Camp du Vernet

camp d'internement français durant la seconde guerre mondiale From Wikipedia, the free encyclopedia

Le camp du Vernet est un camp d'internement français situé dans la commune du Vernet en Ariège, sur le bord de la route Nationale 20, au nord de Pamiers. Il a été construit à partir de pour recevoir des troupes coloniales[1]. À la fin de la Première Guerre mondiale, il est transformé en camp pour prisonniers allemands et autrichiens. Puis, de février à , il servira à interner les républicains espagnols lors de la Retirada après leur défaite dans la guerre civile espagnole. Dès 1939 (avant le régime de Vichy ) et jusqu'en 1944, sous commandement français puis allemand, il a servi à interner 40 000 personnes, notamment les étrangers (dont des républicains espagnols), les juifs et les communistes. Il a finalement été fermé en .

Utilisation originelleCamp d'internement des républicains espagnols en fuite
Date de création1939
Date de fermeture1944
Faits en bref Présentation, Type ...
Camp d'internement du Vernet
Camp de vernet.jpg
Le camp du Vernet vu du ciel, en 1942.
Présentation
Type Camp d'internement français
Gestion
Utilisation originelle Camp d'internement des républicains espagnols en fuite
Date de création 1939
Date de fermeture 1944
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Localité Le Vernet (Ariège)
Coordonnées 43° 11′ 42″ nord, 1° 36′ 28″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Camp d'internement du Vernet

Protection Logo monument historique Inscrit MH (2019)
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Historique

Un camp d'internement pour les étrangers

Reconstitution du camp en maquette.

Le camp du Vernet sert à regrouper les 12 000 combattants espagnols et d'autres étrangers de la Division Durruti dès 1939, après la défaite de la République espagnole. Puis, à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, (donc avant le régime de Vichy) les étrangers dits « indésirables », dont des membres du Parti communiste d'Allemagne (KPD) et du Parti communiste d'Autriche (KPÖ)[2], des anarchistes et des intellectuels antifascistes. Il s'agissait donc d'un camp particulièrement sévère qui servait au regroupement des populations jugées les plus dangereuses, indisciplinées ou déloyales, comme ces opposants politiques ou les travailleurs les moins obéissants des Compagnies de Travailleurs Etrangers (CTE)[3].

Les membres des Brigades internationales sont internés au Vernet dans des conditions terribles décrites entre autres par l’écrivain Arthur Koestler, lui-même interné au Vernet d' à , dans son ouvrage La Lie de la terre[4]. Peter Nádas dont l’oncle, communiste hongrois, y a été interné, en fait une longue description dans son ouvrage Ce qui luit dans les ténèbres[5]

Camp d'internement pour les Juifs

À partir de 1942, il sert aussi de camp de transit pour les Juifs arrêtés dans la région par l'administration de Vichy dans un premier temps puis, par les Allemands à compter de novembre 1942, après qu'ils ont envahi la zone libre.

Évacuation du camp fin juin 1944

Le , le landesschutzen bataillon no 726 de la Wehrmacht prend le commandement du camp[6]. Le 30, les 398 internés encore présents sont évacués par bus et camions et internés à Toulouse[6]. Ils sont déportés quelques jours plus tard vers le camp de Dachau[6] depuis la gare de Raynal par le « train fantôme » (ce train porte ce nom car il mettra près de 2 mois à atteindre Dachau).

Au total environ 40 000 personnes de 54 nationalités ont été internées dans ce camp, principalement des hommes, mais aussi des femmes et des enfants (ou de 58 nations différentes entre 1939 et 1945, d’après Peter Nádas, op. cit. p.730).

Lieux de mémoire

Les bâtiments du camp n'existent plus, à l'exception de deux piliers de la porte d'entrée, d'un château d'eau et des maisons des gardiens (barraquements) situés de l'autre côté de la route. L'ancienne gare du camp se situe au bord de la route nationale 20 au nord de Pamiers[7] où se trouve un ancien wagon de train, identique à ceux qui ont transporté les internés aux camps d'extermination[7]. À l'intérieur, une plaque identifie une quarantaine d'enfants juifs, âgés de 2 à 17 ans, qui ont été déportés du Vernet à Auschwitz le [7].

Cimetière mémorial.

Au village du Vernet, un musée est consacré au camp[8].

Dans le cimetière du camp, situé sur la commune de Saverdun, sont présentes des tombes d'internés décédés dans le camp, ainsi que différentes stèles rendant hommage aux internés et qui illustrent la coexistence de différentes mémoires, en particulier celle des internés par mesure de répression (stèle aux antifascistes et stèle aux « Résistants européens ») et celle des internés par mesure de persécution (stèle de l'Union des étudiants juifs de France et plaques de déportés)[9]. Un espace de mémoire comportant les panneaux de toutes les nationalités a été aménagé devant l'entrée du cimetière.

Les vestiges du camp et le cimetière sont protégés au titre des monuments historiques par décret du [10].

Par ailleurs, l'Amicale des Anciens internés politiques et résistants du camp de concentration du Vernet d'Ariège a œuvré pour la création du Musée du camp du Vernet et effectue des recherches historiques, organise des conférences et des expositions[11][source insuffisante].

Camp de concentration ou camp d'internement ?

Il existe un débat historiographique sur l'utilisation de l'expression « camp de concentration », que la majorité des historiens français de la Shoah voudraient voir limitée aux camps allemands. Par exemple Annette Wieviorka, dans un article de la revue Vingtième Siècle de 1997, écrit : « La même expression, « camp de concentration », a été utilisé au cours du siècle, notamment dans le vocabulaire administratif, pour désigner des camps fort différents les uns des autres. Intituler en 1995 un livre, Les Camps de concentration français de la Première Guerre mondiale, pose un problème. Les camps nazis sont si présents dans nos esprits qu'un lecteur pressé peut penser qu'il y eut en France pendant la Grande guerre, un système concentrationnaire. Car le camp nazi est devenu, à juste titre, la référence du mal absolu à l'aune duquel se mesure chaque situation d’internement[12]. »

L'Amicale du Vernet a pris nettement position dans l'autre sens, considérant qu'un grand nombre de documents d'archives utilisent l'expression « camp de concentration » pour le camp du Vernet.

Personnalités ayant été internées au camp

Plaque commémorative.

Parmi les personnalités ayant été internés dans le camp du Vernet, on peut citer :

Notes et références

Voir aussi

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