Anarchisme à Bruxelles

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Anarchisme à Bruxelles
Image illustrative de l’article Anarchisme à Bruxelles
Ni Dieu Ni Maître, Bruxelles, no 1, 23 mai 1885.

Ouvrages
  • Jan Moulaert, Le mouvement anarchiste en Belgique 1870-1914, Quorum, 1996
Anarchisme par zone géographique

Le courant de pensée anarchiste se propage à Bruxelles rapidement après la Révolution Belge de 1830. C’est un moteur important de l’anarchisme en Belgique. Il atteindra son apogée au tournant du siècle, avant d’entrer dans une longue période de déclin qui durera jusqu’au années 1960.

Néanmoins, des anarchistes de tous bords et horizons seront toujours présents dans la capitale, qui se constitua en refuge temporaire pour les dissidents politiques des grandes puissances Européennes.

Si l’histoire des premiers anarchistes Bruxellois est aujourd’hui méconnue, l’anarchisme s'est de nouveau fortement implanté après les années 2000, exerçant une influence profonde et grandissante sur les mouvements écologistes, féministes, d’émancipation queer, anti-coloniaux, antiracistes, communistes, syndicaux et antifascistes, particulièrement par le biais du milieu des squats[réf. nécessaire].

Dès 1822, Charles Fourier, précurseur du socialisme utopique, décrit Bruxelles comme un bon endroit pour l’établissement d’une « phalange », une commune autonome expérimentale, dans son texte “the Phalanstery”. Dès les années 1830, les idées de Pierre-Joseph Proudhon se propagent dans la ville, donnant lieu à des forts débats parmi les penseurs libéraux, puis se mêlant à des nouveaux concepts de socialisme non-autoritaire. Les périodiques Rive Gauche (1864-66) et Liberté (1867-73) virent le développement et l’application d’un Proudhonisme socialisé et révolutionnaire[1].

En 1834, des disciples de Saint-Simon arrivent en Belgique, prêchant « la liberté, la communauté des bien et des femmes ». Des violences éclatent à travers la ville. Les bourgeois et la population empêchent violemment toute prise de parole des saint-simoniens, cassant les meubles et tabassant ceux qui osent monter au chapitre. Si la police leur avait assuré sa protection, elle n'intervient pas pour les aider. Une femme est trainée sur la place de l'hôtel de ville, ses vêtements arrachés, et attachée à "l'arbre de la liberté". elle y est fouettée jusqu'au sang par le clergé, sous l'œil de la police. Après avoir du se réfugier à Liège à cause des attaques violentes continues dont sont victimes les disciples de Saint-Simon, ils arrivent finalement à s'implanter dans la capitale, et ouvrent un salon au 28 Rue du Marché aux Herbes. La nouvelle église y tient des réunions quotidiennes, offrant des cours séparés pour "les hommes, les dames et les ouvriers"[2]. Le culte de Saint-Simon se propagera ensuite vers toutes les villes de Belgique, promettant l'avènement d'une société meilleure ou les prolétaires seront libérés de leur souffrance[3].

1830 - 1900 : Les premiers anarchistes

Situé au 28 rue Botanique, devant la vieille Porte de Schaerbeek, se trouvait la rédaction de la Gazette allemande de Bruxelles. Organe des socialistes allemands réfugiés en Belgique, le rédacteur en chef était l'ancien officier Adalbert von Bornstedt. Journal international portant son attention aux grands pays d'Europe, Marx et Engels y trouvent une plateforme pour propager leurs idées et critiquer celles des autres. Le , le journal organise un Banquet des Travailleurs, qui rassemble 120 convives. Ils sont polonais, italiens, allemands, suisses, français, et belges. Un invité russe fait le déplacement : Mikhaïl Bakounine[4].

1858-1862 : L'influence de Pierre-Joseph Proudhon

L'écrivain anarchiste Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) refuse l'amnistie et s'exile à Bruxelles. Il y vit à partir de 1858. Napoléon III va tout de même lui accorder la grâce, mais Proudhon reste en Belgique. Il publie à cette époque plusieurs articles hostiles à Garibaldi et à l'unification de l'Italie que tous les socialistes français et belges appellent de leurs vœux. Raisonnant par l'absurde, il explique que les arguments avancés peuvent être repris par Napoléon III pour annexer la Belgique. Le prenant au mot, une quarantaine de journaux le prennent à partie. Les 16 et la foule défile devant son appartement aux cris de « Vive la Belgique ! », « À bas les annexionnistes ! » Il rentre alors à Paris[5].

