Alexandre Juving-Brunet
capitaine de gendarmerie, essayiste et politicien
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Alexandre Juving-Brunet, né le à La Seyne-sur-Mer (Var), est un ancien capitaine de gendarmerie française, devenu entrepreneur, homme politique et théoricien du complot.
| Homme politique, chef d'entreprise, ancien officier de gendarmerie |
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| Naissance | |
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| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Chefs d'entreprise de 10 salariés ou plus (), homme politique, essayiste, entrepreneur, soldat |
| A travaillé pour |
Les Laboratoires Juving-Brunet (d) ( - |
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| Parti politique |
Le Peuple de France (d) |
| Arme | |
| Grade militaire | |
| Site web |
La guerre de France aura-t-elle lieu ? (d) |
Il préside depuis 2021 le parti Le Peuple de France (LPF) et les Comités de Salut du Peuple (CSP). Candidat aux élections législatives de 2022 dans le Var, il obtient 1,19 % des voix et est déclaré inéligible en en raison d'irrégularités sur ses comptes de campagne.
Depuis 2021, il participe à la désinformation sur la pandémie de Covid-19 puis à partir de 2022 sur la guerre russo-ukrainienne. Il devient une figure des milieux conspirationnistes.
Condamné pénalement en 2017 à une interdiction d'exercer en France une profession commerciale ou industrielle, de diriger, administrer, gérer ou contrôler une entreprise ou une société pour une durée de trois ans, il est de nouveau mis en examen pour escroquerie en bande organisée depuis 2022.
Biographie
Carrière militaire et professionnelle
Officier de gendarmerie
Alexandre Juving-Brunet commence sa carrière professionnelle dans la Gendarmerie nationale, au sein de laquelle il accède au grade de capitaine. Il démissionne en 2013[1].
Entrepreneur en balnéothérapie et parfumerie
Il entame à partir de 2013 une nouvelle voie professionnelle, dans le secteur des soins corporels et de la cosmétique.
Il crée ainsi en une entreprise baptisée Les Jardins d'Eden, basée à Toulon (Var), spécialisée dans la balnéothérapie, les spas et la commercialisation de produits et services se rattachant aux soins corporels. Un spa est notamment ouvert à Sanary-sur-Mer[2]. Mais le tribunal de commerce de Toulon prononce dès le l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire, laquelle débouche quelques mois plus tard sur une mise en liquidation de l'entreprise Les Jardins d'Eden[3].
Il crée également au même moment une seconde entreprise baptisée Les Laboratoires Juving-Brunet (LJB), basée elle aussi à Toulon (Var)[4], spécialisée dans l'import et l'export de produits cosmétiques ; et la distribution et commercialisation de produits de beauté [5]. Cette entreprise lance notamment en 2017 un appareil diffuseur de parfums, connecté et intelligent, baptisé Sniffy[6],[7],[8],[9].
Mais entre temps, par jugement en date du , Alexandre Juving-Brunet est condamné par le tribunal correctionnel de Toulon à une interdiction d'exercer en France une profession commerciale ou industrielle, de diriger, administrer, gérer ou contrôler une entreprise ou une société pour une durée de trois ans[5]. La nature exacte du délit commis par Alexandre Juving-Brunet, ayant entraîné cette condamnation pénale, n'est pas publiquement connue à ce jour.
Après sa condamnation par la justice française, ne pouvant momentanément plus exercer sur le territoire français, Alexandre Juving-Brunet crée en au Luxembourg la société Sniffy Technology, basée à Foetz, et chargée de commercialiser les bornes de diffusion de parfums Sniffy[10]. Cette société, comptant 6 employés, déclare un chiffre d'affaires de 230 000 euros sur les 11 premiers mois de 2018[10]. Alexandre Juving-Brunet dirige cette société jusqu'à sa disparition en . Les bornes de diffusion Sniffy se révèlent finalement être un échec commercial en raison notamment de la crise du Covid[11].
Parallèlement, Les Laboratoires Juving-Brunet (LJB) dont Alexandre Juving-Brunet a repris la présidence en 2019, se voient à leur tour signifier l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire, prononcée par le tribunal de commerce de Toulon en date du , suivie d'une liquidation judiciaire en 2023[5].
