Alfred Henri Rosier
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Alfred Henri Rosier, né le à Cluny (Saône-et-Loire) et mort le à Paris 4e, est un haut fonctionnaire français et un militant associatif. Il est notamment chef de cabinet de Jean Say puis après la guerre, directeur de la Main d’œuvre au ministère du Travail. Il est parallèlement fondateur ou dirigeants de nombreuses associations parmi lesquelles l’ANTRP (aujourd’hui ANRH), la confédération des travailleurs intellectuels (CTI) et le Comité Pierre de Coubertin
Le haut fonctionnaire
Du syndicalisme étudiant au cabinet de Jean Zay
Né à Cluny (Saône-et-Loire) le , Alfred Rosier est, pendant ses études de droit à Lyon dans les années vingt, un militant actif et responsable de mouvements d’étudiants. Sa thèse de docteur en droit est consacrée à la crise du logement ouvrier. En 1923, alors vice-président de l’UNEF, il crée avec le Docteur Courbaire de Marcillat la Fondation des Sanatoriums pour étudiants, devenue la Fondation pour la santé des étudiants. Recruté au ministère de l’Éducation nationale au début des années 1930, il rejoint le cabinet d’Anatole de Monzie en 1933. Il fonde le Bureau universitaire de statistiques (BUS)[1] (rebaptisé en ONISEP en 1970) et devient le premier secrétaire général de ce service d'information et d'aide à l'orientation des étudiants qui se met en place dans un contexte de chômage intellectuel
Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale du Front Populaire depuis , confie également à Alfred Rosier le secrétariat général du comité supérieur des œuvres en faveur des étudiants (CSO)[2] qui vient d’être créé. Cet ancêtre du CROUS, chargé de répartir les fonds publics, réunissait pour la première fois des représentants des œuvres étudiantes aux côtés des recteurs. L’année suivante, Jean Say le nomme chef de cabinet. Il restera à ce poste jusqu’à la démission du ministre le pour rejoindre son régiment. Fidèle collaborateur de Jean Say, il animera l’association des amis de Jean Say, fondée en 1946, deux ans après son assassinat, par la Milice de Vichy, afin d’honorer et pérenniser la mémoire de ce grand républicain.
Alfred Rosier fut un résistant de la première heure. Il rejoint le groupe Maintenir[3] , fondé en qui fut à l’initiative de la manifestation des étudiants du 11 novembre 1940 durement réprimée par les Allemands[4]. Ce réseau de renseignements rallié à la France libre est parvenu à rassembler plus de 3 000 documents sur le mur de l'Atlantique avant sa dissolution en 1943.
Haut fonctionnaire au ministère du Travail
À la libération, il est nommé en 1948 directeur de la main-d’œuvre au sein du ministère du Travail et de la Sécurité sociale. Il a pour collègue . qui est depuis 1945[Quoi ?] directeur de la Sécurité sociale. Grâce à cette nomination, et en accord avec le paritarisme de la Quatrième République, Rosier, qualifié de « propagandiste omniprésent » introduit ses homologues syndicalistes à l’épicentre des décisions de l’État. Avec des moyens accrus, il donne alors sa pleine mesure en s'attachant aux problèmes de l'emploi, de la formation professionnelle, de l'immigration.
Il impulse une série d'initiatives en faveur du reclassement des handicapés en liaison étroite avec ses collègues du ministère du Travail, mais aussi au ministère de la Santé et à la Sécurité sociale. Une de ses premières mesures fut de créer au sein du ministère du Travail la « Commission interministérielle du reclassement professionnel et social des mutilés, invalides et diminués physiques ». Dans cette instance, aux côtés des associations de malades, siégeaient des représentants des syndicats patronaux et de confédérations syndicales
En 1957, à la suite de la fusion de la direction du travail et la direction de la main-d’œuvre au sein de direction générale du travail et de la main-d’œuvre (DGTMO), Alfred Rosier devient directeur honoraire de la main-d’œuvre. Après sa retraite, il siège au Conseil économique et social en 1968 et 1969 et se consacre alors aux nombreuses causes qu’il avait souvent contribué à créer.
Le militant associatif
La Confédération des travailleurs intellectuels (CTI)
L’œuvre qui a probablement le plus longtemps compté pour lui est la Confédération des travailleurs intellectuels (CTI). Cette organisation syndicale des travailleurs intellectuels a été fondée en . Alfred Rosier y adhère dès le début de ses études universitaires. La CTI a eu une activité importante pour faire connaître et reconnaître les problèmes des travailleurs intellectuels pendant l'Entre-deux-guerres. Au ministère du Travail, il crée la Commission nationale du statut des travailleurs intellectuels (arrêté du ) chargée de « l’orientation, du placement et de l’emploi » qui se transforme en Conseil supérieur des travailleurs intellectuels (décret du ). Cette instance génère de surcroît la Commission permanente consultative pour l’étude de l’emploi dans les professions non manuelles qualifiées (arrêté du ) afin de prendre des « mesures destinées à protéger et équilibrer l’emploi des cadres ». Après sa retraite, il accepte la présidence de la CTI et parvient en 1960 à rassembler 600 000 adhérents, répartis dans 150 groupements.
L’ANRTP (aujourd’hui ANRH)
Comme directeur de la Main d’œuvre, il avait constaté que de nombreux « diminués physiques », en particulier les plus faibles et les moins à même d’exercer une activité, se trouvaient écartés des dispositifs de réinsertions mis en place par les institutions et associations existantes. Celles-ci qui, comme LADAPT et l’APF, avaient créé des centres de rééducation fonctionnelle et professionnelle pour tuberculeux et paralysés avant la deuxième guerre mondiale procédaient par « écrémage » c'est-à-dire s'attaquaient à la réinsertion des diminués physiques les plus capables d'évolution et laissaient au bord du chemin les moins doués. Afin de trouver une solution à ce problème pour compléter les structures existantes, Rosier est à l’initiative de la création de l’ANRTP. Fondée le , l’Association Nationale pour la Réhabilitation professionnelle par le Travail protégé a pour but principal la création d'Ateliers protégés (ou le travail à domicile) pour les malades et grands infirmes dont l’état de santé interdisait une reprise normale du travail dans une entreprise ordinaire. Le premier président en est Robert Buron,
Comité Pierre de Coubertin
Alfred Rosier a contribué à créer en 1950 ce comité d’éthique du sport français sous le nom d'Association nationale pour la défense et le développement du sport, des activités physiques et du plein air. C’est sous sa présidence en 1973 que le comité prend le nom de Comité français Pierre-de-Coubertin avec l’approbation d’Yvonne de Coubertin, nièce du rénovateur des Jeux olympiques et dernière descendante du nom[5].