Selon l’histoire de l’anarchisme de Max Nettlau, la seule base solide que le socialisme libertaire avait en 1863 se situa à Bruxelles, au sein de l’association démocratique “Le Peuple” et son journal La Tribune du peuple. On y retrouve César De Paepe, un jeune socialiste très instruit, qui adopta l’anarchisme mais le considéra difficile à réaliser immédiatement. Il formula une stratégie réformiste au long terme pour l’atteindre. Le groupe “Le Peuple” se convertit rapidement en section locale de l’Internationale, formulant des idées plus radicales que celles de De Paepe. En dehors de l’Internationale, le groupe “Rive Gauche”, composé de jeunes réfugiés politiques et étudiants Belges et Français, adopta un anarchisme Proudhonien révolutionnaire. Les syndicats furent rejoints par des "Proudhonistes Français”, des “républicains” qui se contentaient des idées plus modérées de Proudhon[1].

1860 - 1880 : Anarchistes révolutionnaires et Communards

En 1867, un “parlement des ouvriers” fut établi à Bruxelles par Hector Denis, Victor Arnould[6] et d’autres membres du groupe “Liberté”, tentant d’organiser la classe ouvrière en dehors de l’État, avec sa propre base économique. Mais la guerre Franco-Prussienne et l’avènement de la Commune de Paris interrompit le projet. En 1868, la librairie A. Rozez diffuse La Lanterne, écrit par le révolutionnaire Parisien Henri Rochefort. Celui-ci est hébergé par Victor Hugo, qui accueillera de nombreux communards. La librairie se spécialise dans la diffusion d’écrits anti-bonapartistes. La France s’énerva de ce phénomène nouveau, permettant aux étudiants, socialistes, anarchistes et “journalistes de combat” Français de diffuser leurs idées depuis Bruxelles[7].

Alexandre Collignon

Vers 1870, l’ébéniste, tapissier et meneur anarchiste Alexandre Collignon s’engage dès l'âge de 17 ans dans la révolution sociale. Il milite d'abord aux côtés des autoritaires. Après s’être rapproché de l’anarchisme, il fait partie des "Frères de l’ABC", du "Comité Exécutif Socialiste", et du "Groupe Secret d'Action Révolutionnaire". Il participe aussi au "Cercle des anarchistes bruxellois". Il prôna l'utilisation d'attaques directes et d'attentats contre le palais royal, le sénat et la chambre. Il participa à la revue Ni Dieu Ni Maitre, et au Soulèvement Wallon de 1886. Bien que gravement malade, il restera actif jusqu'au tournant du siècle[8].

Égide Govaerts

Membre de la Première Internationale et anarchiste, Égide Govaerts s'approche du socialisme quinze ans après son expulsion du service militaire, en 1861. Marchand ambulant, tailleur, domestique ou typographe, le petit homme aux cheveux roux se promenait avec un gros gourdin en bois de chêne. Membre du groupe "Les Cosmopolitains", il s'opposa farouchement aux Possibilistes. Il est actif chez "Les Solidaires", la "Ligue Collectiviste Anarchiste” et “les Cercles Réunis”[9].

Xavier Stuyck

Un autre meneur est Xavier “Reivax” Stuyck, ancien Blanquiste. Il milite au "Cercle d'études sociales", au "Cercle révolutionnaire démocratique", au "Cercle démocratique radical", au "Comité central du Parlement du Peuple", aux "Congrès Nationaux Révolutionnaires" et à "l'Union révolutionnaire nationale". Il a des bons contacts en Allemagne et en Flandre. Il écrit pour les journaux Les Droits du Peuple, La Justice sociale, La Révolution sociale, La Persévérance et Le Prolétaire. Il participa au Soulèvement Wallon de 1886, pillant les magasins aux côtés des anarchistes liégeois et d'Alexandre Collignon[10].

