Souverainisme
idéologie politique
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Le souverainisme est une doctrine politique qui affirme la primauté de la souveraineté nationale comme principe fondamental de l’organisation politique d’un État[1]. Il soutient que le pouvoir politique suprême doit appartenir au peuple d’une nation et être exercé par des institutions nationales, sans transfert contraignant ou irréversible de compétences vers des instances supranationales ou étrangères[2].

La notion de souveraineté est ancienne. Théorisée pour l’État moderne à la fin du XVIe siècle par Jean Bodin, elle est aujourd’hui définie en droit, en particulier par Louis Le Fur à la fin du XIXᵉ siècle, comme « qualité de l'État de n'être obligé ou déterminé que par sa propre volonté, dans les limites du principe supérieur du droit, et conformément au but collectif qu'il est appelé à réaliser »[3],[4].
Définition et typologie du souverainisme
Selon le politologue Thomas Guénolé, le souverainisme est « une doctrine politique prônant l’indépendance d’une nation, son autonomie ou un surcroît d’autonomie, à l’égard d’un échelon de pouvoir qui la surplombe »[5].
Dans sa « théorie générale du souverainisme », il distingue par ailleurs quatre grandes familles de souverainisme : le souverainisme civique, fondé sur le concept de nation civique, par exemple l’indépendantisme américain ; le souverainisme ethnoculturel, fondé sur le concept de nation ethnique, par exemple l’autonomisme hongrois dans l’empire d’Autriche-Hongrie ; le souverainisme marxiste-révolutionnaire, où l’indépendantisme est un instrument au service de la révolution communiste, par exemple le Vietnam d’Hô Chi Minh ; le souverainisme économique, par exemple les opposants à l’union monétaire supranationale de la zone euro.
Sur le plan théorique, le terme peut se comprendre de quatre manières différentes selon S.D Krasner :
- Souveraineté domestique - Contrôle effectif sur un territoire exercé par une autorité située à l'intérieur du même territoire.
- Souveraineté d'interdépendance - Contrôle effectif des mouvements de population aux frontières de ce territoire.
- Souveraineté devant le droit international - Reconnaissance formelle de l'autorité par les autres États souverains.
- Souveraineté Westphalienne - Il n'y a pas d'autorité autre que l'autorité souveraine exerçant un pouvoir étatique au sein du territoire[6].
La notion n'a pas de définition universellement reconnue au niveau théorique. Néanmoins, sur le plan politique elle peut rassembler un certain nombre de citoyens opposés à l'Union européenne, ou hostiles à certains aspects de celle ci. Ainsi, en France et dans d'autres pays européens, le souverainisme est entendu comme une opposition à la fédéralisation de l'Union européenne. En effet, ce fédéralisme reviendrait à limiter la souveraineté nationale, une constitution fédérale répartissant les compétences de l'Union et celles des États membres. Ainsi, les souverainistes désirent que les nations, compris comme groupes sociaux constitués, gardent un contrôle entier sur leurs politiques au cours séculaire.
Au Québec, le souverainisme québécois se traduit par une opposition au fédéralisme canadien.
Si on utilise le terme de pays dans le sens de pays indépendant (comme les 193 de l'ONU) et si on utilise le terme national dans le sens de relatif à un pays indépendant, alors « la » doctrine politique ci-haut ne s'applique pas au Québec et le terme souverainisme renvoie alors à deux concepts distincts, car le Québec n'est pas indépendant et il n'y a pas d'instances supranationales que lesdits souverainistes québécois cherchent à combattre ; historiquement, les souverainistes québécois ont même fait la promotion de la création de telles instances, d'abord la promotion d'une union confédérale avec le Reste-du-Canada (du manifeste Option Québec en 1967 jusqu'à au moins le référendum de 1995 par l'entente tripartite du ), puis la promotion de l'accord de libre-échange Canada-États-Unis à la fin des années 1980 (à partir de l'arrivée de Parizeau en tant que chef), adopté en ~1989 puis devenu ALÉNA en ~1994.
