Alliance Base

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Alliance Base était un organisme international spécialisé dans la lutte antiterroriste, commun à un certain nombre de services de renseignement occidentaux, qui exista entre 2002 et 2009.

Contexte et création

Les attentats du 11 septembre 2001 incitent les services de renseignement des États-Unis, au premier rang desquels la Central Intelligence Agency (CIA), à redéployer leurs effectifs vers le Moyen-Orient dans le cadre d'une lutte contre le terrorisme islamiste. Du fait de son expertise reconnue sur l'Afrique et le Moyen-Orient, la France est choisie comme base opérationnelle de l'Alliance[1]. Le titre de « Base » est choisi en référence au nom de l'organisation Al-Qaïda, qui est la cible de l'Alliance[2],[3].

Le centre antiterroriste de la CIA et les services de renseignement de quelques pays alliés (France, Royaume-Uni, Allemagne, Canada, ...) ouvrent la base au printemps 2002, à Saint-Cloud. La structure permet de fluidifier les échanges de renseignements opérationnels dans le cadre de la traque des dirigeants d'Al-Qaïda. Si les responsables de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) ne sont pas très enclins pour créer cet outil, estimant que les échanges bilatéraux fonctionnaient déjà suffisamment bien et craignant que la base ne serve à couvrir des opérations noires de la CIA (extraditions illégales et traitements extrajudiciaires de prisonniers), l’Élysée finit par accepter la création de la base Alliance[4]. Si l'Alliance Base à Paris est un modèle, d'autres organismes similaires auraient été mis en place par les États-Unis et d'autres pays, comme l'Algérie[5].

Fonctionnement

L'Alliance est principalement financée par la CIA[1]. Elle est dirigée par « un général français assigné à la DGSE », Gérard Martinez[6]. La langue de travail est le français et le financement américain. Le siège aurait été relocalisé à Paris, entre les Invalides et l'École militaire[6], ou dans les anciens locaux de la DGSE aux Invalides[7].

Les services qui sont invités à rejoindre cette structure le sont en raison de leurs connaissances, jugées suffisamment pointues, dans le domaine du terrorisme islamiste. Les États-Unis étaient demandeurs d'un tel partenariat car le tout technologique avait montré ses limites et les Européens en particulier avait une plus grande expérience dans le domaine de la lutte contre des mouvements terroristes ou séparatistes (utilisation d'agents retournés, sources, agents infiltrés et surtout très bonne connaissance du milieu islamiste ce qui faisait défaut à la CIA et au FBI).

Coopération et fin

Le but de l'Alliance est de partager des renseignements au sujet d'Al-Qaïda, et analyser les mouvements terroristes transnationaux. L'Alliance aurait également contribué à lancer des opérations pour espionner ou capturer des suspects.

Si les relations politiques franco-américaines se sont singulièrement refroidies à partir de 2003 et l'invasion de l'Irak, les deux pays n’ont jamais cessé, depuis les attentats du 11 septembre 2001, de collaborer étroitement dans la lutte contre le terrorisme islamiste. La DGSE, tout comme la direction de la Surveillance du territoire (DST, contre-espionnage), ont des « relations bilatérales régulières » avec leurs homologues de la CIA et du FBI. Cette coopération, selon les sources proches des services, porte à la fois sur le renseignement classique traditionnel (sur les personnes suspectes, leurs activités, leurs déplacements…) et sur le renseignement opérationnel, « celui qui débouche directement sur le démantèlement de réseaux et des interpellations ». Alliance Base choisit méticuleusement ses « cas », détermine un pays comme théâtre d'opération et remet entre les mains des agents de ce pays la tâche d'exécuter l'opération. Les personnes interpellées sont ensuite minutieusement interrogées.

La coopération Alliance Base a été arrêtée à l'été 2009 à la suite d'une mésentente entre l'administration Obama et la communauté du renseignement[8], qui aurait eu pour conséquence le départ de l'amiral Dennis Blair, et la fermeture de la cellule[6].

Résultats

Notes et références

Voir aussi

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