Congrès de l'Internationale de 1874

En 1874, le Congres de l’Internationale se tient à Bruxelles. Une délégation d'allemands y participent pour la première fois, mais les anarchistes italiens s’abstiennent à cause de la persécution lié au soulèvement raté à Bologne. Mais le congrès de Bruxelles montra que les sections n’étaient qu’unies dans leur opposition à Marx, et que les divisions autoritaires-libertaires persistaient. Une partie des Belges maintenaient un anarchisme pur, comme les Espagnols et ceux du Jura. Mais la majorité, menée par De Paepe, chercha une position intermédiaire face au socialisme d'État. De Paepe proposa un plan d’un réseau de Communes, de fédérations de Communes et enfin une fédération globale des fédérations, sans vraiment définir le rôle de “l’État". Les divisions ne faisaient clairement que s’accentuer, sans aucun accord sur les sujets qui fâchent[1].

Les années 1880 - Des anarchistes en ébullition

En 1880, Égide Govaerts devient secrétaire de la section Belge de l'Internationale. Il est partisan des mouvements secrets et de la Propagande par le Fait. Il souhaite établir la Commune de Bruxelles et se déclare prêt à tuer des policiers. Il écrit pour La Persévérance, La Révolution sociale, La Justice sociale, Le Libertaire, L'Insurgé, Ni Dieu Ni Maitre, et De Opstand. Après 1880, Govaerts est considéré par l'État comme le principal organisateur du mouvement anarchiste bruxellois. Moitié aveugle vers la fin de sa vie, la police n'ose pas aller chez lui par peur de se faire tirer dessus par le vieil homme qui parle que de bombes et de dynamites, et fait de sa maison un refuge pour les expulsés. Pourtant, le milieu ne lui fait plus confiance, le soupçonnant d'être un espion, ce qui est relevé et explicitement démenti par les sources de police maintenant déclassifiées.

Henry Wysmans

Un autre grand orateur anarchiste est Henri Wysmans[11], membre de la "Ligue Collectiviste anarchiste Bruxelloise", fondée en 1880. Il est considéré comme un des anarchistes les plus importants du milieu de l'époque. Il écrira pour L'Hydre anarchiste (Lyon), milita à "l'Union Bruxelloise des Bijoutiers", organisa des meetings anarchistes avec Ferdinand Monier et co-édita la revue Ni Dieu Ni Maitre (1885-1886). Il tenta de lancer des émeutes à Verviers et croisa le fer avec le socialiste Édouard Anseele. Il organisa le transfert d'argent depuis Londres aux ouvriers Wallons et co-organisa des manifestations à Bruxelles contre l’exécution des Martyrs de Chicago. Il représente trois groupes anarchistes bruxellois au Congrès Socialiste International en 1891, mais les anarchistes en sont exclus sur proposition des socialistes belges. Wysmans arrête la politique vers 1893.

Paul Métayer et Antoine Cyvoct

En 1883, un accident tragique survient. Tandis qu'ils étaient en route vers la campagne de Ganshoren, les anarchistes français Paul Métayer[12] et Antoine Cyvoct voient leur excursion tourner au drame. Métayer tombe, et la bombe artisanale cachée sous sa veste qu'ils allaient tester dans le bois explose. Sur son lit de mort, il répondra aux policiers qui tentaient de l'interroger sur ses contacts dans la capitale : « C'est ainsi que meurent les anarchistes ». Les anarchistes bruxellois sortent alors de l’ombre pour son enterrement. Antoine Cyvoct est quant à lui rapidement déporté de Belgique, puis condamné à mort.

Henri Michel Fruitier

En , l’anarchiste et dessinateur parisien Henri Michel Fruitier (alias « Lucas ») tient un discours au Navaloram contre le suffrage universel en , dénonçant les individus qui se sont servis des ligues ouvrières pour arriver au pouvoir, avant de se retourner contre les ouvriers et "commettre des lâchetés". Il cite Cyvoct, anarchiste français extradé par l'État belge et condamné à mort. Peu après, il est lui-même incarcéré et extradé, mais arrive à revenir en Belgique. Le , il interrompt un meeting du "Comité de propagande progressiste et démocratique" en montant sur la table. Son discours provoque la tumulte, et les ouvriers sortent en criant « Vive la Révolution sociale ! ». Lucas est ensuite arrêté et déporté vers l’Angleterre.