À la suite de l'élection en 2017 d'Emmanuel Macron à la présidence de la République française, le thème d'un « souverainisme européen », liant les États membres de l'Union européenne, est repris par de nombreux médias.
Souverainisme de gauche, souverainisme de droite
Le souverainisme est un courant politique transversal qui ne se rattache pas exclusivement à une seule famille idéologique. Il se décline historiquement et politiquement aussi bien à gauche qu’à droite de l’échiquier politique, selon des logiques, des priorités et des justifications distinctes. Si ces différentes formes de souverainisme partagent une critique commune de la perte de souveraineté nationale au profit d’instances supranationales ou de dynamiques de mondialisation, elles divergent profondément quant aux fondements idéologiques, aux objectifs poursuivis et aux politiques défendues.
Souverainisme de droite
Sur le plan idéologique, le souverainisme de droite s’inscrit généralement dans des traditions conservatrices, nationalistes ou populistes de droite[7]. Il se caractérise par une conception étatique et verticale de la souveraineté, mettant l’accent sur l’autorité de l’État, la continuité historique de la nation considérée comme le socle de la légitimité démocratique, et la hiérarchie des normes juridiques, dans laquelle le droit national doit primer sur le droit international[8]. Ce courant associe fréquemment la défense de la souveraineté à des enjeux liées au contrôle des frontières, à la maîtrise des flux migratoires et à la préservation de l’identité nationale face aux effets perçus du multiculturalisme et de la mondialisation culturelle[9].
Le souverainisme de droite s’est particulièrement développé à partir de la fin du XXᵉ siècle, en réaction à l’approfondissement de la mondialisation économique et à la montée en puissance d’organisations supranationales dotées de compétences contraignantes. Dans le contexte européen, l’intégration progressive de l’Union européenne, notamment à travers les traités renforçant les politiques communes et l’autonomie des institutions européennes, a constitué un facteur majeur de structuration des discours souverainistes à droite[10]. Ces derniers critiquent ce qu’ils perçoivent comme un déficit démocratique, une technocratisation du pouvoir et une limitation de la souveraineté budgétaire, monétaire et législative des États[11].
Dans plusieurs pays européens, le souverainisme de droite s’exprime à travers des partis politiques qui articulent euroscepticisme, défense de l’identité nationale et critique de la mondialisation. En Italie, la Ligue du Nord de Matteo Salvini a développé un discours souverainiste centré sur la contestation des règles budgétaires européennes et la défense des frontières face à l’immigration[12],[13]. En Hongrie, le parti Fidesz de Viktor Orbán revendique une conception forte de la souveraineté nationale, notamment face aux institutions européennes, qu’il accuse d’ingérence dans les domaines constitutionnels, judiciaires et culturels[14],[15]. En Pologne, le parti Droit et Justice s’inscrit dans une logique comparable, en défendant la prééminence de la Constitution nationale sur certaines normes européennes et en affirmant une souveraineté politique fondée sur des valeurs conservatrices[16].
En France, ce souverainisme de droite s’est exprimé à la fois à travers des courants internes aux partis traditionnels et par l’émergence de formations explicitement souverainistes[17]. Des figures comme Philippe Séguin et Charles Pasqua ont incarné, dès les années 1990, une critique gaullienne de l’intégration européenne, notamment lors du débat sur le traité de Maastricht[18]. Par la suite, le Front national (FN), devenu Rassemblement national (RN), a fait du rejet de l’Union européenne et de la défense de la souveraineté nationale un axe central de son discours, même si ses positions ont évolué au fil du temps, passant d’une logique de sortie explicite de l’euro à une critique plus pragmatique des institutions européennes[19]. D’autres formations, comme Les Patriotes de Florian Philippot ou les mouvements portés par Philippe de Villiers, se sont inscrites dans une ligne souverainiste affirmée, combinant euroscepticisme, conservatisme culturel et critique de la mondialisation libérale[20].
