Allées du parc (Dijon)
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| Allées du Parc | |
Le cours Général-de-Gaulle avec, au fond, le monument de la Victoire et du Souvenir | |
| Situation | |
|---|---|
| Coordonnées | 47° 18′ 44″ nord, 5° 02′ 41″ est |
| Pays | |
| Ville | Dijon |
| Quartier(s) | Faubourg - sud |
| Début | Place Wilson (porte des allées du Parc) |
| Fin | Parc de la Colombière |
| Morphologie | |
| Type | Cours |
| Longueur | 1 500 m |
| Histoire | |
| Création | 1671 |
| Monuments | Porte des allées du Parc |
| Protection | |
| modifier |
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Les allées du Parc sont une voie et une promenade situées dans la commune française de Dijon, en Bourgogne, qui comprennent à la fois le cours Général-de-Gaulle et le cours du Parc, séparés au milieu par le rond-point Edmond-Michelet.
L'ensemble a été inscrit au titre des Monuments et des Sites par arrêté du [1].
Les allées s’étendent sur environ un kilomètre et demi, depuis les deux piliers de la porte des allées du Parc sur la place du Président-Wilson jusqu'au parc de la Colombière[2].
Elles sont bordées de remarquables villas et d'hôtels particuliers construits à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, et d'immeubles modernes.
Historique
En 1671, la municipalité décide de tracer une grande promenade pour relier la ville depuis la porte Saint-Pierre (près de l’actuelle place Wilson) à l’entrée du parc de la Colombière, créé un an plus tôt sous l'impulsion du prince de Condé. Le jardinier Dimanche Primard est chargé par la ville du tracé de l'avenue et de ses allées. Il décède en 1672 sans avoir terminé ses plantations, qui sont poursuivies par Pommeret, Ferrand, Antoine de Maerle puis Joseph Monseigneur[3]. Cette voie devient un lieu prestigieux. Lors de son passage à Dijon en , Louis XIV déclare qu'elle est « la plus belle de mon royaume[4] ».
Sous la Révolution française, le , le rond-point est le théâtre de la fête célébrée pour la fédération des quatre départements ayant formé, en tout ou en partie, le gouvernement de Bourgogne et Bresse[5]. Sur l'autel érigé sur le rond-point, l'abbé Volfius, aumônier de la garde nationale, célèbre une messe, lors de laquelle les députés des gardes nationales des quatre départements jurent fidélité à la Nation, à la loi et au roi.
Le , Napoléon passe des soldats en revue sur le cours du Parc, avant de partir pour l'Italie et Marengo[6].
Sous la Restauration, le , un feu d'artifice est tiré depuis le rond-point pour le baptême du duc de Bordeaux, futur comte de Chambord, héritier du trône de France.
Le matin du , Napoléon III et l'impératrice Eugénie, qui font depuis la veille un voyage de deux jours à Dijon, parcourent le cours du Parc en voiture découverte[7].
Le rond-point est agrémenté d'un jet d'eau en 1868. À la même époque sont installées des bornes-fontaines.
En , des fêtes nationales se déroulent à Dijon en l'honneur du musicien Jean-Philippe Rameau, né à Dijon en 1683. Parmi les festivités (qui incluent l'inauguration de la statue de Rameau actuellement visible boulevard Clemenceau) a lieu une grande parade de cavalerie, appelée aussi carrousel, sur un terrain acquis par la ville en 1862 et attenant au rond-point du cours du Parc. Cet emplacement a gardé le nom de Carrousel qui subsiste dans le nom de la piscine du Carrousel[8].
Dans le dernier tiers du XIXe siècle et au début du XXe siècle, des villas bourgeoises et des hôtels particuliers sont construits le long du cours. Plusieurs sont bâtis par des responsables de grandes entreprises dijonnaises.
Au milieu du XIXe siècle, les Dijonnais nomment simplement le cours du Parc : le Parc[9], et ils ont coutume à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle d'appeler l'allée de droite en descendant vers le Parc : l'allée des veuves[10].
En 1922, après de nombreux débats, le maire Gaston Gérard choisit le rond-point, qu'il trouve plus prestigieux, de préférence à la place Darcy et à d'autres emplacements envisagés, pour accueillir le monument de la Victoire et du Souvenir. Cette œuvre des sculpteurs Bouchard, Dampt, Gasq et Piron est inaugurée le par le ministre de la Guerre[4].