Multiplication des groupes et journaux anarchistes

Le , le premier numéro du journal Ni Dieu Ni Maitre sort à Bruxelles. Interdit en France, le journal paraitra jusqu'en , puis sera remplacé par La Guerre sociale. Le numéro 11 de 1886 indique la rue de la Machoire 28 comme son siège d’administration. L’en-tête est accompagné de deux citations : “Si dieu existait, il faudrait l’abolir” de Bakounine, et “Notre ennemi, c’est notre maitre” de La Fontaine. Neuf numéros de La Guerre sociale paraitront jusqu'en . L'Interdit lui succèdera le . En 1885, l’établissement “La Renommée”, situé sur la Grand-Place, accueille tous les lundi des réunions des Groupes Anarchistes (Union Anarchiste). On y tient aussi tous les dimanches les réunions d'un groupe anarchiste "parlant flamand", "l'Opstand”. Situé au local Prado, un groupe anarchiste molenbeekois s’appelant “l’Égalité” est fondé en 1885.

En , le commissaire de Bruxelles communique au procureur général l'existence d'un local du "Groupe Anarchiste de Bruxelles" situé au 20 rue de Ruysbroeck. 46 anarchistes sont identifiés, originaires de France, de Saint-Josse-ten-Noode, de Bruxelles, de Liège, de Tournai, de Louvain, de Bréda et de Gand. La lettre note leur noms et adresses : Henri Wysmans, Corneille Wysmans, François Ernest, Ferdinand Monier, Thiery, Hotton, Xavier Stuyck, Alexande Colignon, Egide Govaerts, Jules Teerlincx, Emile Vanderauwera, Jean-Baptiste Soethout, Henri Soethout, Jean Maes, Alfred Joris, Edmond Anseele, Jean-Charles Kools, Eugène Verpoest, Jean Pellering, Ferdinand Pintelon, Alexandre Herle, Jean Claes, Jean-Pierre Claes, Pierre Pira, Jean-Jacques Huyskens, Achille Hertschap, Modeste Winandy, Antoine Deroy, Guillaume Deroy, Henry Marcille, Jacques Coët, Jean Baptiste Meybergh, Jacques Debuyger, Laurent Verrycken, Louis Debock, Jean-Baptiste Thiets, Raymond Serrure, Renard, Corneille Standaert, Antoine Dewit, Decamp, Moreau, Emile Collognon, Flament, Coenraets. Ferdinand Monier est arrêté devant ce local et enfermé dans la Prison de Saint Gilles.

Le , les anarchistes et socialistes bruxellois se sont promis de célébrer l'anniversaire de la commune de Paris. Par précaution, les grenadiers sont déployés dans la rue, le gouvernement et le parquet consignés à l'hôtel de ville et la Garde civique équipée de cartouches à balle. Si ce jour verra un véritable soulèvement partir de Liège et embraser la Wallonie (Grève belge de 1886), Bruxelles reste calme. Un meeting anarchiste a lieu au Cabaret de la Croix de Fer, rue des Bouchers, avec une vingtaine de participants. Ils parlent de bombes de pétrole en fumant des pipes, puis rentrent chez eux. Avec un petit groupe d'anarchistes italiens rassemblés au bois de la Cambre, Errico Malatesta, résidant dans la ville, veut participer à la grève générale qui monte depuis la Wallonie. Mais Bruxelles ne s'embrase pas, et Malatesta, déçu, continue de rester relativement à l'écart de la scène anarchiste belge, avant d'être expulsé du pays.

En 1886, la police de l'époque parle aussi d’un café « À la Mouche », lieu de rencontre du cercle anarchiste "La Liberté", dont les meneurs sont Alexandre Collignon, Louis Monnier-Stuyck, Arthur Govaerts "l'Indifférent" et Modeste Winaud. « À La Mouche » est tenu par Victor Louis Sallard[13], un anarchiste français. Selon le parquet de Bruxelles, "La Liberté" aurait eu au moins 146 membres. Le 24 aout 1889, des anarchistes bruxellois fondent à la salle du Navalorama la "Populaire anarchiste", lieu de réunion tous les dimanches et lundis à partir de cinq heurs. Le but est de créer de la propagande et d'arriver à rendre un journal hebdomadaire. Il y a des lectures, des conférences et des meetings, ou parleront les anarchistes Bruxellois Wysmans, Brassine, Tenier et Berger.

