Alexandre Markelbach
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Alexandre Markelbach, né à Anvers le et mort à Schaerbeek le , est un peintre portraitiste, peintre d'histoire et de scènes de genre belge.
Famille
Alexandre (Alexander Petrus Jacobus) Markelbach, né à Anvers le , est le fils de François Joseph Markelbach (1795-1879), serrurier, et de Marie Thérèse Joseph Vanden Broek (1786-1830). Il épouse à Anvers le Fanny Claessens (1838-1882). Le couple a deux enfants morts jeunes : Julia (1859-1876) et Lucien (1862-1887)[1].
Formation
Élève de l'atelier du peintre Hendrik Raphael Schaefels, puis, à partir de 1840, de Philippe-Jacques van Bree, puis de Joseph Laurent Dyckmans, à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers, Alexandre Markelbach assiste au déclin du classicisme au profit du romantisme, auquel il adhère[2]. Après ses études à l'Académie, il commence à travailler chez lui, sans maître. Après avoir réalisé quelques portraits, il peint La Vierge au Rosaire, une commande du commissaire d'arrondissement qu'il expose au Salon d'Anvers de 1843 avant de l'envoyer à l'église de Wuustwezel[3].
Carrière
En 1845, Alexandre Markelbach part pour Munich, où l'attirent les idées sentimentales et romantiques. Parvenu dans la ville bavaroise, il loge chez son protecteur le peintre Wilhelm von Kaulbach. Il suit des cours à l'Université Louis-et-Maximilien de Munich et fréquente les intellectuels[4]. L'art savant des maîtres allemands le retient durant trois ans en Bavière, jusqu'à la Révolution de 1848. De retour en Belgique, il s'adonne à la peinture religieuse. En 1854, il effectue un court voyage en Italie. En 1858, il se fixe avec son épouse, Fanny Claessens, une jeune orpheline fortunée, à Schaerbeek[5].
Désireux de réaliser une peinture décorative au ministère des finances, Alexandre Markelbach voit son rêve s'avanouir lors de la chute du gouvernement Frère-Orban en 1870. Cependant, trois ans auparavant, il avait réalisé plusieurs peintures destinées à orner le palais Lamporecchio à Florence. Peu après, il voyage également à Amsterdam et applique le conseil d'un marchand d'art qui l'invite à abandonner la note triste et romantique de sa toile La veuve de Charles Ier qu'il a exposée aux Pays-Bas. En 1872, il peint Les Rhétoriciens qui obtient un grand succès au Salon de Bruxelles de 1872[6].
Les morts successives de sa fille (1876), de sa femme (1882) et de son fils (1887) affectent l'artiste et minent son enthousiasme. De 1879 à 1890, il est conseiller communal de Schaerbeek. Durant les dernières années de sa vie, il abandonne sa palette. Le , Alexandre Markelbach meurt, à l'âge de 81 ans, à Schaerbeek[7].
Œuvre
Caractéristiques
Le critique Sander Pierron écrit la nécrologie du peintre dans L'Indépendance belge : « Il s'obstinait à naviguer dans le sillage des maîtres de 1830. Sa peinture d'histoire n'est qu'une suite d'anecdotes sans envolées, à l'aspect théâtral, parce que d'un art trop froid, trop voulu, sans éclat, sans réalisme. […] Toujours est-il que, sans innover, sans créer, Alexandre Markelbach produisait des morceaux pleins de qualité et de charme. Il savait dessiner avec correction, grouper avec pittoresque des personnages apparentés aux héros favoris de Frans Hals et de Bartholomeus van der Helst. On peut juger de la capacité de l'artiste dans son tableau au Musée moderne de Bruxelles : Les Rhétoriciens qui date de 1872. Là, on peut étudier les qualités de ce peintre oublié. La mise en page est excellente, les types caractérisés, les attitudes observées et variées. […] La couleur de Markelbach était puissante, sans être personnelle, et manquait de transparence. En ses ombres, il était souvent d'un noir fuligineux et ses chairs étaient d'ordinaire écraminées et fardées à l'excès. Il faut cependant lui reconnaître un certain brio, certain don d'arrangeur qui ont fait de lui un bon peintre de genre, dont la place restera marquée dans l'école belge de peinture en rang fort honorable[8]. »
Son biographe Edmond Louis De Taye écrit : « En résumé, Alexandre Markelbach, a emprunté au romantisme de transition, la note sentimentale et décorative qu'il a mise surtout au service de la peinture de genre appliquée à l'étude du XVIIe siècle[2]. ».
Catalogue
En 1894, Edmond Louis De Taye publie la liste suivante[9] :
- La Vierge au Rosaire (église de Wuestwezel, province d'Anvers), Salon d'Anvers de 1843.
- La Dernière leçon peut-être, au musée de Leipzig, Salon de Gand de 1844.
- Le Berceau du poète, Salon d'Anvers de 1845.
- Le Calvaire et Jésus tombant sous la Croix (église Saint-André d'Anvers). 1850.
- Daniel Seghers botanisant avec ses confrères (Musée des Beaux-Arts de Liège), Salon de Bruxelles de 1851.
- L'éducation de la Vierge par Sainte Anne (église de Koekelberg). 1852 .
- Le Dépouillement du Christ (église St-Michel, à Louvain), Salon d'Anvers de 1853.
- Le Pilier des écus, Un dimanche matin à la chapelle du village et Les Amours précoces, Salon de Gand de 1856.
- Van Dyck recevant la visite inattendue de Brauwer, Le Banc des élus et Diable qu'ai-je fait de mes lunettes !, Salon de Bruxelles de 1857.
- La Bibliothèque des incunables de San-Lorenzo, à Florence, Le Changement de numéro et Dites s'il vous plaît !, Salon de Bruxelles de 1860.
- Hugo, le roi du tir (1569), Salon de Liège de 1862.
- La Veuve de Charles Ier d'Angleterre au couvent de Chaillot (1649) et La Dernière heure de Charles Ier. 1863-1864.
- Peintures décoratives du palais Lamporecchi, à Florence (1867).
- Cromwell au lit de mort de sa fille Lady Claypole, 1868.
- Moines et Andante con expressione, Salon de Bruxelles de 1869.
- Les Rhétoriciens d'Anvers se préparant, au XVIIe siècle, à une lutte oratoire (conservé au Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles), Salon de Bruxelles de 1872.
- Le Tuteur, Salon d'Anvers de 1873.
- Un jour de liesse, Salon de Gand de 1874.
- Le Cadet du Grand- Serment, Salon de Bruxelles de 1875.
- Pour notre futur ménage à l'Exposition historique de l'art belge 1830-1880.
- Porte-drapeau, Salon de Bruxelles de 1881.
- Une gilde flamande au XVII° siècle, Salon de Gand de 1883.
- Un estaignier, Salon de Bruxelles de 1884.
- Portrait du comte de Grimberghe, Exposition universelle de 1885 à Anvers.
- La Fiancée du roi, Salon d'Anvers de 1891.
- Tendres souhaits et Un baiser pour une valse !, Exposition universelle d'Anvers de 1894.
Galerie
- Pour notre futur ménage (1873), Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers.
- Un jeu de cartes.
- La Récolte du miel.
- Le Tuteur (1873).
- Un étainier (1884), Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers.
Collections
Des œuvres d'Alexandre Markelbach sont conservées aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, au Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers, au Musée des beaux-arts de Liège et à la Kunsthalle de Hambourg[9].