Ali bin Samikh Al Marri
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| Ali bin Samikh Al Marri | |
Ali bin Samikh Al Marri en 2024. | |
| Fonctions | |
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| Ministre du Travail, homme politique, spécialiste des droits de l'homme | |
| Biographie | |
| Date de naissance | 11/30/1972 |
| Diplômé de | Doctorat en philosophie Sciences Politiques (2006), Master Sciences Politiques (2002), Bachelor Science Politique (1997) |
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Ali bin Samikh Al Marri, né le , est un homme politique et expert en matière des droits humains qatari. Il exerce la fonction de ministre du Travail du Qatar[1] depuis le , et reconduit par décret en .
Auparavant, Al Marri a présidé le Comité National des Droits de l'homme de l'État du Qatar. Il a également été Président par intérim et Secrétaire Général de l'Alliance Mondiale des Institutions Nationales des Droits de L'Homme (GANHRI) ainsi que Président du Réseau Arabe des Institutions Nationales des Droits de l'Homme[2].
Il est le principal suspect dans le scandale de corruption des élus au Parlement européen, dit « Qatargate », qui éclate en 2022[3],[4].
Al Marri est titulaire d'un Bachelor en sciences politiques (1997), d'une maîtrise en sciences politiques (2002) et d'un doctorat en philosophie politique (2006).
Carrière
Al Marri est élu président de la Commission Arabe Permanente des Droits de l'Homme de la Ligue Arabe en 2012[5].
Il est président du Forum Asie-Pacifique des Institutions Nationales des Droits de l'Homme de 2013 à 2015[6].
Il a précédemment présidé le Sous-comité d'accréditation de 2012 à 2015, qui est spécialisé dans l'examen et l'accréditation des institutions nationales des droits de l'homme conformément aux Principes de Paris[7].
Il est réélu président du Comité national des droits de l'homme de l'État du Qatar en 2019[8].
Il a travaillé à la création du Réseau arabe des institutions nationales des droits de l'homme et du Forum Asie-Pacifique des institutions nationales des droits de l'homme.
En sa qualité actuelle, ses principales responsabilités comprennent la proposition et l'exécution des politiques publiques, des règlements et des systèmes concernant la main-d'œuvre. Parmi celles-ci, les politiques de recrutement et la « Qatarisation (nationalisation) des emplois, leur exécution après approbation, l’application intégrale du droit du travail et la protection sociale et juridique des travailleurs migrants.
Postes et affiliations
De 2002 à 2009, Al Marri occupe le poste Secrétaire Général du Comité national des droits de l'homme de l'État du Qatar.
De 2012 jusqu'à l'année 2021, il est membre du Comité Exécutif du Réseau Arabe des Institutions Nationales des Droits de l'Homme et président du Forum Asie-Pacifique des institutions nationales des droits de l'homme de 2013 à 2015. De même, il est vice-président du Forum Asie-Pacifique des institutions nationales des droits de l'homme de 2015 à 2017 et membre du Bureau exécutif de l'Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l'homme (GANHRI) de 2018 à 2021.
De 2020 à 2021 il est président par intérim de l'Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l'homme (GANHRI) , du Réseau arabe des institutions nationales des droits de l'homme de juin à , et depuis cette même année, Ministre du Travail.
Il est nommé Vice-président de la 110e et de la 111e Conférence Internationale du Travail en 2022 et 2023 et ensuite président.
Affaire du Qatargate
Ali bin Samikh Al Marri est cité dans l’enquête judiciaire belge dite du « Qatargate », ouverte en et portant sur des soupçons de corruption et d’ingérence au sein du Parlement européen[9]. Selon les déclarations de l’ancien eurodéputé Antonio Panzeri, Al Marri - « le cerveau de l'opération » - aurait été l’instigateur principal du dispositif financier mis en place pour influencer des élus européens en faveur de Doha. Des accords financiers auraient été conclus[réf. nécessaire] dès 2018, portant sur environ 1,5 million d’euros, puis sur des versements annuels de 250 000 euros, destinés à promouvoir les réformes sociales présentées par le Qatar et à soutenir sa demande d’exemption de visas Schengen.
Un rôle opérationnel central aurait été tenu[réf. nécessaire] par Boudjellal Bettahar, surnommé « l’Algérien », présenté comme le plus proche conseiller d’Al Marri et chargé de remettre clandestinement des fonds en espèces à Antonio Panzeri et Francesco Giorgi, notamment lors de réunions organisées à Bruxelles à l’automne 2022. Francesco Giorgi a confirmé que la coopération avec le Qatar, initiée par Al Marri, reposait sur des paiements en liquide afin de « stopper les critiques, promouvoir les aspects positifs et attaquer d’autres pays [10]».
En 2023, la justice belge émet un mandat d’arrêt international visant Ali bin Samikh Al Marri et Boudjellal Bettahar pour leur rôle dans ce système de corruption. Ce mandat est suspendu quelques mois plus tard, dans un contexte où le Qatar sert de médiateur pour obtenir la libération d’un travailleur humanitaire belge détenu en Iran[11].
Le , la chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles convoque vingt-huit personnes « mises en cause », dont Ali bin Samikh Al Marri et son bras droit Boudjellal Bettahar[12]. Cette inscription officielle parmi les mis en cause confirme son statut central dans la procédure belge. Plusieurs travaux d’enquête journalistique le présentent par ailleurs comme l’architecte du réseau de corruption[réf. nécessaire], Bettahar jouant le rôle d’intermédiaire financier.
Implications dans l'affaire Tayeb Benabderrahmane
Ali Bin Samikh Al-Marri est cité dans l’affaire du lobbyiste franco-algérien Tayeb Benabderrahmane, arrêté arbitrairement en à Doha et détenu pendant 307 jours. L’intéressé affirme avoir été soumis à des mauvais traitements et à des pressions en lien avec la détention de documents sensibles concernant Nasser al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain[13].
En 2022, Tayeb Benabderrahmane dépose plainte en France avec constitution de partie civile pour enlèvement, séquestration, torture et extorsion en bande organisée[14]. L’affaire a donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire à Paris visant Nasser Al-Khelaïfi ainsi que des personnalités de son entourage, dont les avocats Francis Szpiner et Olivier Pardo, ainsi que Rachida Dati[15].
Le rôle d’Ali Bin Samikh Al-Marri reste flou dans ce contexte, en raison de ses relations passées avec Tayeb Benabderrahmane et de sa position à la tête du Comite National des Droits de l'Homme du Qatar, ancien employeur du lobbyiste. Il existe des tensions entre réseaux qataris, notamment ceux d’al-Marri et d’al-Khelaïfi, ce qui pu jouer un rôle dans l’arrestation du lobbyiste[16].
En 2025, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a reconnu le caractère arbitraire de la détention de Benabderrahmane et a demandé au Qatar de réparer le préjudice subi[17]. En parallèle, un contentieux a été engagé devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, dans lequel Benabderrahmane conteste la spoliation de ses biens et réclame réparation au Qatar[18].
Le cas de Benabderrahmane a également été médiatisé en France en raison de la peine de mort à laquelle il a été condamné par contumace au Qatar en 2023, avant que cette condamnation ne soit rapportée dans le cadre des procédures en cours[19].

