Amnesty International France

section française de l'organisation non gouvernementale non-partisane Amnesty International From Wikipedia, the free encyclopedia

Amnesty International France (parfois abrégé AIF ou AISF) est la section française de l'organisation non gouvernementale non-partisane Amnesty International. Depuis sa création en 1971[1], cette organisation de défense des droits humains milite pour le droit à la liberté d'expression, l'arrêt de la torture et des autres violations des droits de l'homme dans le monde.

Fondation
Sigles
AISF, AIFVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique
Association déclaréeVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Fondation, Sigles ...
Amnesty International France
Manifestation de soutien à Serge Atlaoui, le 25 avril 2015 à Paris.
Histoire
Fondation
Cadre
Sigles
AISF, AIFVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Forme juridique
Association déclaréeVoir et modifier les données sur Wikidata
Domaines d'activité
Droits humains, autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (France)Voir et modifier les données sur Wikidata
Objectif
Travailler à l'avènement d'un monde dans lequel toute personne jouira de l'ensemble des droits proclamés par la Déclaration universelle des droits de l'homme et des autres normes internationales de défense de ces droits
Siège
Pays
Coordonnées
Organisation
Membres
137 000 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Effectif
+110 équivalent temps plein (unité non prise en charge) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Président
Anne Savinel-Barras (depuis 2024)
Directrice
Sylvie Brigot-Vilain (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Organisation mère
Affiliation
Budget
32 M ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates
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Histoire

Le , l'avocat britannique Peter Benenson lit un article concernant deux étudiants portugais condamnés à sept ans de prison pour avoir porté un toast à la liberté. Il pense aussitôt à une pression internationale qui mobiliserait l'opinion publique en faveur des prisonniers d'opinion : Amnesty International est née[2],[3]. L'appel que publie Benenson, intitulé The Forgotten Prisoners[4],[5], est diffusé dans la presse le [6],[7], et l'idée d'une campagne internationale pour la défense des droits de la personne suscite immédiatement plus de 1 000 offres de soutien[8].

Dix ans après la création du mouvement Amnesty International, le mouvement compte dix-huit sections[9]. Amnesty International France prend la suite des groupes d'adoption à Paris, Strasbourg, Rennes[10]. L'association loi de 1901 est créée en [11] et déclarée en préfecture le [12].

En 1973, un événement amnestien devant se tenir à l'UNESCO à l'occasion du 25e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme est annulé sous la pression de certains états membres mis en cause dans le Rapport annuel d'Amnesty International. Cette censure provoque une importante mobilisation en faveur de l'association. Le nombre d'adhérents va fortement augmenter à la fin des années 1970 à la suite de cela ainsi qu'à l'aide d'une campagne publicitaire et de l'attribution du prix Nobel de la Paix[10].

Quinze ans après sa création, en 1987, l'association est reconnue d'utilité publique[13].

L'ONG est « confrontée à un déchaînement de haine et de menaces parce qu’elle a qualifié d’"apartheid" le système de répression de l’État israélien à l’égard des Palestiniens. » Ses conférences portant sur Israël et la Palestine sont régulièrement interdites par les pouvoirs publics en France[14].

Principes et objectifs

Action pour l'abolition universelle de la peine de mort en 2013.

Amnesty International France est spécialisée dans la défense des droits humains[15],[16]. Elle mène des recherches et des actions visant à faire pression sur le gouvernement et à faire cesser les graves atteintes à l'égard des droits humains.

L'organisation lance des campagnes qui cible les principales discriminations en Europe à l’encontre des minorités (migrants, personnes LGBT, communautés musulmanes[17], etc.). Depuis 2012, elle dénonce l'inaction des autorités françaises envers les populations Roms[18] et demande l'arrêt des expulsions forcées[19] ainsi que de garantir l’accès au droit à l’éducation, à la santé et au logement.

En 2008, la Cour des comptes rappelait la typologie des actions[12] :

  • Appels mondiaux si une forte mobilisation peut contribuer à améliorer le sort des personnes sélectionnées.
  • Actions urgentes pour des personnes ou des groupes de personnes dont la vie ou la sécurité physique ou mentale sont en danger.
  • Requêtes auprès des Nations unies.
  • Lettres aux gouvernements.
  • Aides financières destinées à l'accueil de demandeurs d'asile.
  • Actions de sensibilisation et d'éducation.
  • Actions pour faire évoluer le droit international et les droits nationaux.

