Philanthropie

Buste de Sabin à l'institut de recherche Butantan à São Paulo (Brésil).

Albert Sabin a refusé de breveter son vaccin, renonçant à toute exploitation commerciale par les industries pharmaceutiques, afin que le bas prix garantisse une diffusion plus large du traitement. Il a déclaré : "« Beaucoup ont insisté pour que je fasse breveter le vaccin, mais je n'ai pas voulu le faire. C'est mon cadeau à tous les enfants du monde »[18].

Du développement de son vaccin, Sabin n'a pas gagné un sou et a continué à vivre de son salaire de professeur.

Avec l'administration de son vaccin, le nombre de cas a chuté de manière spectaculaire à travers le monde ; il a ainsi permis de quasiment éradiquer cette maladie qui faisait des ravages dans de nombreux pays[7].

Le Sabin Vaccine Institute[15] est fondé en 1993 à Washington par son épouse. C'est une organisation mondiale à but non lucratif qui fait progresser le développement de vaccins pour les besoins médicaux non satisfaits et élargit la couverture de la vaccination en renforçant l'accès et l'acceptation des vaccins dans le monde entier.

Pour commémorer le travail de pionnier de Sabin, l'institut décerne chaque année la médaille d'or Albert B. Sabin en reconnaissance de ses travaux dans le domaine de l'immunologie ou dans un domaine complémentaire.

Reconnaissance

« Au cours d'une longue carrière, Sabin a publié plus de 300 articles scientifiques et a reçu plus de 78 prix et honneurs »[10].

Plaque commémorative en l'honneur d'Alexander Fleming et d'Albert Sabin, jardin de Borgo allegri à Florence (Italie)

Notes et références

Voir aussi

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