Amélie de Hesse-Darmstadt
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Église Saint-Michel (d) |
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Charles-Louis de Bade (à partir de ) |
| Enfants |
Princesse Amélie de Hesse-Darmstadt fut princesse héréditaire de Bade, par son mariage avec le prince héréditaire de Bade Charles Louis. Elle eut une grande influence sur son gendre le tsar Alexandre Ier de Russie.
Jeunesse

Amélie est la fille du landgrave Louis IX de Hesse-Darmstadt et de Caroline de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld.
Son père, le landgrave consacra son règne à développer l’armée du roi Frédéric-Guillaume II de Prusse. Il était également officier dans l'armée prussienne et c'est pour cette raison qu'Amélie naquit le à Prenzlau[1], ville où stationnait le régiment de son père. La mère de la princesse Amélie était une princesse cultivée qui fit l'admiration de toute l'Europe. Elle inspirait de même de l'estime de Frédéric II de Prusse, étant la seule femme avec laquelle il correspondait.
La tsarine Catherine II de Russie invita en 1772 la landgravine et ses trois filles : Amélie, Louise et Wilhelmine à la cour de Saint-Pétersbourg[2] en vue d’un mariage avec le tsarévitch Paul Petrovitch. C'est Wilhelmine qui fut choisie.
Ce faisant, les princesses de Hesse, belles-sœurs du prince royal de Prusse et du tsarévitch, devenaient des partis de plus en plus intéressants. Louise épousa le duc Charles-Auguste de Saxe-Weimar-Eisenach tandis qu'Amélie épousait le son cousin Charles-Louis, prince héréditaire de Bade.
Vie dans l'état de Bade


Le margraviat de Bade était un petit état morcelé sur les bords du Rhin frontalier avec le Royaume de France.
Son mari etant le fils du margrave Charles Frédéric et de la princesse Karoline Luise de Hesse-Darmstadt, après la mort de son père, il devint le 1er grand-duc de Bade.
La vie à la cour de Bade lui parut bien provinciale en comparaison des cours de Berlin et de Saint-Pétersbourg. Les relations avec sa belle-mère et tante, la margravine Caroline-Louise etaient tendues, se plaignit de la froideur de son beau-père et de l'immaturité de son mari.
Amélie mit au monde sept enfants dont l'un mourut au berceau :
- Catherine Amélie Christiane Louise (-)
- Caroline de Bade (-1841), épousa en 1797 Maximilien Ier de Bavière (1756-1825) et fut la grand-mère de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche ;
- Louise Augusta de Bade (1779-1826) (Elisabeth Alexeïevna pour la religion orthodoxe), elle épousa en 1793 le tsar Alexandre Ier de Russie (1777-1825)
- Frédérique de Bade (1781-1826), en 1797 elle épousa le roi Gustave IV Adolphe de Suède (divorce en 1812) dont Sophie mariée en 1819 à Léopold de Hochberg
- Marie de Bade (1782-1808), en 1802 elle épousa Frédéric-Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel (1777-1815)
- Charles Frédéric de Bade (1784-1785)
- Charles II de Bade, grand-duc de Bade épousa en 1806 Stéphanie de Beauharnais (1789-1860), princesse impériale de France
- Wilhelmine de Bade (1788-1836), en 1804 elle épousa le grand-duc Louis II de Hesse-Darmstadt dont Marie épouse en 1841 le tsar Alexandre II de Russie.
En 1783, Amélie tint le rôle de première dame à la mort de sa belle-mère jusqu'au mariage de son fils en 1806.
L'ombre de l'Europe
Deux années plus tard, la révolution éclata en France. Le margraviat de Bade, frontalier du Royaume, voyant avec crainte les évènements se précipiter, accorda l'asile à de nombreux nobles français, notamment au Duc d'Enghien prince du sang. Le prince Français âgé de 20 ans cherchait une épouse et jeta son dévolu sur Caroline. De crainte de froisser les français depuis peu républicains, le margrave préféra refuser cette alliance qui eût été autrefois des plus brillantes. Il trouva aussi rapidement une protectrice dans la puissante tsarine de Russie.
En effet, la tsarine Catherine II de Russie, toujours soucieuse de marier intelligemment ses descendants et de porter son influence au cœur des États allemands et jusqu'à la frontière française, songea à la jeune princesse Louise-Auguste comme épouse pour son petit-fils le futur tsar Alexandre Ier. Le mariage eut lieu dès 1793. Les mariés étaient âgés de 16 et 14 ans. Amélie s'employa à tisser des liens étroits avec son nouveau gendre, sur lequel elle exerça une profonde influence.
À son tour, cette union brillante en provoqua d'autres : tandis que les députés Français trainaient en justice et condamnaient à mort le couple royal, les troupes françaises déferlaient sur l'Europe, Caroline épousait en 1796 le duc Maximilien de Deux-Ponts, héritier de l'électeur de Bavière, Frédérique épousait en 1797 le roi Gustave IV de Suède. Marie épousa en 1802 le duc de Brunswick et Wilhelmine en 1804, son cousin le landgrave de Hesse-Darmstadt. Seule l'aînée, Amélie, sœur jumelle de Caroline, resta célibataire.
Si la margravine héréditaire Amélie eut une grande influence sur le futur tsar, il n'en fut pas de même pour le roi de Suède. En effet, Gustave IV s'était épris d'une sœur du tsar. Or celui-ci ne voulait pas d'une alliance avec la Suède. Des différences de religion rendaient également difficiles la concrétisation de l'union et servirent de prétexte à l'abandon du projet. Le roi de Suède gardait sa rancune envers la Russie. Néanmoins, le mariage du roi de Suède avec une belle-sœur du tsar n'était qu'une manœuvre diplomatique pour rapprocher la Suède de la Russie.
Amélie tenta d’obtenir la réconciliation de ses gendres; mais le roi de Suède n'y fut pas sensible. Destitué en 1809 après une guerre désastreuse contre la Russie, le couple royal et ses enfants trouva refuge en Bade mais divorça en 1812. La margravine Amélie s'occupa d'assurer à sa fille un train de vie correspondant à son rang et de l'éducation de ses petits-enfants[3].
L'héritier

