Alexandre Joseph Paillet
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Alexandre Joseph Paillet, né le à Paris où il est mort le , est un marchand d'art français.
Agent intermédiaire de la Couronne de France pour les collections du Louvre, il dirigea plus de 140 enchères et eut pour principal concurrent Jean-Baptiste-Pierre Lebrun.
Alexandre Joseph Paillet est le dernier des trois enfants de Pierre Paillet, maître tailleur, et de Marie-Anne Dugué-Desnoyers. En 1771, il devient membre de la l'Académie de Saint-Luc, réputé comme restaurateur de tableaux, mais ayant déjà un pied dans le commerce des œuvres d'art[1].
En 1768, il achète des tableaux lors d'une vente aux enchères et parvient à les revendre peu après. Apparemment autodidacte, il se spécialise dans les trois écoles de peintures alors réputées sur le marché (italienne, hollandaise et française). Durant six ans, il assiste à la plupart des ventes parisiennes et se forge une spécialité.
Le , il épouse Marie-Félicité-Thecle Soisson (1750-1802), dont il aura cinq enfants. On connaît un portrait de son épouse, attribué à Falconet[2]. Le couple vit à cette époque rue Thibautodé, où sont organisées des ventes. Le , c'est là qu'il tient le marteau pour la première fois. Le , les Paillet déménagent dans les communs de l'ancien hôtel Schomberg et d'Aligre, rue Saint-Honoré, locaux qu'ils partagent avec le marchand Charles-André Mercier (1741–1823) et son épouse[3].
Entre 1777 et 1787, il effectue plusieurs voyages à l'étranger, notamment en Angleterre et aux Pays-Bas, afin de renforcer ses connaissances en matière d'histoire de l'art[4].
Le , après la faillite de son collègue Mercier, Paillet achète un nouveau local, attenant à l'hôtel Bullion, rue de la Platrière.

C'est là qu'il organise la vente qui lui permet de lancer véritablement sa carrière, en 1779, celle de la collection de l'architecte Louis-François Trouard. Par ailleurs, il sert bientôt d'intermédiaire à Charles Claude Flahaut de La Billarderie, administrateur des arts et directeur général des Bâtiments du roi Louis XVI ; par le biais de Paillet, sont présentées au roi des œuvres censées alimenter les collections royales[5], dont de nombreux maîtres hollandais comme Rembrandt et Vermeer — L'Astronome, par exemple, ne fut pas acheté en 1785, mais entre dans les collections du Louvre... deux siècles plus tard[6].
La plupart des ventes dirigées par Paillet dans les années 1780 et jusqu'au tout début des années 1790 se tiennent en l'hôtel Bullion.
Le , Paillet, en proie à des difficultés financières, doit revendre son local de l'hôtel Bullion, mais en conserve l'usage pour sa profession jusqu'en .
Le , il conduit l'une de ses plus grandes ventes, celle des meubles et objets de l'hôtel de Besenval. Il s'agit des biens de Pierre-Victor de Besenval de Brünstatt, et parmi ceux-ci, se trouve La Gimblette, une toile de Jean-Honoré Fragonard (lot 77). Le produit de la vente est colossal, il frôle la barre des deux millions de livres tournois[7].
Les Paillet déménagent ensuite au mont-de-piété, situé au 24-25 rue Vivienne. En , associé à Grégoire-Hippolyte de la Roche (1761-1839) — le père du peintre Paul Delaroche — Paillet supervise la vente de la collection de François-Antoine Robit, qui comprend entre autres plus de 140 toiles de maîtres[8]. Le produit atteint la somme de 700 000 francs français. 80 toiles partent à Londres, par le biais du marchand Michael Bryan.
Après la mort de son épouse en 1802, Paillet travaille en société avec Louis-François-Jacques Boileau, commissaire-priseur installé rue du Bac — qu'il connaît depuis 1795 —, et dirige encore quelques ventes, dont une en [9] et les dernières en [10] et [11], puis sert de « garde-magasin » au mont-de-piété, jusqu'à sa mort survenue le [12].
Sa fille aînée, Marie-Clémentine-Joséphine-Louise Paillet, épouse le fils du peintre Alexis-Nicolas Pérignon, Alexis-Nicolas Pérignon, dit « Pérignon le jeune » (1783-1864) ; leur fils est le peintre Alexis Joseph Pérignon[13].
Son autre fille, Jeanne-Félicité-Julie Paillet, est la mère du violoniste Eugène Sauzay[13].
Son fils, Charles (1780-1848)[14], travaille en société avec Grégoire-Hippolyte de la Roche : en , ils dirigent la vente des collections de Quentin Craufurd[15]. Il est également associé au commissaire-priseur Benoît-Antoine Bonnefons de Lavialle (1781-1856)[16].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Alexandre Joseph Paillet » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (Edwards 1996, p. 15)
- ↑ Notice no 07930000952, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
- ↑ (Edwards 1996, p. 19-22)
- ↑ (Edwards 1996, p. 16-17)
- ↑ (Edwards 1996, p. 18)
- ↑ Stéphanie Koenig, « Notice de L'Astronome sur le site du musée du Louvre », http://www.louvre.fr (consulté le )
- ↑ A. J. Paillet (commissaire-priseur) : Catalogue de tableaux précieux, dessins, gouaches et miniatures, etc. [de M. de Besenval], de l'imprimerie du Journal de Paris, rue J. J. Rousseau, n° 14. Vente aux enchères, avec un total de 222 lots, rue de l'Université, n° 905, entre la rue de Beaune & celle des St.-Pères, Paris, le 23 Thermidor, an 3e (10 août 1795), 32 p. — lire sur Gallica.
- ↑ Gazette nationale, Paris, 27 avril 1801, p. 4.
- ↑ Vente de la collection de l'ancien trésorier Dutartre — Journal de Paris, Paris, 29 février 1804, p. 8.
- ↑ Vente du cabinet de M. Lambrechts — Journal de Paris, Paris, 2 septembre 1810, p. 7.
- ↑ Notice catalogue, base Sudoc.
- ↑ (Edwards 1996, p. 24-25)
- 1 2 (Edwards 1996, p. 29)
- ↑ Notice identification, base Agorha - INHA.
- ↑ Catalogue de tableaux, gouaches, miniatures ... et autres articles de haute curiosité, composant le cabinet de feu M. Quintin Craufurd, dont la vente aura lieu le 20 novembre [1820] et jours suivans, etc. [Par MM. Delaroche et Ch[arles] Paillet], Paris 1820.
- ↑ Notice identification, base Agorha- INHA.
Voir aussi
Bibliographie
- JoLynn Edwards, Alexandre Joseph Paillet. Expert et marchand de tableaux à la fin du XVIIIe siècle, Paris, Association pour la diffusion de l'Histoire de l'Art - Arthena, , 376 p. (ISBN 9782903239206)