Alexandre Henriot

producteur de champagne et collectionneur français (1852-1938) From Wikipedia, the free encyclopedia

Alexandre Henriot, né le à Reims et mort le à Reims, est un producteur de champagne et collectionneur français rémois que l’on peut associer à la tendance de l’Affichomanie de la fin du XIXe siècle[1].

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Alexandre Henriot
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Biographie

Fils de Ernest Henriot (1826-1890) et d’Émilie Bourgogne (1833-1908), il est l’un des descendants de la famille Bourgogne.

Il se marie le avec Louise Clavon (1865-1931), union qui donne naissance à quatre enfants : Pierre (1884-1930), Marcel (1886-1925), Jeanne (1887-1925) et Anne-Marie (1895-1976).  

Il occupe plusieurs rôles clefs dans la vie politique et commerciale rémoise. Il est entre autres secrétaire général du Syndicat des Grandes Marques de 1882 à 1918. Parallèlement, il occupe un poste de juge au Tribunal de commerce et il est consul de Russie à Reims[1]. Alexandre Henriot est également connu pour son rôle en tant que président de la Société des Amis des Arts de Reims et son rôle dans le commerce du champagne dans la région rémoise en tant que secrétaire-délégué du Syndicat du Commerce des vins de Champagne.

Collectionneur d’affiches

Grand amateur d’art, il est d’abord connu pour être collectionneur de « documents japonais[2] » et de « livres modernes en tous genres[3] ».

Son rôle majeur dans l'organisation de l’exposition Affiches artistiques françaises et étrangères, modernes et rétrospectives, tenue au cirque de Reims du 7 au 17 novembre 1896 sous le haut patronage de Puvis de Chavanne, alors président de la Société nationale des beaux-arts, fait de lui un véritable « affichomaniaque[4]. »

De tous les collectionneurs d’affiche de l’époque, il est avec Roger Braun, un des seuls à avoir été considéré comme un « collectionneur d’affiches » par ses contemporains[5],[6].

Sa collection, déjà importante à l’époque, s’est enrichie quelques temps après grâce à l’acquisition d’une partie de la collection d’Ernest Maindron.

Louis Schneider considérait cette collection comme le « répertoire le plus complet, au point de vue historique et bibliographique, de l’affiche illustrée[7] » tandis qu’Armand Bourgeois pensait qu’il était difficile d’en avoir une « plus importante que la sienne[8] » soulignant alors l’exhaustivité des affiches collectionnées.

Sa collection personnelle présente entre autres des affiches d’artistes reconnus tels que Toulouse-Lautrec[9], Pierre Bonnard[9], Jules Chéret[10] ou Albert Guillaume[11]. Elle inclut également des figures étrangères à l’instar de l’allemand Otto Fischer[12], des étasuniens William Bradley[13] et George Brill[14], de l’anglais Dudley Hardy[15] ou encore du belge Henri Meunier[16].

L’exposition Affiches artistiques françaises et étrangères, modernes et rétrospectives

Organisée par Alexandre Henriot, l’exposition se déploie sur 1800 mètres de surface et présente 1690 affiches parmi lesquelles 1273 appartiennent à sa collection personnelle, et dont le reste a été prêté par plusieurs collaborateurs tels que Roger Braun de Paris, Ed. Monnier de Bruxelles, Em. L’Hoste de Reims et Edmond Sagot, qui « ont laissé [Alexandre Henriot] puiser largement dans leurs cartons[17] » selon ses mots.

Catalogue de l'exposition organisée par Alexandre Henriot Affiches artistiques françaises et étrangères, modernes et rétrospectives à Reims.

Le catalogue d’exposition a été publié en 1896 et a été réédité en fac-similé en 1980, sa dimension encyclopédique fait de lui un témoignage précieux de l’état de l’art du médium à la fin du XIXe siècle.

À travers l’exposition, Alexandre Henriot montre à la fois offrir un panorama de la richesse et de la diversité esthétique de l’affiche illustrée, tout en montrant sa dimension cosmopolite. L’exposition présente ainsi 597 affiches étrangères (allemandes, américaines, anglaises, autrichiennes, belges, danoises, espagnoles, hollandaises, italiennes, suédoises, annamites, et japonaises). Cette diversité est également notable dans l’aspect formel des affiches (contenu),  comprenant toutes une description précise, allant des chemins de fer d'Orléans, à l'hippodrome, en passant par Hamlet. Les descriptions s'inscrivent dans une volonté de contrôle d'authenticité et de présenter l’affiche comme un document d’art. Elles témoignent ainsi du rôle moteur qu’a joué Alexandre Henriot dans la définition de l’affiche telle qu’on l’a connue au XIXe siècle.

À ce jour, aucun témoignage photographique de cet événement n’est parvenu jusqu’à nous. Il est fort probable que les clichés, que le collectionneur affirme avoir pris pour conserver « le souvenir de cet effort par la photographie »[18], aient péri dans le même incendie que celui qui ravagea sa collection d’affiches en 1914[19].