Le souverainisme de droite ne se limite pas au cadre européen. Au Royaume-Uni, le mouvement ayant conduit au Brexit s’est largement structuré autour d’une revendication de restauration de la souveraineté parlementaire et juridique nationale, opposée à la primauté du droit européen[21]. Ce courant, porté notamment par des figures conservatrices et nationalistes, a mis en avant la nécessité de reprendre le contrôle des lois, des frontières et des politiques commerciales, au nom de la démocratie représentative et de l’autonomie nationale[22].
Souverainisme de gauche
Le souverainisme de gauche est un courant politique qui conçoit la souveraineté nationale et populaire comme un instrument central de résistance aux rapports de domination internationaux, à l’impérialisme et aux formes d’hégémonie politique, militaire, économique et culturelle[23]. Il repose sur l’idée que la perte de souveraineté des États ne résulte pas uniquement de dynamiques économiques abstraites, mais s’inscrit dans un système international structuré par des asymétries de pouvoir, dans lequel certaines puissances exercent une influence déterminante sur les choix politiques, stratégiques et institutionnels d’autres pays[24]. Dans cette perspective, la souveraineté est indissociable du droit des peuples à l’autodétermination et à l’indépendance politique réelle[25].
Historiquement, le souverainisme de gauche s’inscrit dans le prolongement des mouvements anti-impérialistes, des luttes de décolonisation et des courants tiers-mondistes du XXᵉ siècle. Il s’est construit en opposition aux formes d’impérialisme classique, puis aux formes contemporaines qualifiées de néo-impérialistes, caractérisées par l’usage combiné de la puissance militaire, de la pression diplomatique, de la dépendance économique et de l’influence institutionnelle[26]. Les interventions militaires menées par les États-Unis et leurs alliés dans plusieurs régions du monde sont fréquemment analysées, comme des atteintes à la souveraineté des États concernés, même lorsqu’elles sont justifiées par des arguments humanitaires ou sécuritaires[27]. Les guerres en Irak, en Afghanistan, en Libye ou les interventions indirectes en Amérique latine et au Moyen-Orient sont ainsi souvent citées comme des exemples de limitation de la souveraineté étatique par des puissances hégémoniques[28]. Dans ce cadre, le souverainisme de gauche entretient un rapport critique avec les alliances militaires et les dispositifs de sécurité collective perçus comme asymétriques[29]. L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est fréquemment considérée comme un instrument de projection de puissance des États-Unis et de leurs alliés, susceptible de restreindre l’autonomie stratégique des États membres et de légitimer des interventions militaires sans mandat universellement reconnu[30]. Plusieurs mouvements et partis souverainistes de gauche plaident ainsi pour une sortie de l’OTAN, un retrait des bases militaires étrangères ou une redéfinition des alliances sur des bases strictement défensives et égalitaires[31].
Le souverainisme de gauche s’est également exprimé à travers des politiques de non-alignement et de refus de l’intégration dans des blocs dominés par des grandes puissances. Le Mouvement des non-alignés, fondé durant la guerre froide, constitue une référence historique majeure pour ce courant[32], en affirmant la volonté de nombreux États de préserver leur souveraineté face à la bipolarisation du monde. Cette tradition continue d’influencer des discours souverainistes de gauche contemporains, qui défendent l’idée d’un ordre international multipolaire, fondé sur l’égalité souveraine des États et le respect du droit international.