Entrepreneur financier
En , Alexandre Juving-Brunet fonde une nouvelle société immatriculée à Genève (Suisse), baptisée FFL-Foncière et Financière SA, plus couramment appelée « la Foncière et financière libre » (FFL).
Cette entreprise ayant besoin tout d'abord de fonds, « un grand emprunt » auprès de particuliers ou d'entreprises est lancé. Alexandre Juving-Brunet espère ainsi réunir jusqu'à 100 millions d'euros. L'argent réuni serait ensuite utilisé pour des investissements de la FFL dans de « l'immobilier productif », des « métaux précieux », des devises comme le franc suisse ou l'euro et plus largement dans des « entités agricoles, artisanales et industrielles ». À travers un système de créations d'entreprises adossées à des associations loi 1901, la FFL rembourserait ensuite les épargnants selon un barème de rétrocessions du chiffre d'affaires ou de la production[12]. La souscription minimum est de 1 500 euros pour au moins 5 ans, le taux de rendement annuel proposé est de 0,5 %.
Parcours politique
Débuts médiatiques (2021)
Jusqu'alors totalement inconnu du grand public, Alexandre Juving-Brunet se fait connaître médiatiquement peu après la publication fin par le magazine Valeurs actuelles de la « tribune des généraux », signée par une vingtaine de haut gradés en retraite qui mettaient en garde contre un risque supposé de « guerre civile » dans les banlieues. Surfant sur le succès médiatique de cette tribune des généraux, Alexandre Juving-Brunet produit lui-même le une lettre ouverte où il dénonce « l'infiltration » de l'armée française par des soldats musulmans et des binationaux, et l'existence d'une « 5e colonne islamiste » en son sein. Alexandre Juving-Brunet propose d'envoyer l'armée dans les banlieues afin d'« extirper le mal à la racine ». Publiée sur plusieurs sites d'extrême droite (notamment sur le site Place d'armes du capitaine Fabre-Bernadac), cette lettre ouverte lui vaut également une invitation sur CNews dans l'émission de Pascal Praud en [13].
Profitant de cette première exposition médiatique, Alexandre Juving-Brunet est également invité par une série de média de « réinformation » d'extrême droite ou complotistes, telle l'éphémère La Une TV de Richard Boutry, ancien journaliste de France Télévisions ayant glissé dans le conspirationnisme[13].
Militantisme antivax (2021)
Alexandre Juving-Brunet profite ensuite de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 pour s'inscrire durablement dans le paysage complotiste français. Le , il est l'un des principaux animateurs d'une manifestation à Toulon contre le passe sanitaire. Cette première participation d'Alexandre Juving-Brunet est suivie de nombreuses autres tout au long de l'été, Toulon étant une des villes de France où la mobilisation contre le vaccin est la plus forte. Alexandre Juving-Brunet est présenté par les médias comme étant « l'une des principales figures de la mobilisation » à Toulon[14],[15], et comme étant celui « monopolisant la parole » des manifestants[16].
À partir de l'été 2021, Alexandre Juving-Brunet diffuse en outre de nombreuses fausses informations sur les réseaux sociaux, affirmant que le vaccin anti-Covid est plus dangereux que le virus lui-même[17]. Il qualifie également le vaccin anti-Covid de « poison nanologique injecté »[18].
Les Comités de Salut du Peuple
Alexandre Juving-Brunet crée fin 2021 les Comités de salut public qui deviennent peu après les Comités de salut du peuple (CSP) dont les statuts sont officiellement déposés le [19].
Un parti politique : Le Peuple de France (LPF)
Outre les CSP, Alexandre Juving-Brunet crée fin 2021 un parti politique : Le Peuple de France (LPF). Ses statuts sont officiellement déposés le [20].
Élections présidentielles de 2022
Engagé dans la course électorale, Alexandre Juving-Brunet est classé souverainiste par Le Télégramme[21] et est positionné à l'ultradroite par France Info[22]. Il ne parvient pas à réunir les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection, n'en récoltant que deux[23]. Un mois avant l'élection présidentielle, il affirme que celle-ci sera truquée. Il tente ensuite de la faire invalider par le Conseil d'État[24].
