Alcide Beauregard
agent canadien du Special Operations Executive
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Alcide Beauregard ([1] - ) fut, pendant la Seconde Guerre mondiale, un agent canadien du Special Operations Executive envoyé en France en . Arrêté par les Allemands le , il fut l'une des victimes du massacre du 20 août au fort de Côte-Lorette, à Saint-Genis-Laval[2].
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Identités
- État civil : Alcide Beauregard
- Comme agent du SOE :
- Nom de guerre (field name) : « Cyrano »
- Nom de code opérationnel : BURGLAR (en français CAMBRIOLEUR)
- Nom de code du Plan, pour la centrale radio : DICKY
Parcours militaire :
- Régiment de Maisonneuve ;
- Royal Canadian Corps of Signals ;
- SOE, section F ; grade : lieutenant.
Éléments biographiques
Alcide Beauregard est Québécois, originaire de l’Estrie. Il s'engage au Régiment de Maisonneuve et passe ensuite dans la Royal Canadian Corps of Signals : c'est donc un radio capable et, à un moment où le manque de radios francophones se fait particulièrement sentir, au milieu de l'année 1943, le SOE fait appel à ses services et le met aussitôt à l'entraînement. Il se foule une cheville à Ringway (à l'école de parachute ...) et c'est en Lysander qu'il arrive en France, près d’Azay-sur-Cher, dans la nuit du 8 au , avec l'appareil qui ramène à Londres Henri Déricourt et sa femme.
Alcide Beauregard est avec Jules Lesage (Cosmo-LACKEY) qui doit monter un réseau en val de Saône vallée de Saône en liaison avec, et sous l’autorité d’Albert Browne-Bartroli, chef éponyme du réseau Tiburce-DITCHER qui s'étend du centre de la Saône-et-Loire jusqu’à l’est de l’Ain. Mais Lesage, qui a déjà opéré dans la région du temps du réseau Alain-SPRUCE, n’a pas convaincu et se retire tout simplement dans la campagne. Alcide Beauregard se met donc directement à la disposition de « Tiburce ». Il a vite beaucoup de travail qu’il accomplit avec efficacité[réf. nécessaire].
Or, les Allemands repèrent qu'il émet toujours du même endroit, une maison du 8e arrondissement de Lyon. Il est localisé par les services allemands et, le , il est arrêté, avec le fils de ses hôtes, le jeune Louis Cézard, avec l’aide duquel il parvient à détruire son poste et ses codes. Louis Cézard sera fusillé le , à Saint-Didier-de-Formans, dans l’Ain. Emmené dans les bureaux de la Gestapo, Alcide Beauregard est torturé mais ne dit rien[3].
Il est enfermé à la prison de Montluc. Il n’en sortira que le matin du quand Allemands et Miliciens en extraient environ 120 détenus, les enfournent dans deux autocars et les amènent au fort de la Côte Lorette, à Saint-Genis-Laval, où ils les entassent dans la maison inoccupée du gardien du fort. Ils sont ensuite abattus à l'arme automatique avant que les Allemands ne fassent sauter la maison à l'aide d'explosifs[3].
Trois hommes s'échappent par les fenêtres : deux sont abattus, le troisième parvient à s'enfuir. Ce dernier ne sera retrouvé qu'après la libération de Lyon et fera, le , le récit de ce qu’il a vécu.
Le maire de Saint-Genis-Laval a tenté d’intervenir, avec le chef de la brigade de gendarmerie. Les Allemands les ont repoussés. Vers 16 heures, l'escarmouche s'achève. Des funérailles solennelles sont organisées le . Elles ont lieu en présence de toute la population saint-genoise, et sont présidées par le maire, par le cardinal Gerlier et par le préfet du Rhône.
Reconnaissance
Distinction
- Grande-Bretagne : Mentioned in Despatches
Monuments
- En 1946, la municipalité de Saint-Genis-Laval décide l'érection d'un monument en l'honneur des victimes du massacre du . Il est inauguré le . Chaque année, depuis, une cérémonie commémorative a lieu, un dimanche, au plus près du .
- En tant que l'un des 104 agents du SOE section F morts pour la France, Alcide Beauregard est honoré au mémorial de Valençay (Indre).
- Mémorial de Bayeux, France, panneau 27, colonne 3.
Discours
- Le , dans un discours d'hommage aux victimes du nazisme prononcé à la prison de Montluc (Lyon), le Président de la République Emmanuel Macron a mentionné Alcide Beauregard :
- « … Des étrangers, parmi les Français, ayant fait le choix du cœur et du sang versé, amis de la France universelle, celle qui a toujours quelque chose à dire au monde dès qu’il s’agit de la liberté du genre humain : comme Alcide Beauregard, le lieutenant canadien parachuté qui émettait des émissions radio clandestines depuis une maison du huitième arrondissement lyonnais et qui ne revit jamais son pays. Tous sont là qui peuplent ces lieux et nos mémoires… »