En Amérique latine, des gouvernements et mouvements se réclamant du socialisme ou du progressisme, notamment ceux de la “marée rose”, dirigés par Hugo Chávez au Venezuela, Evo Morales en Bolivie ou Rafael Correa en Équateur, ont revendiqué une souveraineté politique renforcée face à l’influence des États-Unis, notamment en s’opposant aux interventions militaires étrangères, en remettant en cause le rôle des institutions financières internationales et en affirmant le contrôle national des ressources stratégiques[33]. En Europe, plusieurs partis de gauche radicale, comme SYRIZA en Grèce, Podemos en Espagne ou Die Linke en Allemagne, ont développé des positions souverainistes en critiquant l’OTAN, les interventions militaires extérieures et certaines politiques de l’Union européenne jugées contraires à la souveraineté démocratique des États. Au Royaume-Uni, une partie de la gauche travailliste a historiquement exprimé une opposition aux guerres menées par les États-Unis et leurs alliés, notamment lors du conflit en Irak, au nom du respect de la souveraineté des États et du droit international. Dans le monde arabe et en Afrique, des figures historiques associées au nationalisme de gauche et au non-alignement, telles que Gamal Abdel Nasser en Égypte, Kwame Nkrumah au Ghana ou Thomas Sankara au Burkina Faso, ont incarné une conception souverainiste fondée sur l’indépendance politique, le refus de l’ingérence étrangère et la contestation des formes d’hégémonie postcoloniale. Plus largement, le souverainisme de gauche s’inscrit dans la continuité du Mouvement des non-alignés, initié notamment par Jawaharlal Nehru, Josip Broz Tito et Sukarno, qui défendait la préservation de l’autonomie politique des États face aux blocs dominants et demeure une référence centrale pour de nombreux courants souverainistes contemporains.
En France
De Gaulle et la souveraineté
L'un des principaux personnages inspirant la pensée souverainiste reste Charles de Gaulle. En effet, la notion de souveraineté a une place particulière dans la pensée de De Gaulle. Pour lui, la notion de souveraineté se confond avec celle de Nation, de l'État qui y est associé et de la Démocratie qui implique la maîtrise de l'État par la Nation. Ainsi, pour De Gaulle « Pour marcher droit vers un but, il faut que la Nation soit guidée par un État cohérent, ordonné, concentré, capable de choisir et d’appliquer impartialement les mesures commandées par le salut public ». De plus pour de Gaulle, « La démocratie se confond exactement, pour moi, avec la souveraineté nationale. La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple, et la souveraineté nationale, c’est le peuple exerçant sa souveraineté sans entrave ».
Même si la France de De Gaulle opte pour l’Europe, il semble que les le Traité de Rome de 1957, ne soient guère différents des traités internationaux de l’époque aux yeux des rédacteurs de la Constitution de la Ve République du 5 octobre qui ne jugent pas nécessaire de faire une mention particulière de l’Europe[34]. Ainsi, le Traité n'impliquait pas de coopération politique poussée mais une coopération économique.
La souveraineté est nécessairement bornée. Néanmoins, la Nation se doit de conserver une autonomie de décision aussi large que possible, dans les domaines jugés stratégiques pour la nation, garder un système cohérent d’appréciation et de décision[35]. Cela entre en contradiction directe avec le principe de subsidiarité afférent aux Institutions de l'Union européenne actuelles, qui implique de déléguer certains attributs de la souveraineté nationale à l'échelon supranational.
Développement récent

D'après l'historien Christophe Le Dréau, le Mouvement pour l’indépendance de l’Europe (MIE), fondé en 1968 par Georges Gorse, Robert Boulin, Pierre Messmer, Jacques Vendroux et Jean Foyer, est « probablement la plus ancienne association qui mériterait l’appellation de souverainiste »[36].
Alors que les opposants aux traités européens avaient été désignés jusqu'ici par des termes négatifs (« anti-cédistes », « anti-marketeers », « anti-européens » ou « eurosceptiques »), Christophe Le Dréau relève que le terme souverainisme apparaît en 1997 « dans un triple contexte : les élections législatives en France, la ratification du traité d'Amsterdam qui révise et complète celui de Maastricht, l’approche des élections européennes de 1999 qui s’annoncent prometteuses depuis les succès de Philippe de Villiers à celles de 1994. Le terme a pour principal intérêt de mettre en avant une culture politique plus positive, pour une Autre Europe […] »[36].
Le terme « se diffuse et se popularise essentiellement à partir de 2001 à l’occasion des combats contre l’euro et l’abandon du franc » ; il intègre l’édition 2003 du dictionnaire Hachette[36]. La paternité du terme est discutée : Bernard Chalumeau et Francis Choisel, Paul-Marie Coûteaux, Jacques Dauer et Alain Griotteray la revendiquent[36]. Philippe Boulanger estime que Paul-Marie Coûteaux et William Abitbol « jettent les bases de la doctrine souverainiste » dans un long article publié par Le Monde en 1999[37]. D'après Gaël Brustier, « Le terme souverainisme a été importé du Québec par Philippe Rossillon [premier rapporteur général du Haut comité pour la défense et l’expansion de la langue française, en 1966] au cours des années 1990, alors que le référendum sur le traité de Maastricht a contribué à redéfinir le débat politique en France »[38].