Élections législatives de 2022
Alexandre Juving-Brunet, sous l'étiquette du LPF, est candidat aux élections législatives de 2022 dans le Var[25], et obtient 1,19 % des suffrages exprimés (soit 484 voix) dans la deuxième circonscription du Var. Comme il ne dépose pas dans les délais ses comptes de campagne, il est déclaré inéligible pour un an par la décision du du Conseil constitutionnel[26]. Les autres candidats du LPF sont également largement battus, obtenant tous moins de 0,5 % des suffrages exprimés : Hélène Josset dans la 1re circonscription de la Creuse, Philippe Vaucher dans la 1re de Saône-et-Loire, Adam Makowsky dans la 4e de la Somme, Maëva Bogo dans la 9e de la Gironde, Martine Lapouble dans la 4e du Haut-Rhin.
Affaire du « franc libre » et mise en examen (2022)
Après ses échecs aux présidentielles et législatives 2022, Alexandre Juving-Brunet annonce le une nouvelle opération[27] : la création d'une monnaie, le « franc libre », censée incarner « la résistance face à un État de droit qui est tombé ».
En effet, selon lui, « la mère des révolutions va s'abattre sur la France dans quelques mois », prophétisant des émeutes de la faim dans le pays, qui se conjugueraient avec « la guerre civile de basse intensité qui se déroule déjà ». Il précise dans un communiqué que « Cette création monétaire va permettre de mener une politique d'acquisition de foncier productif [exploitations agricoles, ateliers, lignes d'assemblages, bureaux, stocks, salles de cours et espaces de santé] qui sera la propriété de l'association émettrice de cette monnaie et de tous les membres de la coopérative nationale ». Enfin, Alexandre Juving-Brunet affirme qu'avant la fin 2022 le « franc libre » servira à acheter des métaux précieux pour créer un fonds de garantie pour la monnaie. Il annonce aussi qu'il va mettre en circulation des billets de banque et des pièces pour sa monnaie à partir de la mi-septembre[27].
Le , il est interpellé à son domicile et mis en examen après 48 heures de garde à vue « pour escroquerie en bande organisée » pour avoir créé le « franc libre »[1],[28],[27], ayant récolté en trois mois plus d'un million d'euros[29] pour 4 000 souscripteurs[30]. Il est incarcéré le au centre pénitentiaire de La Farlède puis à la prison de Draguignan[31].
Le , après quatre mois enfermé à la prison de Draguignan, il entame quatre autres mois de détention muni d'un bracelet électronique sous contrôle judiciaire[32], jusqu'au , date à laquelle il est libéré mais interdit de sortie du territoire jusqu'au procès.
Prises de positions ultérieures et « appel aux armes »
En , Alexandre Juving-Brunet déclare « rentrer en guerre contre le satanisme de l'élite mondialiste occidentale qui a entrepris depuis trois siècles de transgresser les lois divines, de priver l'humanité de toute transcendance »[33].
En , il appelle à prendre les armes, se référant à la résistance française[22].
Désinformation
Durant la pandémie de Covid-19, Alexandre Juving-Brunet intègre le mouvement d'opposition à la politique anti-Covid-19 et participe à la contestation de la politique de vaccination[29],[34], publiant notamment une vidéo contenant, selon l'AFP, « de nombreuses fausses affirmations sur le Covid-19 et la vaccination »[35],[36].
Lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, il participe à la « propagande pro-russe », publiant notamment des « vidéos alarmistes » dans lesquelles il accuse l'OTAN de vouloir déclencher une Troisième Guerre mondiale. En , il relaie un lien vers un faux site Internet, copiant celui de l'Armée de terre et proposant aux citoyens français de s'inscrire pour aller combattre en Ukraine. Ce site pourrait faire partie d'une campagne de désinformation mise en place par la Russie, selon un responsable militaire français[36].
Publications
- La guerre de France aura-t-elle lieu ? : Le dernier espoir, 2021.