L'amendement du rapporteur, également appelé budget secret dans les médias est une pratique législative brésilienne destinée à l'origine à permettre des ajustements mineurs[1] dans le budget du gouvernement. À partir de 2015[1], le montant des fonds alloués selon cette méthode a augmenté dans le budget public. De plus, les parlementaires à l'origine de ces modifications ne sont pas clairement identifiés, puisque ces amendements sont présentés par un rapporteur parlementaire[1]. On estime que les fonds ainsi alloués étaient d'environ 16 milliards de réaux en 2021[2] et d'un montant similaire en 2022, soit environ 3 milliards d'euros[3],[4]. Fin , cette pratique est déclarée contraire à la Constitution par le tribunal suprême fédéral[5].
En 2021, la membre de la Cour suprême Rosa Weber avait suspendu ces transferts, qui ont repris après qu'elle soit revenue sur sa décision, à la condition d'une plus grande transparence de la pratique[9].
Le budget secret a été évoqué par l'OCDE comme un cas de «régression dans la transparence du processus législatif», de même que l'assouplissement de la loi sur l'improbité administrative, à la suite d'un audit de l'organisation indépendante Transparency International de [10].
Plusieurs allégations de corruption concernant les fonds distribués dans ce cadre ont acquis une notoriété nationale[11]. Les plaintes portent sur les prix excessifs dans l'achat de tracteurs[12], d'autobus scolaires[13] et de camions à ordures[14]. Les véhicules achetés avec les sommes allouées sont également destinés de manière disproportionnée aux circonscriptions d'hommes politiques influents[11]. Une ambulance sur cinq achetée, par exemple, était destinée à Piauí, le fief de Ciro Nogueira, ce qui a représenté près du double du montant destiné à l'État de São Paulo[15].
Les premières arrestations ont eu lieu en . Elles sont liées à des fraudes sur la sécurité sociale brésilienne[16].
Déclaration d'inconstitutionnalité
Le , le juge du Tribunal suprême fédéral (STF) Rosa Weber a requis un vote contre la légalité de la pratique[17] et précisant que le dispositif fonctionne «en marge de la légalité»[18]. Le juge du STF Ricardo Lewandowski s'est également prononcé en faveur de l'inconstitutionnalité de cette pratique, permettant à la motion d'être adoptée à la majorité[5].