L'universitaire Emmanuelle Reungoat définit les partis souverainistes en France comme « revendiquant une défense de la souveraineté nationale de la France et s’opposant donc à une intégration conséquente de celle-ci dans l’Union européenne », et « qui, s’ils ne répondent pas nécessairement au qualificatif de mono-causal, font de la souveraineté nationale un des fondements principaux de leur doctrine (si ce n’est sa totalité) et qui se sont créés en opposition à l’intégration européenne » ; elle définit ainsi comme souverainistes le Pôle républicain, le Mouvement pour la France, Debout la France et le Rassemblement pour la France[39]. Elle relève que « ces formations récusent aujourd’hui [en 2009] ce qualificatif dans leur stratégie de communication (tout en l’acceptant souvent en interne), celui-ci étant ainsi devenu stigmatisant dans l’espace politique »[39]. Elle considère que « le souverainisme reste plutôt une opposition de droite », qui « se fait souvent au nom de valeurs identitaires »[40], et juge « plus judicieux de parler « d'alter européens » à gauche »[41].
Le politologue Pascal Perrineau estime que « souvent, les partis souverainistes (Debout la France, Mouvement pour la France, Union populaire républicaine) se retrouvent sur des positions proches » de celles du Front national en matière de « choix de type protectionniste et nationaliste », et « la plupart du temps très éloignées des choix des partis de la droite classique et du centre »[42].
Le souverainisme milite dans certains cas pour une « Europe des nations », afin que chaque pays voie ses différences et son autonomie respectées. Ses défenseurs se dénomment eurosceptiques – en opposition aux fédéralistes européens qui souhaitent les États-Unis d'Europe et militent pour une Europe fédérale intégrée. Ce courant est parfois aussi qualifié d'europhile.
Le souverainisme est donc opposé au fédéralisme, mais certains de ses adversaires[Qui ?] estiment qu'il recouvre parfois un nationalisme non assumé, particulièrement en France pour les partis s'en réclamant (cf liste ci-dessous). Ses adversaires estiment que ce courant s'oppose en réalité à toute idée de construction européenne par son refus de lui attribuer un pouvoir politique réel. Charles Maurras a aussi donné en son temps une définition du fédéralisme, respectant les peuples et les identités. Or beaucoup de souverainistes sont favorables à une construction européenne dans laquelle les États ne transféreraient pas des pouvoirs qu'ils ne peuvent récupérer mais plutôt des compétences susceptibles d'être récupérées lorsque les décisions prises à la majorité qualifiée ne sont plus conformes aux intérêts nationaux et pour éviter qu'un État membre ne soit contraint d'appliquer des directives qui peuvent lui être défavorables.
Mouvements ou partis se réclamant du souverainisme actuellement
(par ordre alphabétique)
- Debout la France (DLF)
- La France insoumise (LFI)
- L'Avenir français
- Les Patriotes (LP)[43]
- Mouvement républicain et citoyen (MRC)
- Oser la France (OLF)
- Pôle de renaissance communiste en France (PRCF)
- Picardie debout !
- Reprenons le Contrôle
- République souveraine
- Résistons
- Solidarité et progrès (S&P)
- Union populaire républicaine (UPR)
- Via, la voie du peuple[43]
Associations se réclamant du souverainisme
Souverainisme ailleurs dans le monde
En Amérique
Au Canada
Au Canada, la principale manifestation de l'idéologie souverainiste se trouve dans la province de Québec. En effet, le mouvement souverainiste québécois vise à faire du Québec un État souverain, indépendant de la Confédération canadienne.
