Alick Tipoti
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Alick Tipoti (né en 1975), de son nom traditionnel Zugub, est un artiste et un militant insulaire du détroit de Torrès, appartenant au groupe ethno-linguistique Kala Lagaw Ya (en) de l'île Badu, dans le détroit de Torrès, en Australie.
Principalement graveur, son œuvre comprend aussi la fabrication de masques, des peintures, des installations et des sculptures, et vise à préserver la culture et les langues de son peuple.
Enfance et éducation
Alick Tipoti naît en 1975 sur l'île Thursday et grandit sur l'île Badu (également connue sous le nom d'île Mulgrave) ; il a aussi des liens avec l'île Mabuiag (en)[1]. Son père, Leniaso, est artiste et conseiller culturel[2], et Alick développe un intérêt pour l'art dès son enfance[3]. Il reçoit le nom traditionnel de Zugub afin de le relier aux esprits de ses ancêtres, les Zugubal[4].
Il fréquente l'école primaire sur l'île Badu, avant de déménager sur l'île Thursday, où il obtient un diplôme supérieur en arts en 1992 puis un Bachelor of Fine Arts en gravure à l'Université nationale australienne de Canberra en 1998[4],[3],[5].
Carrière
La pratique artistique de Tipoti est initialement axée sur la gravure, principalement la linogravure[1]. Cette technique devient rapidement ne expression artisitique emblématique de cette région, car il est relativement facile d'y transposer les techniques ancestrales de sculpture et de taille sur bois et écaille de tortue[6]. Il commence à exposer dans de petites galeries du Queensland septentrional au début des années 1990[3].
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| Lien vers le masque Mawa I (Saral) (2010)[7]. Pour des questions de droit d'auteur, sa reproduction n'est pas autorisée sur la version francophone de Wikipédia. | |
En 2007, il commence à fabriquer des versions artistiques de masques cérémoniels en fibre de verre[a], inspirées des masques en carapace de tortue[b], traditionnellement portés par un mawa (sorcier ou guérisseur traditionnel)[1],[6].
Tipoti est chargé de concevoir une œuvre d'art pour le sol du hall des arrivées domestiques de l'aéroport international de Cairns ainsi que pour d'autres bâtiments et neuf wagons du Diesel Tilt Train (en), qui relie Brisbane à Cairns en 2010[4].
En 2015, il interprète le Marimawa (danse spirituelle masquée) au British Museum de Londres[5].
Tipoti assume un statut de mentor et leader pour les jeunes artistes des îles du détroit de Torrès[2]. Il collabore avec d'autres artistes, comme Matilda Nona, Laurie Nona, Joseph Au, Aiona Gaidan Jrn et Weldon Matasia et travaille beaucoup à la création du Badu Art Centre, sur l'île Badu[8].
Œuvre
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| Lien vers la linogravure Mawa kedtha (1999)[9]. Pour des questions de droit d'auteur, sa reproduction n'est pas autorisée sur la version francophone de Wikipédia. | |
Alick Tipoti pratique la gravure, la sculpture, la peinture, la danse et la performance[2],[5]. Tipoti inclut dans ses thématiques des héros légendaires, des armes, le dhari ou dhoeri (la coiffe traditionnelle des insulaires du détroit de Torrès[c]), des masques et des tambours[5].
Son œuvre reflète la culture de son peuple, les Maluyligal (ou Maluilgal[4]) du détroit de Torrès, et met l'accent sur la représentation de sa langue. Ses œuvres comportent parfois une forte dimension narrative, parfois plusieurs images, et il porte une attention particulière aux moindres détails[2]. Il s'attache à documenter différents aspects de sa culture, tels que les récits, la langue, les généalogies et les chants, afin que les générations futures puissent s'en inspirer[4],[6]. Appartenant à la dernière génération à parler couramment le kala lagaw ya (en) (langue de la nation Maluilgal), il participe à des programmes de préservation de la langue[5]. Il parle également le kala kawa ya (langue de la nation Guda Maluyligal)[3].
Alick Tipoti enseigne la langue, la culture et l'histoire au Tagai State College et au Thursday Island TAFE[3],[10].
Activisme
Alick Tipoti s'engage activement à sensibiliser le public aux dangers de la crise climatique dans le détroit de Torrès, ainsi qu'à la pollution par le plastique des océans. Son exposition pour « Taba Naba - Australia, Oceania, Arts of the Sea People » présentée au Musée océanographique de Monaco à partir de 2016[5], le met en contact avec le prince Albert II de Monaco, fervent défenseur de l'environnement. Celui-ci se rend ensuite dans le détroit de Torrès et séjourne chez Tipoti et sa famille[11].