Actions

Marche des fiertés 2014 à Lille.

Les principales actions d'Amnesty International France[20] :

  • Protection des civils dans les conflits : respect du droit international humanitaire, protection des réfugiés[21], contrôle de la vente d'armes[22]
  • Garantir l'accès à la justice : abolition de la peine de mort, faire reculer la torture, responsabilité des entreprises
  • Défense des libertés : défense des droits et libertés dans la lutte antiterroriste[23], soutien et protection des défenseurs des droits humains[24], lutte contre la surveillance illégale, liberté d'expression et droit de manifester[25].
  • Lutte contre les discriminations : discriminations de genre, à l'encontre des Roms[26].

Organisation

Bénévoles d'Amnesty International France.

Association

Le conseil d'administration (CA) d'Amnesty International France compte entre douze et quinze membres. Le mandat du CA est de deux ans renouvelable deux fois. Il élit le président qui est statutairement bénévole et nomme le directeur général.

Le conseil des finances et des risques financiers (CFRF) veille à une gestion financière saine et rigoureuse de l'association, en cohérence avec son objet social et le respect de ses principes et valeurs.

Depuis 2018, un comité des candidatures est en place afin de susciter des candidatures dans les organes de gouvernance (CA et CFRF) en informant, sensibilisant, conseillant et accompagnant les candidats.

Amnesty International France est agréée par le ministère de l'éducation nationale[27] et labellisée par le comité de la Charte[28].

Afin de toucher un public jeune, l'association s'est dotée d'antennes jeunes[29],[30],[31] et de représentants des jeunes au conseil national.

Le secrétariat national se trouve à Paris[16].

Fondation

Créée en 2016, la Fondation Amnesty International France (FAIF) est une fondation abritée placée sous l'égide de la Fondation Université de Paris. Elle a pour mission de « développer des projets innovants en matière d'éducation aux droits humains selon les priorités d'Amnesty International. » La fondation est administrée par un comité exécutif composé de sept membres[32],[33].

Membres

Amnesty International France compte deux statuts de membres : membres individuels et membres de groupe[12].

Le nombre de membres a connu une croissance rapide, pour culminer à 25 000 personnes au début des années 1990, puis un plan de développement a permis de très fortement accroître le nombre de membres à partir de 2014 pour franchir le seuil des 100 000 membres en 2018.

Davantage d’informations Année, Adhésions ...
Année 1976 1977 1978 1979 1981 1989 1993 2005 2006 2008
Adhésions 4 000[34] 10 000[34] 11 000[35] 20 000[36] 20 000 25 000[37] 25 000[38] 21 513[39] 22 800[12] 23 200[40]
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Davantage d’informations Année, Adhésions ...
Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Adhésions 18 000[41] 14 600[42] 15 943[43] 34 000[44] 57 000[41] 74 700[42] 90 000[45] 107 147[46] 117 000[43]
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Président

Davantage d’informations Nom, Mandat ...
Nom Mandat Notes
Hubert Thierry 1971-1976 [47]
Marie-José Protais 1977-1977 journaliste, rédactrice en chef du magazine Actuel-Développement édité par le Ministère de la Coopération[48]
Aimé Léaud 1977-1979 [49]
Jean-François Lambert 1979-1982 [50]
?
Marc de Montalembert 1984-1989 [51]
Alain Faure 1989-1991 ingénieur de recherche en sciences du sol à l'INRA[52]
Michel Fournier ~1995
Xavier Dhonte ?-1998 avocat au barreau de Lille[53]
Denys Robiliard 1998-2002 [54]
Francis Perrin 2002-2004 docteur en économie, rédacteur pour un journal d’information pétrolière[55]
Geneviève Sevrin 2004-2008 dirige le service des relations et coopérations internationales de la région Nord-Pas-de-Calais
Geneviève Garrigos 2008-2016 directrice communication Europe Santen, groupe japonais spécialisé en ophtalmologie[56]
Camille Blanc 2016-2018 consultante en systèmes d'information[57]
Cécile Coudriou 2018- enseignante dans le domaine des « Sciences de l’Information et de la Communication » à l'Université Paris 13[58]
Jean-Claude Samouiller 2022-2024 Membre d'Amnesty International depuis 1995, militant à Villeurbanne et Melun, responsable national pour les personnes exilées, membre du Conseil d'administration depuis 2018, vice-président d'AIF et représentant d'Amnesty International au sein de la Commission nationale consultative des droits de l'homme depuis 2020, élu président d'AIF le 19 juin 2022[59],[60],[61].
Anne Savinel-Barras Depuis Juin 2024 Membre d'Amnesty International France depuis 1991, elle a milité en tant que membre individuelle puis responsable du groupe local de Lens-Liévin, responsable régionale du secteur Nord-Pas de Calais-Somme et membre du Conseil National[62].
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Directeur général