Ses motifs viennent du fait que le Québec est le seul territoire majoritairement francophone de l'Amérique du Nord et signale des particularités culturelles importantes. Étant donné sa force économique[44], ses perspectives différentes sur la politique (intérieure et extérieure) et ses très fréquents désaccords avec le reste du Canada et avec le fédéral, les souverainistes du Québec croient que le Québec devrait pouvoir être représenté sur la scène internationale.
Le souverainisme québécois peut retrouver ses origines à l'époque du Parti patriote des années 1830, lorsque des Canadiens (français) et des Irlandais ont voulu rejeter l'autoritarisme de l'Empire britannique et tentèrent déjà à cette époque de faire l'indépendance en créant un régime parlementaire fondé sur la souveraineté populaire.
Toutefois, l'idéologie souverainiste a surtout été développée dans les années 1960 avec le Rassemblement pour l'indépendance nationale, le Ralliement national, le Mouvement Souveraineté-Association et leur successeur, le Parti québécois, tous des partis voués à réaliser la souveraineté du Québec. Le Parti québécois prône depuis 1973-1974 la tenue d'un référendum où la majorité des Québécois s'exprimerait en faveur de la souveraineté. Deux référendums se sont tenus, en 1980 et 1995, sans que la majorité de la population ne s'exprime en faveur du projet. Par contre, lors du référendum de 1995, 49,4 % des Québécois, dont 60 % des francophones du Québec, ont voté pour la souveraineté.
Aujourd'hui, deux partis représentés à l'Assemblée nationale du Québec sont en faveur de la souveraineté du Québec : le Parti québécois et Québec solidaire. Depuis l'élection québécoise d'octobre 2018, les deux partis comptent dix députés chacun.
Au Québec, le mot « souverainisme » est apparu essentiellement en 1967 au PLQ (par le comité souveraineté-association de René Lévesque), pour remplacer les mots indépendantisme et séparatisme afin d'être plus rassurant dans la mesure où ce mot suggérait moins une rupture avec le reste du Canada, d'autant plus que l'«association» préconisée dans le manifeste du MSA (« Option Québec ») était une union confédérale calquée sur l'Europe des six et l'Union nordique (scandinave), qui se serait appelée Union canadienne et aurait été constituée de deux pays. Les référendums de 1980 et de 1995 ont tous deux porté sur un tel projet (en 1980 comme composante nécessaire, en 1995 comme composante optionnelle souhaitée par le Québec, mais dont le rejet par le Canada ne saurait plus être un obstacle à l'indépendance).
En Europe
Il s'agit d'un mouvement récent lié à la construction de l'Union européenne. Les souverainistes militent parfois pour une Europe confédérale, « l'Europe des nations », où l'autonomie politique des nations est préservée et respectée. Ils s'opposent en cela aux partisans du fédéralisme européen.
Au Royaume-Uni
Les souverainistes ont mené le Royaume-Uni à la sortie de l'Union européenne, connue sous le nom de Brexit. À part le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), les partis conservateur et travailliste et leurs électorats étaient profondément divisés sur le sujet.
Le Brexit a été approuvé à 51,9 % lors du référendum du [45].
D'autres, à la veille du traité de Maastricht, ont pu formuler un entre deux, comme James Goldsmith dans son livre Le piège.
Au Parlement européen
Par le passé, il a existé des groupes politiques au Parlement européen qui se réclamaient du souverainisme, tels que Identité, tradition, souveraineté, Indépendance/Démocratie ou Union pour l'Europe des nations. Depuis d'autres groupes politiques comme Europe des nations et des libertés se réclament de cette tendance.
Certaines personnalités europhiles plaident pour la réinterprétation du souverainisme à l'échelon européen, telles Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts)[46] ou Emmanuel Macron[47]. Ce que contestent d'autres souverainistes comme le communiste Loïc Chaigneau, voyant ceci comme une « souveraineté partagée ». Ce dernier affirme :
« Toute souveraineté partielle ou partagée perd d'emblée et par définition son caractère proprement souverain. Il ne peut y avoir de souveraineté que pleine et entière […][48] »
D'autres mouvements encore réclament un déplacement de la souveraineté du niveau national au niveau supranational, comme Newropeans.