En 2021, sort le long métrage documentaire Alick and Albert, réalisé par la productrice de Brisbane Trish Lake[11] et co-écrit par Tipoti[12]. Il présente les histoires des Badulgals de l'île Badu et des Monégasques de Monaco, tous préoccupés par le changement climatique et l'avenir des océans[13]. La majeure partie du tournage a pu être réalisée avant que la pandémie de COVID-19 de 2020-2021 ne restreigne les déplacements. Le film a été présenté en avant-première mondiale au Festival international du film de Brisbane en [14].
Prix et reconnaissance
Alick Tipoti a reçu de nombreuses distinctions, dès ses études et au début de sa carrière. Il a été nommé étudiant en art de l'année du Townsville Pimlico TAFE College en 1993 et boursier de l'année du Territoire de la capitale australienne après ses études à l'ANU en 1997. En 1998, il a remporté le prix Lin Onus pour la jeunesse lors de la 4e édition du National Indigenous Heritage Art Award[4].
Parmi les autres récompenses[4] :
- Prix NAIDOC (en) :
- 1999 : Prix culturel senior du détroit de Torrès
- 2009 : Prix culturel senior du détroit de Torrès
- 2012 : Artiste de l'année du détroit de Torrès
- 2024 : Prix de la préservation du pays et de la culture
- Prix national d'Art des Aborigènes et des Insulaires du détroit de Torres (en) (NATSIAA)[15] :
- 2003 : 20e édition, Œuvres sur papier
- 2007 : 24e édition, Œuvres sur papier
- 2008 : 25e édition, Prix du public
- 2014 : 31e édition, Œuvres en trois dimensions, Musée et galerie d'art du Territoire du Nord, Darwin[16]
- 2001 : Prix de l'estampe de Fremantle, Prix non acquéreur[17]
- 2008 : Prix de l'estampe de Fremantle, Prix non acquéreur[18]
- 2011 : Prix ACCELERATE pour le leadership autochtone, décerné par le British Council et l’Australia Council
- 2012 : Finaliste du prix Deadly Awards, catégorie Artiste visuel de l’année
- 2021 : Prix du Réseau australien de l'industrie cinématographique, Meilleur documentaire, pour Alick et Albert[19]
- 2021 : 19e Festival international du film documentaire océanien (FIFO), Prix spécial du jury, pour Alick et Albert[20]
Expositions
Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions collectives, notamment :
- 2012 : UnDisclosed : 2e Triennale nationale d'art autochtone à la Galerie nationale d'Australie[5],[6]
- 2012 : 18e Biennale de Sydney[5]
- 2016–2017 : « Taba Naba - Australia, Oceania, Arts of the Sea People », exposant la plus grande œuvre d'art jamais réalisée par un Insulaire du détroit de Torres sur le toit du Musée océanographique de Monaco, en 2017 voyageant en Suisse[5], et à la Conférence sur l'océan aux Nations Unies à New York[11]
- 2021 : « The National », Galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud[21]
Ses expositions individuelles le plus notables sont[4] :
- 2007–2009 : « Malangu – From the Sea » : plusieurs galeries à travers le pays et à Arts d’Australie à Paris, France
- 2011 : « Mawa Adhaz Pa'ar » : des masques de sorciers, Australian Art Network Galleries à Canopy Artspace, Cairns
- 2012 : « Badhulayg » : Personne de Badu, Galerie Gabrielle Pizzi, Melbourne
- 2015 : « Alick Tipoti Zugubal: Ancestral Spirits », Galerie régionale de Cairns, Cairns[22],[23]
- 2016 : « Lagangu », Linden New Art, Melbourne
- 2020-2022 : « Mariw Minaral » (Modèles spirituels), Musée maritime national australien, Sydney
Conservation de ses œuvres
Ses œuvres sont conservées dans de nombreuses collections en Australie et dans d'autres pays, notamment[4] :
- Australie
- Art Gallery of Western Australia, Perth[24]
- Arts Centre Melbourne, Melbourne
- Australian Museum, Sydney
- Cairns Regional Gallery (en), Cairns
- Musée et galerie d'art du Territoire du Nord, Darwin
- Musée d'Art contemporain d'Australie, Sydney[2]
- Galerie nationale d'Australie, Canberra[25]
- Musée national du Victoria, Melbourne[26]
- National Museum of Australia, Canberra[27]
- Galerie d'art du Queensland, Brisbane[28]
- États-Unis
- France
- Musée des Confluences, Lyon, France[29]
- Tjibaou Cultural Centre, Nouméa
- Royaume-Uni