Alphabet de Ben Sira
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L'Alphabet de Ben Sira (latin : Alphabetum Siracidis ; hébreu : Othijoth ben Sira) est un texte médiéval anonyme, faussement attribué à Jésus ben Sira, l'auteur du Siracide. Il est daté en réalité entre 700 et 1000 de notre ère. Il est composé de deux listes de proverbes : vingt-deux en araméen, et vingt-deux en hébreu, les deux disposés en acrostiches alphabétiques. Chaque proverbe est suivi d'un commentaire haggadique[1].
L'Alphabet de Ben Sira a pu être qualifié de satirique, dans la mesure où il aborde les sujets de la masturbation, de l'inceste et des flatulences. Le texte a été traduit en latin, yiddish, judéo-espagnol, français et allemand.
L'œuvre est surtout connue pour avoir popularisé le personnage de Lilith, la « première femme » avant Ève.

Ils constituent de loin la partie la plus ancienne de l'ouvrage. Cinq d'entre eux ont été identifiés dans la littérature talmudique-midrashique. Les commentaires hébreux commentant les proverbes avec des fables sont beaucoup plus récents.
Traduction[2] :
- 1. Honore le médecin avant d'avoir besoin de lui (Ecclésiastique 38:1) ;
- 2. Si un fils ne se conduit pas comme un fils, laisse-le flotter sur l'eau ;
- 3. Ronge l'os qui t'échoit, qu'il soit bon ou mauvais ;
- 4. L'or doit être martelé et l'enfant doit être battu ;
- 5. Sois bon et ne refuse pas ta part du bien ;
- 6. Malheur au méchant et malheur à ses compagnons ;
- 7. Jette ton pain sur les eaux et sur la terre, car avec le temps tu le retrouveras (Ecclésiaste 11:1) ;
- 8. As-tu vu un cul noir ? [Puis] il n'était ni noir ni blanc ;
- 9. N'accorde rien de bon sur ce qui est mal et aucun mal ne t'arrivera ;
- 10. Ne retiens jamais ta main de faire le bien ;
- 11. La mariée entre dans la chambre nuptiale et, cependant, ne sait pas ce qui va lui arriver ;
- 12. Un coup d'œil suffit au sage ; à l'imbécile il faut un coup de bâton (Voir Proverbes 22:15) ;
- 13. Celui qui honore qui le méprise est un âne ;
- 14. Un petit feu peut embraser une grande forêt (Jacques 3,5) ;
- 15. Une vieille dans une maison est un bon présage pour la maison ;
- 16. Une bonne caution doit être appliquée à une centaine de lendemains ; une mauvaise à cent mille.
- 17. Lève-toi rapidement de la table et tu éviteras les disputes.
- 18. Dans les affaires, traiter seulement avec les supérieurs.
- 19. Si les marchandises sont à portée de main, le propriétaire les consomme, mais si elles sont au loin, elles le consomment.
- 20. Ne désavoue pas un vieil ami.
- 21. Que tu aies soixante conseillers, fie-toi toujours à ta propre opinion.
- 22. Que celui qui a été satisfait puis a eu faim te donne la main, et non pas celui qui a eu faim et a ensuite été satisfait.
Le second alphabet
En écho à la première partie, le second alphabet comporte vingt-deux proverbes hébreux. Toutefois, ceux-ci sont de nature très différente de la première partie, et sont beaucoup plus récents. La moitié de ces proverbes sont empruntés au Talmud et sont des prétextes à introduire des légendes sur la vie de Ben Sira.
Ben Sira est présenté comme fils du prophète Jérémie. Sa renommée aurait atteint Nabuchodonosor lequel l'aurait appelé à sa cour. Nabuchodonosor aurait soumis Ben Sira a diverses épreuves, lequel aurait répondu avec vingt-deux histoires. Certaines de ces fables relèvent de la tradition chrétienne et d'autres de la Pañchatantra indienne.
