Alibrando Giovannetti

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Décès
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Terni
Nationalité
Alibrando Giovannetti
Alibrando Giovannetti en 1921, photo d'identité.
Biographie
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Terni
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Parti politique

Alibrando Giovannetti, né le à Terni et mort le dans la même ville, est un journaliste, syndicaliste et homme politique italien.

Militant du Parti socialiste italien (PSI) avant la Première Guerre mondiale durant laquelle il fut neutraliste, il devint, dans les années 1920, un important dirigeant syndicaliste révolutionnaire au sein de l'Unione Sindacale Italiana. Entre 1927 et 1929, il se rapprocha du régime fasciste et continua à travailler comme journaliste à Il Popolo d'Italia puis à la revue La Verità de Nicola Bombacci où il étudia les questions syndicales. Après la guerre, il tenta de renouer avec le mouvement syndicaliste.

Jeunesse socialiste (1896-1912)

Né dans le hameau de Collestatte au sein d'une famille modeste, Alibrando Giovannetti ne termina pas l'école primaire et travailla très jeune comme ouvrier puis comme employé au sein de la librairie socialiste de Terni[1].

Devenu un militant actif dans la province de Ombrie, il participa, en , au Congrès national du Parti socialiste italien (PSI) de Florence et parvint à se faire nommer, en , secrétaire de la Bourse du Travail et de la Ligue des travailleurs de Terni jusqu’en [1]. En , Giovannetti trouva un emploi comme rédacteur du périodique socialiste de Ferrare La Scintilla et fut nommé membre du Comité exécutif de la Bourse du Travail locale[1].

Rapprochement avec les syndicalistes révolutionnaires (1912-1918)

Après quelque temps passés à Savone, en , Giovannetti revint à Ferrare où il occupa le poste de secrétaire administratif de la Bourse du Travail. Deux ans plus tard, en , il se rapprocha des syndicalistes révolutionnaires et passa à la Bourse du Travail syndicaliste locale, dont il fut nommé secrétaire. Convaincu neutraliste lors de la scission l’Union Sindicale Italiana (USI) des interventionnistes, Giovannetti resta avec Armando Borghi et participa au début de 1915 à l'organisation de l’USI, dont le congrès général de Modène le nomma membre du Comité exécutif[1].

Giovannetti fut un organisateur infatigable des travailleurs pendant la guerre, faisant de la propagande dans tout le nord de l’Italie et collaborant au périodique syndicaliste Guerra di Classe. En , il occupa le secrétariat de la Coopérative des laboureurs de Modène, en la secrétaire de la Bourse du Travail de Plaisance ; et en octobre de la même année, la secrétaire politique de la Bourse du Travail de Sestri Ponente mena une activité intense parmi les travailleurs des entreprises sidérurgiques. Libéré de son obligation militaire en 1918, il participa intensément par la suite à la remise en activité de l'USI en 1919[1].

Le dirigeant syndical (1919-1922)

À partir d', il fut nommé secrétaire de la Bourse du Travail syndicaliste de Terni puis, en , revint en Ligurie, où il s'occupa de la Bourse du Travail sur place[1]. En , il dirigea le secrétariat syndicaliste des travailleurs de la terre de Plaisance et, à partir de , devint secrétaire de l’USI à Milan, lui permettant d'occuper d'importants postes de direction au sein de l'organisation jusqu’en . Parmi celles-ci, on peut citer sa participation au Congrès ouvrier syndicaliste qui eut lieu à Berlin en [1].

Alibrando Giovannetti et sa famille en 1928.

Activités antifascistes

Entre 1926 et 1927, Giovannetti, dans l'obligation de gagner sa vie, collabora comme journaliste à divers périodiques syndicalistes[1]. En 1928, dans une correspondance adressée à des anarchistes exilés à Paris membres du Comité Anarchiste de Défense, Giovannetti écrivit sur la situation italienne et donna des nouvelles des conditions des détenus politiques, incitant le « Comité à agir au plus vite. En effet, selon des informations connues de la police politique, le Comité, outre l’organisation de la défense des anarchistes emprisonnés en France, est également engagé dans la mise en place d’un mouvement révolutionnaire et insurrectionnel plus énergique, visant à réunir toutes les forces anarchistes à l’étranger et surtout en Italie, en recherchant les éléments les plus aptes et disposés à ce mouvement au sein de la masse prolétarienne, afin de provoquer un fait positif, de créer une presse clandestine en Italie et de travailler davantage en contact avec les autres partis antifascistes »[2].

