Ambulance alpine du Caucase
From Wikipedia, the free encyclopedia
L'ambulance alpine du Caucase est une expédition française sur le front du Caucase pendant la Première Guerre mondiale, qui stationne de à à Ourmia en Perse.
Origine de l'expédition
Fin , le gouvernement français décide d'offrir des formations sanitaires à l'Empire Russe pour soutenir son allié contre l'Empire allemand. Début , le médecin-inspecteur Cresson presse le gouvernement d'envoyer quatre formations en Russie, dont une pour le front en Turquie ou en Perse[1].
Expédition vers le Caucase
L'ambulance alpine du Caucase est composée de 65 membres non combattants placés sous l'autorité du Dr Caujole. L'expédition quitte Paris le pour Liverpool, puis embarque le sur l'Umtali, un cargo anglais[2]. L'Umtali fait route pour Arkhangelsk en passant très au nord de la Norvège pour éviter les sous-marins allemands, montant jusqu'au 75e parallèle nord. Un autre cargo transportant une partie du matériel de l'expédition est coulé lors du trajet. Le cargo arrive le à Arkhangelsk après avoir jeté l'ancre une semaine en baie de Mourmansk pour se protéger des sous-marins.
L'ambulance reçoit l'ordre de rejoindre Tbilissi pour se mettre à la disposition de l'armée russe du Caucase. Le départ se fait le en train pour un trajet de 18 jours à travers la Russie en pleine révolution. Le train fait de courtes haltes à Vologda, Iaroslavl, Moscou, Tsaritsyne, Grozny et Bakou avant d'arriver à Tbilissi le [3]. L'ambulance y reste jusqu'au , le temps pour le commandant Caujole de trouver un point de chute fixe, l'ambulance ayant perdu une partie du matériel sur le cargo coulé et ne pouvant plus fonctionner comme ambulance mobile. Le soldat Goudemand meurt dans une rixe[1].
L'ambulance à Ourmia
L'ambulance s'installe en septembre à Ourmia en Perse, dans la région de l'Azerbaïdjan perse, où se trouve l'armée russe. Bien que la Perse soit neutre pendant la Première Guerre mondiale, les Russes y combattent l'armée ottomane. La population de la région est très diverse avec une majorité de chiites, des sunnites, des juifs et des chrétiens. Il se trouve à Ourmia par exemple des réfugiés Assyriens sous l'autorité de leur patriarche Mar Shimoun Benjamin, qui ont fui des massacres dans les montagnes du Hakkari[4]. Il y a aussi une mission de lazaristes dirigée par Jacques Sontag et une mission presbytérienne américaine dirigée par le Dr Shedd[5].
L'ambulance installe un hôpital à partir du , avec une salle d'opération, un service de radioscopie, un laboratoire d'analyses, une pharmacie et un cabinet de dentiste[1]. Des soldats russes y sont soignés. L'ambulance rencontre le consul russe Nikitine.
Après la révolution d'Octobre en Russie et l'armistice russo-turc début [1], l'armée russe se délite et laisse Ourmia sous la menace ottomane. Des troupes chrétiennes sont formées dans la région[6] et le commandant Caujole est chargé de soutenir le recrutement. Le principal chef militaire assyrien est Agha Petros.
Des massacres intercommunautaires entre musulmans et chrétiens ont lieu en . En , le soldat Halbardier meurt du typhus.

L'ambulance française quitte Ourmia le sur ordre du ministère de la Guerre, laissant une population chrétienne sans soutien. La ville tombe aux mains des Turcs en juillet, s'ensuivent des massacres de chrétiens fin juillet[1]. Jacques Sontag est fusillé[4].
Le trajet du retour
L'ambulance part à pied pour Qazvin où se trouvent des soldats anglais. L'ambulance est organisée en caravane avec des chameaux et trois chevaux. Le chemin passe par Mianeh, Zandjan, Soltaniyeh et arrive à Qazvin le . L'officier Couët y meurt du typhus le 1er aout 1918[7].
L'ambulance quitte Qazvin à pied le pour rejoindre Hamadan en 10 étapes. Elle part ensuite en voitures d'Hamadan le pour atteindre Bagdad le . Le trajet continue en bateau sur le Tigre jusqu'à Bassorah, puis en paquebot pour arriver à Port-Saïd en Égypte en passant par le golfe Persique et la mer Rouge.
Finalement, l'ambulance embarque pour Marseille le sur un navire japonais et arrive à Paris le après 21 mois de mission et après avoir perdu 3 soldats[7].
Membres de l'ambulance
Le nom des membres de l'ambulance suivants sont connus:
- Paul Caujole, commandant l'ambulance (médecin-chef)
- Georges Bousquet (médecin traitant)
- Louis Jean Marie Victor Giguet (médecin traitant)
- Jérôme Maximilien Piquemal, dit Max (médecin auxiliaire)
- Fouché (médecin auxiliaire)
- Riberol (chirurgien)
- Perruchot (aide-chirurgien)
- Henri Châtel (pharmacien)
- Arnal (dentiste)
- Jouis (officier gestionnaire)
- Couët (officier d'approvisionnement)
- Payret d'Ortail (sous-lieutenant commandant le détachement du train des équipages)
- Berthet (sous lieutenant, interprète russe)
- Pierre Guy, Lauvergeon et Lamarre (sous-officiers du détachement d'infirmier)
- Bernard, Chonez et Rimet (maréchaux des logis du train des équipages)
- Victor Joseph Goudemand (infirmier soldat de 2ème classe, mort assassiné lors du séjour de l'ambulance à Tiflis, en Géorgie)
- Émile Boyer (connu sous le nom de plume Émile Zavie, il livre le récit de son expérience au sein de l'ambulance sanitaire en Perse dans l'ouvrage "D'Archangel au Golfe Persique", publié en 1927)
- Amiot, Ardouin, Baudat, Pierre Bayon du Roure, Marcel Benoit, Boujarel, Brajon, Chenal, Courtois, Debrault, Defives, Delignies, Deschamps, Descouts, Ferrer, Frelaut, Freydière, Anatole Gaudry, Gelmini, Guillot, Jules Guillon ou Guitton, Guilliou, Guyot, Halbardier, Paul et René Hartwig , Maurice Jammes (interprète), Jousseaume, Jules Leclerc, Libat, Lavaure, Marchaut, Masquelier, Mesnil, Nataf, Oulès (cousin de Max Piquemal), Ponsonnet, Posé, Quentin, Ricaud, Sainsarricq, Jean Saulle, Tête, Vard, Léon Viant (brigadiers, caporaux ou soldats du détachement d'infirmiers ou du détachement du train des équipages)