1891 - Congres de l’Internationale Socialiste à Bruxelles.

Quand les socialistes s’unirent à Bruxelles en 1891, les anarchistes n'avaient délibérément pas été invités. Mais ils y étaient, et provoquèrent la confusion. L’Italien Jverjlino arriva à entrer, mais fut arrêté le jour suivant et déporté. Les anarchistes accusèrent les marxistes de l’avoir dénoncé aux policiers. Le congrès expulsa les anarchistes espagnols le deuxième jour, tandis que les Belges avaient eu l’interdiction d’entrer. Seul Domela Nieuwenhuis put rester, tentant de promouvoir une résolution appelant à la grève générale en cas de guerre, qui fut rejetée par la majorité marxiste[1].

L’influence d’Élysée Reclus

En 1894, le géographe anarchiste et penseur de la propagande par le fait Élisée Reclus fut invité à donner cours à l’Université Libre de Bruxelles. Ceci provoque une scission radicale au sein de l’université. Après le refus d'une conférence de Reclus, trente professeurs s'en déchirent et l'ULB ferme ses portes. Les étudiants manifestent en faveur des professeurs Denis et De Greef, qui veulent créer une nouvelle université basée sur les idées d'Auguste Comte et du Libre Examen. L'ULB est délaissée, et les étudiants se battent contre la police dans la rue des Sols. Ils sont soutenus par le noyau dur du jeune mouvement anarchiste Bruxellois, qui se situe surtout à Saint-Josse-ten-Noode. Au final, Élysée Reclus est autorisé à donner cours. Rien n'y fait, l'Université Nouvelle est créée le , avec le soutien de Janson, Lemonnier, Picard, de Brouckère, Vandervelde, De Greef et Labriola. D'abord hébergée par la loge maçonnique, le "Comité Janson" trouve refuge dans l'ancienne maison de Théodore Verhaegen. L'Université Nouvelle compte rétablir la vérité scientifique, comme ailleurs la vérité sociale, par l'expropriation des expropriateurs, les vieillards dévoués aux intérêts des partis politiques réactionnaires. Ses diplômes jamais reconnus par l’État belge, l'argent manque. L'université nouvelle continue de fonctionner pendant la Grande Guerre, puis se refond dans l'ULB. Une de ses branches a tout de même survécu : l'Institut des Hautes Études de Belgique. Depuis Bruxelles, Élysée Reclus influencera de nombreux anarchistes et libertaires, mais aussi le bourgmestre socio-libéral et franc-maçon de Molenbeek, Louis Mettewie[14].

En 1897, Louise Michel donne une conférence sur la place Fontainas, ce qui mène à son arrestation et expulsion immédiate de la Belgique. Inspirée par l'utopiste français Charles Fourier, une fonderie est construite par l'industriel André Godin, avec une Familistère composée d'une crèche, d'une école primaire, d'un lavoir et de 72 logements confortables pour ses ouvriers, dont les femmes sont également sociétaires et participent aux processus de vote et décisions collectives, Un des bâtiments est toujours debout.

Bibliographie

  • Jan Moulaert, Le mouvement anarchiste en Belgique 1870-1914, Quorum, 1996, (ISBN 9782930014739), extraits en ligne[15],[16]
  • Jan Moulaert, La peur du rouge et du noir : la genèse du péril anarchiste en Belgique, in La peur du rouge, Pascal Delwit et José Gotovitch, Université libre de Bruxelles, 1996.
  • Nicolas Inghels, Le mouvement anarchiste en Belgique francophone de 1945 à 1970, Mémoire de licence en Histoire contemporaine, sous la direction de José Gotovitch, Université libre de Bruxelles, 2002, texte intégral & PDF.
  • Nicolas Inghels, Histoire du mouvement anarchiste en Belgique francophone de 1945 à aujourd'hui, revue Dissidences, , lire en ligne.

Articles connexes

Notes et références

Voir aussi

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