  • 1989-1999 : Michel Forst
  • 2001-2004 : David Friboulet
  • 2005-2006 : Lili-Anna Pereša
  • 2007-2015 : Stephan Oberreit
  • Depuis 2016 : Sylvie Brigot-Vilain

Budget

En 2016, la section française est la cinquième contributrice au budget Amnesty International Limited, après les sections des Pays-Bas, Grande-Bretagne, États-Unis et Suisse[63].

Depuis 2011, l'exercice comptable est aligné sur l'année civile[64]. Les ressources financières s'élèvent à 26 millions d'euros en 2019. 67% provient de la générosité du public (essentiellement des dons manuels des 250 000 donateurs). Les cotisations et abonnements des membres représentent 25 %[65]. L'association n'accepte aucune subvention d'États ou de partis politiques[66],[67].

Interview de Cécile Coudriou par Jean Massiet lors de Z Event.

Du au , l'événement caritatif Z Event rassemblant 54 streamers rapporte 5 724 377  à l'association[68].

Amnesty International France finance un dixième des dépenses du secrétariat international situé à Londres. Cela représente 4 691 933  en 2016[20].

En 2017, Amnesty International France déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant qui n'excède pas 200 000 euros[69].

Critiques

En 2008, Amnesty est accusée par Bakchich d'avoir des relations avec la société Total, expliquant la non dénonciation de cette société dans son rapport annuel détaillé sur la Birmanie[70]. Cette relation a été confirmée par Jane Birkin à Londres selon le site Bakchich. La critique vise particulièrement le conflit d'intérêts de Francis Perrin, ancien président d’Amnesty International France[71], et rédacteur en chef de la revue spécialisée Pétrole et gaz arabes (PGA), lequel a répondu à Backchich « je ne vois aucun conflit d’aucune sorte dans mes relations avec Total, nous entretenons un dialogue constructif… ».

En 2010, Amnesty International milite au côté de quatre hommes et femmes politiques belges de gauche et de la Ligue des droits de l'homme pour que des soins soient apportés au belgo-marocain Oussama Atar détenu dans des geôles irakiennes. L'homme, condamné pour participation à une organisation terroriste, serait atteint du cancer et aurait besoin de soins urgents, non disponibles dans sa prison irakienne. Libéré en 2012, avec l'appui des Affaires étrangères, il rentre en Belgique et disparaît dans la nature. En 2016, il apparaît que l'homme se livre à des activités de terrorisme islamiste et serait un des mentors derrière les attentats de Paris et de Bruxelles. La NVA exprime son incompréhension et le député Alain Destexhe demande alors une enquête sur le rôle joué par Amnesty International ainsi que les députés Zoé Genot, Jamal Ikazban et Ahmed El Khannouss dans cette libération.

En 2014, une étude de l'AEGE, une association d'étudiants et d'anciens étudiants de l'École de guerre économique, dirigée par Christian Harbulot, analyse la provenance des financements de l'ONG qu'il soupçonne de collusion avec le gouvernement des Etats-Unis de l'époque. Il questionne, ainsi que d'autres auteurs, la partialité de l'ONG quant au choix des cibles de ses campagnes et de ses positions politiques.

Notes et références

Voir aussi

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