Salon de Gand

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TypeArt
PaysDrapeau de la Belgique Belgique
LocalisationGand
Date de la première édition1792
Salon de Gand
L'hôtel de ville de Gand, premier lieu des Salons.
L'hôtel de ville de Gand, premier lieu des Salons.
Type Art
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Localisation Gand
Date de la première édition 1792
Date de la dernière édition 1965
Organisateur(s) Société pour l'encouragement des Beaux-Arts à Gand

Le Salon de Gand (1792-1965) est une exposition périodique d'œuvres d'artistes vivants de divers pays. Le salon est organisé à cinquante-et-une reprises de 1792 à 1965.

L'exposition, créée initialement par l'Académie des Beaux-Arts de Gand est, à partir de 1853, organisée par la Société pour l'encouragement des Beaux-Arts à Gand, se concentre principalement sur les peintres, mais des sculpteurs, dessinateurs, graveurs et architectes sont également présents.

Les participants bénéficient d'une occasion de présenter leur travail au grand public. Un concours est organisé de 1792 à 1841. Les journaux et les critiques d'art suivent l'événement de près. Le Musée des Beaux-Arts de Gand s'enrichit régulièrement d'œuvres achetées au Salon.

Plusieurs œuvres exposées suscitent des polémiques : les toiles d'Antoine Wiertz en 1844 et de Gustave Courbet en 1868 ou encore le relief Les Passions humaines de Jef Lambeaux en 1889.

Lors du Salon de 1933, les artistes peuvent désormais exposer par groupe. C'est le Palais des Fêtes de la ville, aménagé pour la circonstance, afin de mettre en valeur les œuvres exposées, qui accueille cette manifestation qui marque une césure par rapport aux éditions antérieures en représentant la Belgique dans sa diversité régionale et en invitant des cercles artistiques progressistes du pays.

Avant 1792

Des expositions de tableaux et d'objets enluminés ont lieu à Gand depuis au moins le XVIe siècle pendant la foire de Mi-Carême, qui jusqu'en 1755 se tient à la boucherie, transformée en une vaste foire, les bouchers n'étant pas autorisés à vendre de la viande durant le Carême. Les marchands de tableaux ne sont pas les seuls à vendre, les artistes gantois et étrangers y mettent également en vente leurs œuvres. Une ordonnance échevinale de 1673 autorise les forains, les vendeurs d'objets d'art et les artistes à s'installer également dans les vestibules de l'hôtel de ville. La grande boucherie étant abandonnée en 1755, la foire annuelle se tient dès lors à l'hôtel de ville et dans les rues voisines[1]. Ces expositions sont organisées de manière protectionniste : pas d'invitations, aucun artiste étranger, ni récompense, l'objectif étant principalement commercial[2].

1792 - 1831

L'Académie royale des beaux-arts de Gand prend l'initiative d'organiser un concours artistique, suivi trois mois plus tard, le , d'une exposition d'œuvres d'art dans la salle du trône de l'hôtel de ville[3]. Quarante et un artistes gantois et étrangers y prennent part en présentant tableaux, gravures, dessins, aquarelles, bas-reliefs et constitue un succès. Parmi les artistes figurent Ernest-Joseph Bailly, Antoine Cardon, Joseph-François Ducq, Jean-François Legillon, ou encore Joseph-Benoît Suvée[4]. L'exposition de 1796, connaît un succès analogue en accueillant soixante-quinze artistes exposant quelque 200 œuvres[5]. De 1802 à 1814, les expositions deviennent biennales, exception faite pour l'année 1803, où lors de la visite du premier consul Napoléon Bonaparte, une exposition des produits industriels, dont une partie est réservée aux beaux-arts, se tient à l'hôtel de ville. À partir de 1817, la périodicité devient triennale en alternance avec les salons d'Anvers et de Bruxelles. La gratuité de l'entrée est effective jusqu'en 1829[6].

Après 1831

Le Musée des Beaux-Arts de Gand qui accueille les Salons à partir de 1913.

Après l'indépendance de la Belgique, les Salons sont maintenus à un rythme triennal jusqu'en 1895, puis leur organisation a lieu à un rythme variable qui devient quadriennal à partir de 1925. Les derniers Salons ont lieu en 1954, 1960 et 1965, qui constitue la 51e édition[7]. À partir de 1853, les Salons sont organisés par la Société pour l'encouragement des Beaux-Arts à Gand nouvellement créée afin de pallier le manque de succès de l'exposition de 1850. Leur organisation a lieu successivement et alternativement dans divers bâtiments de la ville. De 1868 à 1910, les Salons se tiennent – à l'exception de celui de 1902 – au Casino qui présente une vaste surface, puis à partir de 1913, année de l'Exposition universelle de Gand, ils ont lieu au Musée des Beaux-Arts de Gand[8],[9].