La Foire gastronomique de Dijon, créée en 1921 par Gaston Gérard et installée initialement au centre-ville, doit bientôt s'étendre pour faire face à l'afflux de visiteurs. De 1925 à 1938, elle se tient sur la place Wilson et le long du cours du Parc[11]. Une entrée monumentale utilisant la porte des allées accueille le visiteur, qui déambule ensuite entre les stands installés de part et d'autre des allées jusqu'au rond-point.
En 1938, le site est classé monument historique[1].
Le , soit quatre jours après la Libération de Dijon, le général de Lattre de Tassigny, commandant l'Armée française du sud (ex-armée B et future Première Armée) dépose devant le monument de la Victoire et du Souvenir une gerbe et remet des décorations ; après quoi, depuis une estrade cours du Parc, il préside un important défilé de troupes régulières, de FFI et de blindés[12]. Sont également présents les généraux de Monsabert, Touzet du Vigier commandant la 1re DB (Division blindée) et Brosset à la tête de la 1re DFL (Division française libre)[13].
Le , une semaine après la mort du général de Gaulle, le maire de Dijon et son conseil municipal décident de donner à la partie du cours du Parc située de la place Wilson au rond-point, le nom de cours Général-de-Gaulle. En 1972, le rond-point reçoit le nom d'un résistant, Edmond Michelet. Ces dénominations ont l'inconvénient de diviser en trois parties un ensemble qui initialement était d'un seul tenant.
À partir des années 1970, des promoteurs construisent de grands immeubles sur les terrains libres ou à la place de maisons considérées comme dépourvues d'intérêt. Pour éviter que les allées ne soient dénaturées, la municipalité édicte en 1988 des règles d'urbanisme plus strictes, et interdit la démolition de dix-sept villas parmi les plus intéressantes.
De nos jours, les allées du Parc, qui sont un lieu fréquenté des promeneurs[14] et des sportifs, accueillent chaque année plusieurs évènements notables comme le Marathon des Grands Crus[15], des vide-greniers, des compétitions sportives ainsi que la cérémonie officielle et le défilé militaire du 14 Juillet[16].
Maisons remarquables
Maisons remarquables[17] :
- Au n°4 ter cours Général-de-Gaulle, la maison se composait initialement d'une aile, proche du cours, qui a été surélevée à partir de 1869 pour Charlotte Viennot. Son balcon d'angle, la fenêtre et les décors qui entourent celle-ci s'inspirent du Louis XV. Charlotte Viennot a fait également construire derrière cette aile une tour abritant un escalier, et une aile attenante. Les intérieurs ont alors été luxueusement aménagés et décorés.
- Au n°11 cours Général-de-Gaulle, un bâtiment d'un seul niveau, couvert d'une terrasse, existait à la fin du XIXe siècle ; il est acheté en 1883 par Louis L'Héritier-Guyot. En , les frères L'Héritier demandent à surélever d'un étage avec mansarde cette maison. Le perron est couvert d'une marquise métallique. Le rez-de-chaussée abritait les bureaux de l'entreprise de distillerie L'Héritier-Guyot.
- Au n°13 cours Général-de-Gaulle, le corps central de la maison a été construit entre 1846 et 1849 pour Pierre Fleurot (1800-1849), directeur du jardin botanique de Dijon, professeur d'histoire naturelle médicale à l'école préparatoire de médecine de Dijon. En 1887, cette maison est acquise par les frères Ernest et Édouard L'Héritier, propriétaires de l'entreprise de distillerie L'Héritier ; en 1904, ils demandent l'autorisation d'agrandir leur villa d'une aile nord. Celle-ci est décorée en 1905 de riches sculptures : tête de femme sur la partie supérieure de la fenêtre du rez-de-chaussée et chutes de fruits sur les montants ; têtes de lion sur le balcon du premier étage ; chutes de fruits et de fleurs sous la corniche passant sous la toiture ; cartouche entouré de végétaux sur la lucarne de pierre de l'étage de combles. En 1924, Ernest L'Héritier et la veuve d'Édouard L'Héritier vendent la maison à la société L'Héritier-Guyot, qui fabrique notamment du cassis.
