Alphonse Mairey
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Jules Alphonse Mairey |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Enfant | |
| Parentèle |
Joseph Cernesson (d) (beau-père) |
| Idéologie | |
|---|---|
| Grade militaire | |
| Conflit | |
| Distinctions |
Alphonse Mairey, né le à Froideconche en Haute-Saône et mort pour la France à Perthes-les-Hurlus dans le département de la Marne, le , est un professeur agrégé et géographe français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Jeunesse et formation
Jules Alphonse Mairey, né le à Froideconche[1], est le fils de Paul Joseph Mairey (1849-1881), cultivateur et meunier et de Marie Delphine Stéphanie Galmiche (1853-)[2].
Tout jeune, il perd son père, victime d'un accident au moulin[1], mais suit néanmoins des études en suivant les déplacements d'un de ses oncles employé comme sous-économe. Il est ainsi élève aux lycées de Bar-le-Duc, de Lons-le-Saunier et de Nancy où il obtient son baccalauréat. Il vient ensuite à Paris au lycée Lakanal puis à la faculté des lettres de la Sorbonne[3] où il obtient une bourse en 1896 pour s'inscrire en licence d'histoire[4].
Il fait son service militaire de à au 117e régiment d'infanterie d'où il sort avec le grade de caporal[5], et obtient la licence ès lettres en 1900. Il prépare ensuite le concours de l'agrégation d'histoire et géographie qu'il réussit en 1902[3].
Professeur, pédagogue et socialiste militant
Il revient comme professeur au lycée de Lons-le-Saunier en pour y commencer sa carrière[1]. C'est l'année suivante qu'il fait la connaissance de Maurice Fallex, alors professeur au lycée Louis-le-Grand, qui recherche un professeur pour l'aider à achever le Nouveau cours de géographie que doit publier la librairie Delagrave pour remplacer les anciens manuels de géographie scolaires[3].
Le , il épouse Marie Anne Cernesson (1884-1963) à Lons-le-Saunier[6], avant d'être nommé au lycée de Dijon en [1]. Le couple aura trois enfants dont Jean Mairey, futur compagnon de la Libération et préfet. Marie-Anne épousera Robert Delavignette en 1931.
Nommé maître de conférences, chargé d’un cours de géographie à la faculté des lettres de Dijon, il poursuit la publication d'ouvrages scolaires avec Maurice Fallex et commence une thèse sur la géographie économique de la Bourgogne[1].
Après la classe, il s'investit dans l'animation du Cercle laïque dijonnais où il crée en 1909 le « post-scolaire de garçons »[7].
En parallèle, il s'engage en politique. Maurice Fallex le qualifie de « partisan du socialisme international et de la paix universelle »[8]. Gendre de Joseph Cernesson[9], qui est professeur de mathématiques et militant du mouvement coopératif, il devient secrétaire de la première fédération coopérative de la Côte-d’Or vers 1910[1]. Il collabore au Rappel socialiste, organe de la fédération socialiste de la Côte-d'Or, y rédigeant des articles de polémique et de politique étrangère[8]. En , il est élu conseiller municipal de Dijon aux côtés de Jean-Baptiste Bouhey-Allex et de Henri Barabant[1].
Il est proche de Jean Jaurès comme le rappelle Fernand Bouisson, président de chambre de députés, lors de l'inauguration de la statue de Jaurès à Venarey-les-Laumes en : « Jean Jaurès aimait la Côte-d'Or et Dijon, où le regretté Alphonse Mairey lui servit si souvent de guide ». Quelques jours avant qu'éclate la Première Guerre mondiale, Jean Jaurès de retour d'une réunion socialiste internationale s'arrête à la gare de Dijon pour rencontrer Alphonse Mairey. Son épouse Marie-Anne se souvient des propos que lui rapporte son mari : « Je viens de connaitre, dit-il à mon mari, la plus grande tristesse de ma vie ; les délégués allemands m'ont dit : "L'insurrection est impossible, d'ailleurs les armements français sont insuffisants, renoncez Jaurès, vous êtes perdus" »[10].
Lieutenant d'infanterie pendant la Première Guerre mondiale
Début , il est mobilisé à Épinal comme sergent au 58e régiment d'infanterie territoriale. Il obtient de passer dans l’armée active après le bombardement de la cathédrale de Reims et est affecté au 80e régiment d'infanterie. Il participe aux combats dans les Flandres, devant Ypres. Nommé sous-lieutenant en , son régiment passe quelques semaines au nord de Chaulnes en Picardie avant de partir pour Perthes-les-Hurlus en . Le , il est promu lieutenant, responsable d'une compagnie et adjoint au colonel[8]. Son action lui vaut la médaille de chevalier de la Légion d'honneur en et cette citation à l'ordre de la division : « Officier de premier ordre. Au cours des combats et opérations auxquels le 80e prend part depuis le , sa compagnie a été constamment employée par le chef de bataillon aux points les plus critiques et les plus importants. Son chef s'est révélé d'une audace, d'un sang froid, d'une initiative et d'une maturité de commandement remarquables »[11].
Pendant une permission de six jours début , il rend visite à Maurice Fallex au lycée Louis-le-Grand et à sa famille à Dijon. De retour dans les tranchées le , Alphonse Mairey est tué le d'une balle dans la tête à Perthes-les-Hurlus, au moment où il se dresse hors de la tranchée pour observer les travaux en avant de celle-ci[11],[12].
La citation à l'ordre de l'armée en précise les circonstances : « cité à l'ordre du corps d'armée le et à l'ordre de la division le . Décoré de la Légion d'honneur, faits de guerre, le . Officier d'une bravoure et d'un patriotisme admirables. Tué le , d'une balle à la tête au cours d'une reconnaissance qu'il effectuait dans les tranchées de première ligne, à 20 mètres de l'ennemi »[13].
Il est inhumé à la Nécropole nationale de Suippes-Ville (tombe individuelle 2224)[14].
Œuvres principales
- La France et ses colonies (Nouveau cours de géographie), avec Maurice Fallex, 1902
- L'Europe (moins la France), au début du XXe siècle, avec Maurice Fallex, 1906
- Europe et Asie, avec Maurice Fallex, 1908
- Géographie (première année) : Principaux aspects du globe - la France, avec J. Rambaud et Maurice Fallex, 1912
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur, arrêté du à effet au .
Hommages
- Le nom d'Alphonse Mairey est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[15].
- Son nom figure sur les plaques commémoratives du collège Rouget-de-Lisle à Lons-le-Saunier, du lycée Raymond Poincaré à Bar-le-Duc ; du lycée Carnot, de la faculté de lettres et de l'Église Saint-Michel à Dijon ; de la Sorbonne à Paris et du lycée Lakanal à Sceau[16].
- On compte plusieurs rues nommées en son honneur dans la Côte-d'Or : à Dijon[17], Chenôve[18] et Venarey-les-Laumes[19].
- À partir de 1923, la ville de Dijon organise un Challenge Alphonse Mairey, compétition d'athlétisme avec des épreuves de 100 m, 400 m, 1500 m, saut en longueur, saut en hauteur et lancer du poids[20],[21].