Concours

Joseph Paelinck, Le jugement de Pâris, lauréat du concours de 1804.

De 1792 à 1841, un concours est organisé dans le cadre des salons. Il comprend initialement cinq domaines : la peinture d'histoire, de paysage et de genre, la sculpture et l'architecture. Les concurrents sont tenus à l'anonymat, aux côtés des autres artistes exposants. Lors du premier concours, douze artistes prennent part à la compétition : huit peintres et quatre sculpteurs et modeleurs. Le premier lauréat est le peintre Joseph Bailly pour son Œdipe coloneus[10].

Parmi les lauréats illustres figurent : Joseph Paelinck (peinture, 1804), Ignace van Regemorter (peinture, 1808), Daniel Pletinckx (sculpture, 1808), François-Joseph Navez (peinture, 1812), Ferdinand de Braekeleer (peinture, 1817), Charles Picqué (peinture, 1826), Élisa de Gamond (peinture, prix du concours spécialement réservé aux dames, 1826), Louis Gallait (peinture, 1832), Pierre De Vigne-Quyo (sculpture, 1832), Joseph Geefs (sculpture, 1835), Romain Eugène Van Maldeghem (peinture, 1838), Aloys Geefs (sculpture, 1838), et Lievin De Winne (dessin, 1841). En raison des frais occasionnés par l'organisation des concours, ceux-ci sont supprimés en 1841 par la direction de l'académie et l'administration communale[11].

Éditions et artistes

Années

Le Salon de Gand connaît 51 éditions :

1792, 1796, 1802, 1803, 1804, 1806, 1810, 1812, 1814, 1817, 1820, 1823, 1826, 1829, 1832, 1835, 1838, 1841, 1844, 1847, 1850, 1853, 1856, 1859, 1862, 1865, 1868, 1871, 1874, 1877, 1880, 1883, 1886, 1889, 1892, 1895, 1899, 1902, 1906, 1909, 1913, 1922, 1925, 1929, 1933, 1937, 1946, 1950, 1954, 1960, 1965.

Femmes artistes

Le Salon de Gand est accessible aux artistes féminines depuis sa création en 1792. À partir de 1826, un concours distinct est organisé pour les artistes féminines, à savoir le « Prix pour les Dames ». Le nombre de femmes artistes demeure toutefois relativement limité. On constate une moyenne de 5% dans la période 1853-1871. Ensuite la présence moyenne de femmes dans les Salons s'élève en moyenne à 10 %. L’Académie de Gand, à l'instar des autres villes européennes n'admet pas de femmes parmi leurs élèves, jusqu'à la nomination de Jean Delvin en qualité de directeur en 1902[12]. Si les femmes forment une minorité dans les Salons, leur travail est souvent considéré comme très réussi, tel Le marché aux chevaux à Paris que Rosa Bonheur expose en 1853[13]. Virginie Demont-Breton est également accueillie positivement au Salon de 1886. Son œuvre, Les Loups de Mer, est acquise par le Musée de la ville de Gand[14].

Artistes européens

Le Salon attire régulièrement des artistes étrangers : des Français, des Allemands, des Néerlandais, des Italiens et des Britanniques.

Richard Francis Burton par Frederic Leighton au Salon de 1895.

Le Salon de 1844 est brillant et voit de nombreux peintres français : Paul Delaroche, Ary Scheffer, ou encore Constant Troyon, Louis-Auguste Lapito. Les peintres néerlandais sont également présents : Andreas Schelfhout et Barend Cornelis Koekkoek[15]. En 1865, plus de la moitié des exposants sont d'origine étrangère. L'Allemagne et la France à elles seules comptent environ 230 peintres, sur un total de 477 exposants. La plupart des artistes participants venaient toujours de Belgique, mais graduellement, la part des participants étrangers augmente[16].

Au Salon de 1880, 1012 artistes exposent, parmi eux 806 peintres, dont 356 étrangers, essentiellement originaires des Pays-Bas[17]. En 1895, L’Ecole anglaise est représentée de façon extrêmement brillante : Matthew Ridley Corbet, Henry William Banks Davis, Alfred East, James Guthrie, Arthur Hacker et Frédéric Leighton, L’Ecole française, elle aussi envoie, en 1895, des œuvres à succès du Champ-de-Mars et des Champs-Elysées, tels les tableaux de Jean-Léon Gérôme ou de Lucien Hector Monod. Le Salon de Gand, attire donc, quantité d’artistes européens[18].

Le Salon de 1913 demeure un Salon particulier car il est organisé en marge de l'Exposition universelle de Gand. Plus de 2000 œuvres sont exposées. Un peu moins de 1000 œuvres d'artistes belges sont exposées, outre 705 œuvres françaises, 187 hollandaises et 153 britanniques[19].

Évolution

Notes et références

Voir aussi

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