- Au n°13 bis cours Général-de-Gaulle, l'hôtel particulier a été construit entre 1900 et 1904 par Simon dit Auguste Fournier-Faucher (1848-1915), entrepreneur de travaux publics, maire de Dijon de 1900 à 1904.
- Au n°15 cours Général-de-Gaulle, la maison à façade où la brique rouge alterne avec des corniches, des encadrements de fenêtres et des chaînes d'angle en pierre, a été bâtie en 1870 à la demande de l'horticulteur Edme Henry, époux d'Adélaïde Jacotot, qui était la fille de Jacotot, inventeur en 1850 de la rose Gloire de Dijon.
- Au n°17 bis cours Général-de-Gaulle, la maison a été construite dans les années 1840 par l'architecte Henri Degré pour Salomon Caen et son épouse Sophie Stern. En 1853, cette maison passe à Pierre Bertrand qui installe dans la propriété une fabrique de moutarde. Sur des pots en faïence de ce produit, la façade de la maison est représentée ; le musée de la Vie Bourguignonne en possède. En 1859, le poète Frédéric Mistral est venu dans cette maison. En 1881, la villa est acquise par Jules Chaume et son épouse Louise Marchand, qui l'agrandissent en la faisant doubler sur l'arrière.
- Au n°19 cours Général-de-Gaulle, la villa a été construite entre 1878 et 1882 pour Joseph Gardot, directeur de la fabrique d'encres Gardot. Il a vendu dès 1884 la maison à Paul Cunisset-Carnot (1849-1919), gendre du président de la République Sadi Carnot, avocat général, puis procureur de la République, puis procureur général, puis premier président à la cour d'appel de Dijon en 1898, également écrivain et historien bourguignon. C'est probablement Cunisset-Carnot qui a fait sculpter la lettre C dans le cartouche du fronton curviligne du corps principal et qui a fait décorer l'un des grands salons du rez-de-chaussée avec des C entrelacés et des blasons. Il a fait aussi bâtir en 1899 la loge de concierge, au bord du cours, à gauche de l'entrée. En 1920, ses enfants revendent la maison à l'une des filles de Joseph Gardot ; celui-ci y passe ses dernières années et s'y éteint en 1926. En 1954, la villa est vendue à l'État qui l'affecte à l'Armée de l'Air, jusqu'à ce que l'État s'en sépare en 2019.
- Au n°21 cours Général-de-Gaulle, la remarquable villa Pastrie est construite entre 1888 et 1891 pour Joseph Pastrie (1847-1911), qui a été entrepreneur de travaux publics puis fondateur d'une fabrique de produits chimiques. Les piliers de pierre de son portail ont conservé leurs vases métalliques d'origine. Au bord du cours, un kiosque a été bâti en même temps que la maison. Au début des années 2010, un promoteur a détruit les communs et les dépendances de la villa pour édifier derrière elle un immeuble, « les allées Saint-Pierre », opération qui a été très contestée.
- Au n°22 cours Général-de-Gaulle, la maison se composait initialement de la seule partie sud (à gauche) ; elle avait été acquise en 1883 par l'ingénieur Hippolyte Fontaine. Celui-ci a donné la propriété en 1892 à sa sœur Claudine, épouse de Louis Huret. Claudine Fontaine-Huret a fait agrandir la maison en lui ajoutant au nord un bâtiment curieux, dont le premier étage s'orne de colombages protégés par un grand avant-toit en menuiserie.
- Au n°27 bis cours Général-de-Gaulle, la villa comporte un corps central construit en 1880 par le fabricant de chapeaux Louis Laurent. Elle est acquise en 1893 par Léon Bidault (1837-1912), ingénieur des Ponts et Chaussées, conseiller général de la Côte-d'Or, qui lui ajoute une élégante aile sud en pierre de taille, inspirée du Louis XVI.
- Au n°31 cours Général-de-Gaulle, la remarquable maison à façade où alternent la pierre de taille et la brique, sous un comble d'ardoise, est édifiée au début des années 1880 pour l'entrepreneur de travaux publics Pierre Fournerie, sans doute par l'architecte Alfred Chevrot. Le mur de clôture, le portail avec ses piliers qui eux aussi ont conservé leurs vases d'origine, est édifié vers 1883 par Alfred Chevrot. En 1986, un promoteur envisage de démolir la maison ; cette menace incite la municipalité de Dijon à fixer des règles pour la préservation des plus belles villas des allées du Parc.