Après l'explosion le d'une bombe près de la Foire de Milan en vue d'assassiner le roi Victor-Emmanuel III, Giovannetti est arrêté par la police avec une centaine d'autres suspects[2]. Pour plaider sa défense, des manifestations, protestations et collectes de signatures se multiplièrent devant les ambassades et consulats italiens, menées par toutes les organisations syndicalistes et anarcho-syndicalistes d’Europe notamment le Secours Rouge allemand, réclamant sa libération immédiate et la fin des arrestations indiscriminées contre les antifascistes. Giovannetti est finalement libéré grâce à l’intervention directe de Mussolini qui, par un télégramme au préfet de Milan, lui ordonne de faire pression sur la Questure pour qu’elle laisse Giovannetti en paix et sur l’éditeur Barbera pour qu’il annule son licenciement[2].

Ralliement au fascisme

L'année suivante, en contact avec son ancien camarade syndicaliste Michele Bianchi, alors hiérarque fasciste, celui-ci lui proposa un emploi à Il Popolo d’Italia, poste qu'il prit à partir de 1929 comme rédacteur pour une chronique historico-biographique dirigée par un ancien socialiste, Alberto Malatesta[1]. Giovannetti collabora également avec l'Associazione Nazionale Studi - Problemi del Lavoro du syndicaliste Rinaldo Rigola et, à partir de 1938, commença une collaboration active à la revue La Verità de Nicola Bombacci dans laquelle il traita essentiellement des questions liées au corporatisme, au syndicalisme fasciste et aux rapports entre Capital et Travail[1]. Les dernières informations contenues dans les Archives centrales de l’État font référence à une note informant que Giovannetti écrivit à Mussolini en 1941 pour lui demander un nouvel emploi[1].

La période d'après guerre et la fin de vie (1943-1954)

Avec l’armistice du , Giovannetti publia et diffusa clandestinement un appel « Aux travailleurs d’Italie » pour la reprise du mouvement syndicaliste, signé « Les syndicalistes révolutionnaires d’Italie », [2].

Avec la constitution des Comités de Défense Syndicale (CDS), courant anarcho-syndicaliste opérant au sein de la CGIL, le militant anarchiste Gaetano Gervasio proposa d’inviter Giovannetti à collaborer au mouvement mais celui-ci dut faire face à plusieurs réticences de la part du milieu anarchiste et notamment d'Armando Borghi qui ne lui pardonnait pas ses contacts avec Michele Bianchi et Mussolini. Gervasio écrivit à ce propos :

« Ma seule “épine au cœur” était de ne pas être parvenu, malgré ma proposition qui mettait chacun de nous face à une compréhension humaine de la pauvreté, de la maladie et de la solitude de notre camarade d’autrefois, à réintégrer Alibrando Giovannetti dans notre mouvement. Beaucoup de camarades anarchistes ne lui pardonnaient pas d’avoir accepté un emploi, même de second rang, à Il Popolo d’Italia, grâce à l’intervention directe de Mussolini, à qui Alibrando s’était adressé (par une lettre – ont-ils écrit – mais je ne l’avais jamais lue, je n’en avais jamais rien su et je doute qu’elle ait jamais existé). Ce n’était pas seulement par amitié que j’ai plaidé pour l’entrée de Giovannetti dans les CDS, et encore moins par “pitié” pour sa condition, mais parce que Giovannetti avait été, dans les premières décennies du 1900 (!), un homme capable d’organiser les travailleurs dans des luttes mémorables, d’une grande importance et d’un grand engagement révolutionnaire, et en même temps capable de penser et d’écrire avec une grande acuité et profondeur. Il n’a jamais été anarchiste – et c’est aussi cela que les camarades lui reprochaient –, car il était convaincu que le syndicat devait être unitaire et libre de tout lien avec des idéologies ou des partis ; mais il n’avait jamais hésité face aux alliances avec les groupes anarchistes, tout comme avec les groupes de syndicalistes révolutionnaires d’origine socialiste. »[2]

Dans une brève lettre datée de 1946 que Giovannetti adressa à Ugo Fedeli, à propos des accusations d’Armando Borghi, il écrivit :

« Cher Fedeli, j’avais exprimé à Gervasio mon désir d’obtenir de Borghi, et de lui donner si nécessaire, des explications sur la prétendue collaboration avec le fascisme. De mon côté, je peux la démentir de la façon la plus catégorique, au contraire, j’ai toujours et partout combattu le fascisme par tous les moyens. Puisque Gervasio ne m’en parle pas, je te prie de communiquer cela à Borghi. En espérant que tu me rendras ce service, je te remercie et te salue. A. Giovannetti Via Masolino da Panigaie. »[2]

Giovannetti mourut dans un hospice près de Terni le , oublié de presque tous[2].

Publications

  • Il Sindacalismo Rivoluzionario In Italia : l'azione diretta, le lotte e le conquiste proletarie, Zero in condotta, 2004.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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