En 1801 à la faveur de l'accession au trône de leur gendre, Amélie se rend en Russie faire une visite à sa fille Louise, l'impératrice Élisabeth, avec sa famille. Puis, elle rend visite à sa seconde fille, la reine Friederike de Suède, en Suède en . Amélie fut décrite comme spirituelle, intelligente et juste[4]. C'est justement lors de cette visite qu'elle tenta de réconcilier les monarques russe et suédois en vue d'une paix.
Ils visitèrent le palais de Drottningholm et le château de Gripsholm. Amélie se lia d'amitié avec Hedwige Élisabeth Charlotte de Holstein-Gottorp , ce qui déplut au roi[4].
En , lors d'une course en traîneau, son mari se tue. Début 1802, Amélie est admise dans la loge de la Rose Jaune de Karl Adolf Boheman, branche des francs-maçons. Elle reste en Suède près de sa fille jusqu'en [5].
N'ayant plus aucun espoir de monter sur le trône de Bade, Amélie plaça toutes ses ambitions sur son unique fils, Charles, 16 ans. Ce qui pesait à l’adolescent.
Il se confia à son oncle le prince Louis, qui avait toute la confiance du margrave régnant.
Le jeune margrave, beau-frère du tsar de Russie et du roi de Suède, affichait une admiration pour le premier Consul Napoléon Bonaparte qu'Amélie abhorrait. Elle était une opposante de ce dernier, et c'est pour cette raison qu'elle a tenté d'empêcher le mariage forcé de son fils à Stéphanie de Beauharnais. Il était dit d'elle qu'elle était "aimable et amusante, passionnée de politique et partageait ses opinions. Elle pouvait, par son ambition et sa volonté de force, rivaliser avec Catherine II"[6].
En vain, puisque le mariage aura lieu en 1806. A partir de ce moment là, elle se retire dans son château de Bruchsal, dans le Kraichgau, 4 mois tous les étés[7].
Contexte politique


À la suite du traité de Lunéville, le recès de la Diète d'Empire de 1803, influencé par la France et la Russie, avait profondément remanié la carte de l'Allemagne, supprimant la plupart des villes libres, les principautés ecclésiastiques et les petits états qui avait été donnés en compensation aux souverains dont les possessions étaient devenues Françaises. De même le nombre de membres du collège électoral fut augmenté au bénéfice de princes forcément reconnaissants envers la France.
Ainsi Bade obtint une grande partie du Palatinat arraché à la Bavière et de la principauté ecclésiastique de Spire avec le Château de Bruchsal qu'affectionna Amélie.
En 1804, des troupes françaises s'introduisent clandestinement dans le margraviat et enlevèrent le duc d'Enghien qui, ramené à Paris, fut exécuté après un procès sommaire. Cet acte causa un scandale en Europe mais n'ébranla pas le pouvoir de Napoléon.
En 1806, acculé par la défaite l'empereur François II abdique et dissout le Saint-Empire fondé en 962 par Othon Ier. Napoléon impose son pouvoir à l'Allemagne en créant la confédération du Rhin dont il se déclare protecteur. Le margrave régnant de Bade s'appuye sur son fils Louis et ses pairs qui adhèrent au pouvoir de l'empereur français.
Amélie empêche cependant son fils Charles de suivre l'empereur des Français dans une nouvelle campagne, l'électorat devient un grand-duché.

