Alice Bessou-Kokine
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Alice Bessou-Kokine (née le à Grisolles et décédée le à Ravensbrück[1]) est une résistante française. Elle est déportée à Ravensbrück où elle meurt après avoir mis au monde son fils.
Jeunesse
Alice Anne Bessou est née le à Grisolles. Elle vit ensuite rue Mengaud dans le quartier des Minimes à Toulouse avec ses parents.
Engagement dans la Résistance
Elle rencontre Meyer Kokine (1920-2002)[2], un Juif d'origine russe, membre de la Résistance dans le mouvement Libérer et Fédérer, dépendant du réseau Buckmaster[3]. Il se cache chez les parents d'Alice Bessou. Elle travaille alors à la préfecture à Toulouse, ce qui lui permet de fournir des faux papiers aux Juifs et aux jeunes gens réfractaires au service du travail obligatoire[4].
Les deux jeunes gens se marient.
Déportation
Ils sont arrêtés ensemble le , par la Gestapo et emprisonnés dans des prisons différentes. Ils sont déportés dans le même convoi formé à Toulouse le , qu'on a appelé le train fantôme, parce qu'il va errer pendant 57 jours, apparaître et disparaître, tantôt roulant, tantôt stationnant[4]. Ce train transporte 900 détenus, des infirmes et des vieillards du camp du Vernet et des résistants de la prison Saint-Michel. Il y a aussi un wagon à bestiaux pour une soixantaine de femmes. Ce train surpeuplé circule sous une chaleur torride, s'arrêtant à maintes reprises pendant des heures sans que les prisonniers aient rien à boire ou à manger. Il est attaqué par des avions alliés, plusieurs prisonniers sont morts, certains ont été grièvement blessés. Ne pouvant plus poursuivre sa route, le train doit retourner à Bordeaux, où il reste sur une voie de garage pendant trois jours. Enfin, les prisonniers sont autorisés à sortir, pour se traîner jusqu'à la synagogue de la ville, où ils doivent camper quelques semaines, affamés et sans soins. Les femmes sont regroupées au Fort du Hâ. Parmi elles, Alice Bessou-Kokine, matricule 93881, qui est enceinte[5],[6]. La déportation ne s'arrête pas, un nouveau train est acheminé depuis Bordeaux le à destination du camp de concentration de Dachau. Meyer Kokine parvient à s'évader le , lors d'une immobilisation du train à Sorgues[4].
Le , à l'arrivée du train à Dachau, 543 personnes sont enregistrées. Les femmes sont emmenées à Ravensbrück[5],[3].
Alice Bessou-Kokine y est affectée aux Kommandos de travail[1]. Elle accouche le d’un petit garçon qui meurt dix jours plus tard[3].
Alice Bessou-Kokine meurt le à Ravensbrück, le jour de son 22e anniversaire[1].
Décoration
Médaille de la Résistance française à titre posthume (décret du )[7]