- Au n°40 cours Général-de-Gaulle, Fernand Gardey (1847-1898) acquiert en 1880 la maison qui borde le cours, et fait construire à l'arrière une demeure, reliée à la précédente par une tour à haute toiture d'ardoise, renfermant l'escalier qui dessert les deux ailes.
- Au n°44 cours Général-de-Gaulle, la villa est bâtie en 1906 et 1907 par l'entreprise Fournier-Faucher pour Irma Janon (1850-1918), qui était la veuve de Fernand Gardey (propriétaire du n°40). La façade en pierre s'orne, sous la toiture, de cabochons émaillés. La maison a été vendue en 1920 à Jules Gérault et Jane Carion, qui y ont vécu quelques années ; ils étaient propriétaires du grand magasin du Pauvre Diable, rue de la Liberté.
- Au n°1 cours Général-de-Gaulle, une petite maison en briques est édifiée en 1896 au bord du cours par le négociant dijonnais Marcel Grandjean ; le pavillon en briques visible de nos jours en est un vestige. Le terrain est acquis en 1908 par Claude Landry qui dépose en 1910 une demande pour construire la maison. Cette date de 1910 est gravée en chiffres romains au sommet de la façade bordant le cours. Sur une autre façade, un médaillon est sculpté des initiales entrelacées L B, qui sont celles de Claude Landry et de son épouse Rosalie Bols, d'origine belge. Vers 1957, le nouveau propriétaire, Joseph Roux, fait démolir une ancienne véranda métallique pour la remplacer par la pergola qui est toujours visible.
- Au n°2 cours du Parc, le terrain sur lequel s'était déroulé le carrousel de 1876 a été utilisé pour aménager la piscine du Carrousel, inaugurée en 1953. Celle-ci est reconstruite et modernisée de 2017 à 2019, et la plupart des clôtures qui la dissimulaient sont alors supprimées, avec un très médiocre résultat esthétique, vu depuis le cours et le rond-point Edmond-Michelet.
- La très belle maison du n°5 cours du Parc est construite en 1900 par François Corvée, directeur des aciéries de Makievka en Russie. François Corvée n'a pas habité la villa, qu'il louait.
- Au n°10 cours du Parc s'élève la villa de l'écrivain Édouard Estaunié (1862-1942), de l'Académie française, commandeur de la Légion d'honneur, président de la Société des gens de Lettres de 1926 à 1929, auteur notamment du roman Les choses voient. Estaunié a fait construire cette maison en 1926, année qui a suivi sa réception à l'Académie française. La villa, dont l'architecte était Charles Danne, fut terminée en 1927. L'écrivain l'appelait « La Maison du Sage » et faisait figurer ce nom sur son papier à lettres. Il y a reçu notamment Gaston Roupnel et la poétesse Marie Noël. C'est à propos de cette demeure qu'il écrit en 1937, dans ses Souvenirs : « Promenade dans la maison [...]. En dépit des murs presque neufs, tous les meubles parlent[18] ».
- Au n°41 cours du Parc, la villa Le Bois Fleuri a été érigée en 1911 et 1912 par l'architecte Louis Perreau pour Lucien Richard (1858-1930), directeur de l'entreprise dijonnaise des biscuits Pernot, conseiller municipal, juge au tribunal de commerce, président de la chambre de commerce de Dijon, administrateur de la Banque de France. La villa, au plan complexe, mêle plusieurs styles : réminiscences médiévales, classicisme et Art nouveau. Elle est munie d'une tourelle d'angle couverte d'un toit polygonal, de balustrades classiques, d'un toit à tuiles vernissées et, sous l’avant-toit, d’une frise de motifs végétaux en mosaïque[19]. En 1913, lors du mariage d'une fille de Lucien Richard, le poète Stéphen Liégeard, invité aux noces, a ce vers heureux : « Le Bois-Fleuri va perdre une de ses corolles[20] ». La villa a été conservée lors de la construction en 1989 et 1990 d'une maison de retraite, Les jardins d'Arcadie, dans laquelle elle est englobée.