Sa fille Caroline était devenue reine de Bavière pour resserrer les liens entre Bavière et Bade. Et son fils Charles avait été fiancé à la princesse Augusta de Bavière. Or Napoléon voulait l'alliance de la maison de Wittelsbach et avec l'aide de Louis de Bade, il "défiança" le jeune Charles et lui donna comme épouse Stéphanie de Beauharnais qu'il adopta et fit "princesse impériale".
Quand en 1811, Charles succède au trône de Bade, Amélie lui demande de s'opposer à Napoléon. Notamment d'empêcher son invasion de la Russie dont sa sœur était la tsarine. Son fils restera pourtant un fidèle allier de l'empereur français.
En 1815, Amélie profita de l'influence qu'elle exerçait sur son gendre le tsar Alexandre Ier pour conserver à Bade ses acquisitions lors du Congrès de Vienne [8]qui réorganisait l'Europe après la chute de l'empire Français.
Amélie n'avait pu empêcher le mariage de son fils mais, après la chute de l'empire, malgré les pressions familiales, le jeune grand-duc refusa de se séparer de son épouse. D'abord très éloigné l'un de l'autre, Charles et Stéphanie s'étaient peu à peu rapprochés et de leur mariage étaient nés trois filles et deux fils dont l'aîné mourut au berceau dans des conditions étranges.
En 1807, Amélie envoya à sa fille, la reine Frédérique de Suède, une lettre de sa deuxième fille, l'impératrice de Russie, dans le but de convaincre Frédérique d'user de son influence pour persuader son époux de faire la paix entre la Suède et Napoléon, ce qui fut sans succès[9].
La question de la succession au trône se posait. En 1817, celui-ci décida que ses grands-oncles Hochberg seraient dynastes. Pour affermir les droits de l'aîné d'entre eux, on le maria prestement à la princesse Sophie de Suède.
Fin de vie


Retirée à Bruchsal, loin des intrigues de la cour depuis le mariage de son fils, Amélie se prit d'affection pour Stéphanie de Beauharnais qui s'était montrée bonne épouse et une mère attentive.
Ayant fort brillamment marié ses filles, Amélie eut le bonheur de voir ses petites-filles occuper les trônes européens[10]. Les filles de Caroline, Amélie et Marie, furent reines de Saxe, Élisabeth, reine de Prusse, et Sophie, en épousant en 1824 l'archiduc François-Charles d'Autriche, devint la mère de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche. La cadette, Ludovika, ne porta pas la couronne mais fut la mère de la célèbre Sissi, de la reine Marie de Naples et de la duchesse d'Alençon.
En 1830, la fille aînée de Charles, Louise de Bade, épousa son cousin Gustave, prince de Vasa, le fils aîné de la reine Frédérique, qu'Amélie continuait de présenter comme prince héritier de Suède au grand dam des Bernadotte.
En 1828, un adolescent devint célèbre en Bavière sous le nom de Kaspar Hauser et son histoire fit le tour de l'Europe. Ses protecteurs crurent reconnaître en lui le fils aîné du grand-duc Charles et de la grande-duchesse Stéphanie proclamé mort subitement en 1812. La grande-duchesse douairière Stéphanie, qui le vit de loin, lui trouva une certaine ressemblance avec son mari et fut convaincue qu'il était son fils. Le jeune homme fut assassiné en 1833 dans des conditions aussi mystérieuses que celles de son apparition.
Amélie ne vécut pas assez longtemps pour connaître ce jeune homme énigmatique. Elle était décédée le à Bruchsal.
Liens externes
Notes et références
- ↑ « Amélie de Hesse-Darmstadt », sur www.pagedhistoire.com (consulté le )
- ↑ Benjamin Warlop, « La famille de Hesse-Darmstadt - », (consulté le )
- ↑ Hedvig Elisabeth Charlottas dagbok Le journal d'Hedvig Elizabeth Charlotte en suédois. Vol. VII 1800-1806. Traduit par Cecilia af Klercker. Stockholm : PA Norstedt & Söners förlag. p. 758 et 763
- 1 2 (sv) Charlottes, Hedvig Elisabeth Traduit par Cecilia af Klercker, Hedvig Elisabeth Charlottas dagbok - Le journal d'Hedvig Elizabeth Charlotte, Stockholm, par Klercker, Cecilia (éd.), 140 p., Vol. VII 1800-1806
- ↑ (sv) Charlottes, Hedvig Elisabeth Traduit par Cecilia af Klercker., Le journal d'Hedvig Elizabeth Charlotte, Stockholm, Klercker, Cecilia (éd.), vol. vii 1800-1806, p. 145
- ↑ Hedvig Elisabeth Charlottas dagbok Le journal d'Hedvig Elizabeth Charlotte en suédois. Vol. VII 1800-1806. Traduit par Cecilia af Klercker. Stockholm : PA Norstedt & Söners förlag. p. 275
- ↑ wikiReact.com, « Palais de Bruchsal », sur wikiland.org (consulté le )
- ↑ Hedvig Elisabeth Charlottas dagbok Le journal d'Hedvig Elizabeth Charlotte en suédois. Vol. VII 1800-1806. Traduit par Cecilia af Klercker. Stockholm : PA Norstedt & Söners förlag. p. 502
- ↑ Hedvig Elisabeth Charlottas dagbok - Le journal d'Hedvig Elizabeth Charlotte en suédois. Vol. VIII 1807-1811. Traduit par Cecilia af Klercker. Stockholm : PA Norstedt & Söners förlag. p. 108.
- ↑ Généalogie ascendante jusqu'au quatrième degré inclusivement de tous les Rois et Princes de maisons souveraines de l'Europe actuellement vivans (en français). Bourdeaux : Frédéric Guillaume Birnstiel. 1768. p. 69.