De la rue au salon : la légitimation de l’affiche artistique dans les cercles mondains

En 1897, Alexandre Henriot organise une « soirée d’affiches animées »[20]. L’événement mondain est décrit dans une lettre du 10 janvier 1897[21] qu’Henriot adresse à un certain René Lebrun que certains chercheurs identifient comme étant Roger Braun[20]. L’article est ensuite publié dans le périodique Le Monde moderne Tome 6, édité par Albert Quantin et paru en août 1897. Cette revue mensuelle (puis bimensuelle) évoque diverses questions à la fois économiques, sociales, mais aussi artistiques et techniques, visant un lectorat cultivé. La parution de cet article par Alexandre Henriot témoigne ainsi de sa posture privilégiée dans les cercles intellectuels de la fin du XIXe siècle comme de la postérité de l’exposition « Affiches artistiques » organisée l'année précédente dont il fait mention dans l’article.

L’organisation de cet événement montre comment les défenseurs de l’affiche doivent l’extraire de son espace naturel (la rue) pour l’inscrire dans un nouveau cadre légitimant (le salon). Il tente cette fois-ci de toucher non pas une grande audience (comme avec l’exposition) mais son cercle proche qu’on imagine appartenir à la bourgeoisie rémoise[22].

Alexandre Henriot met en scène 7 affiches retenues pour leur qualité esthétique et leur potentiel à être animées par des comédiens. La lettre du 10 janvier 1897 est publiée avec ces affiches et leurs interprétations scéniques permettant à la fois de mettre en valeur leur composition et de révéler qu’elles sont, à l’instar des tableaux, porteuses de récits[23].

L’appartenance d’Alexandre Henriot aux cercles des collectionneurs d’affiches se confirme également par la mention de son nom dans les archives Sagot-Le Garrec[24][réf. incomplète], qui conservent la trace de correspondances entre différents affichomaniaques. D’après une lettre de ce dernier à Maurice le Garrec en 1920, la collection d’Henriot aurait été détruite dans un incendie pendant la guerre de 1914.

Il fera également partie du comité d’honneur de l’exposition rétrospective consacrée au peintre, illustrateur et graveur rémois J.-L. Forain du 23 février au 9 mars 1925 au Musée des Beaux-Arts de Reims[25][réf. incomplète].

En 1897, il devient l’un des collaborateurs de la revue L'Estampe et l’Affiche, collaboration qui ne durera qu'un an. Dans ce laps de temps court, il publie pourtant 5 articles consacrés aux affiches étrangères.

Il est aussi le fondateur et le président de la fondation de la Société d’échanges entre Amateurs d’Estampes et d’Affiches[26] dont l’objectif était de créer un réseau facilitant les échanges et les transactions entre affichomaniaques et amateurs d’estampes.

Carrière dans le commerce de vins et de champagne

Conjointement à son rôle dans les milieux artistiques, Alexandre Henriot est aussi négociant en vins de Champagne. Il est entre autres secrétaire général du Syndicat du Commerce des vins de Champagne en 1922, 1925 et 1935[1].

En 1899, il charge les architectes Ernest Kalas, ancien élève de Guadet à l'École des Beaux-Arts de Paris, et Armand Bègue, président de la Société des architectes de la Marne, de créer une cave à vin pour la maison Jules Mumm et, à Paris, un palais néo-rococo Art nouveau pour représenter l'Union des Maisons de Champagne (UMC – Union des Maisons de Champagne) lors de l'Exposition Universelle de 1900. Cette commande réunit alors ses passions respectives pour l’art et le vin.

L'architecture du Cellier raconte les secrets de la production du champagne, cachés derrière une imposante porte métallique.

Les étapes de la production sont illustrées sur des panneaux conçus par Joseph Blanc et Octave Guillonnet et réalisés par le mosaïste Guilbert-Martin. Elles alternent avec les cariatides d'Émile Peynot et des mots exprimant les « vertus » de cette boisson : Virtus, Ingenium, Amor, Gaudium (courage, esprit, amour, joie).

En 2015, Le Cellier est devenu un centre culturel dédié aux créations d'artistes professionnels[27].

En 1913 il participe aussi à l’écriture d’un ouvrage sur le vignoble et le vin de Champagne intitulé Les grands vins de France,- Carte des grands crus de la Champagne, son vignoble, les travaux de la vigne, le travail du vin, les vendanges en Champagne, comment garder/servir/boire le vin de champagne[28] avec George Chappaz. Le livre est édité par la Maison Moët et Chandon Epernay, maison de champagne française de renommée mondiale et l’un des plus anciens grands domaines champenois.

D’autres documents font mention de la participation d’Alexandre Henriot à divers événements publics en lien avec le vignoble français, notamment au Salon d’Automne ayant eu lieu à Paris le 8 et 9 novembre 1927. Alexandre Henriot y aurait participé à la section gastronomique régionaliste[29].

Écrit

  • Alexandre Henriot, Catalogue de l'exposition d'affiches artistiques, françaises et étrangères : exposition, Reims, Cirque de Reims, 7-17 novembre 1896, Reims, .

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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