Ancien francoprovençal

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Périodetextes connus à partir du XIIIe s.
Langues fillesfrancoprovençal
RégionSud-Est de la France
Dauphiné
Ancien francoprovençal
Rommant, Lionois
(adjectif : ancien-francoprovençal)
Image illustrative de l’article Ancien francoprovençal
De la passion saint Sebastian : commencement du chapitre sur la vie de saint Sébastien dans le Légendier lyonnais, recueil de vies de saints écrit en francoprovençal lyonnais mâtiné de langue d'oïl, ici dans l'édition moderne d'Adolf Mussafia et Theodor Gartner (1895).
Période textes connus à partir du XIIIe s.
Langues filles francoprovençal
Région Sud-Est de la France
Dauphiné
Typologie V2, flexionnelle, accusative, syllabique, à accent d'intensité
Classification par famille
Codes de langue
Étendue langue individuelle
Type historique
Glottolog fran1269
Échantillon
Premier paragraphe du Speculum de Marguerite d'Oingt :
Oy me semble que jo vous ay huý dire que quant vos avés huý recontar alcuna graci que Nostres Sires a fayt a acuns de ses amis, que vos en valés meuz grant tens. Et per ço que jo desirro vestra salut assí come jo foy la min, je vos diray, al plus briament que jo porroi, una grant cortesi que Nostre Sires a fait a una persona que jo connoisso non a pas mout de tens. Et per ço que illi vos tort a plus grand profét, jo vos direy la reyson per que crey que Deus la ly a fayt[1],[2].

L'ancien francoprovençal, ancien lyonnais, ancien romand ou ancien arpitan sont les termes modernes utilisés pour qualifier la langue francoprovençale ou arpitane telle qu'elle apparaît à travers ses variations locales (principalement lyonnaises et dauphinoises) aux alentours des XIIIe et XIVe siècles, époque dont nous sont parvenus un certain nombre de textes rédigés dans cette langue.

Ancêtre des parlers francoprovençaux modernes, l'ancien francoprovençal propose un corpus de textes assez restreint en comparaison de ses deux langues-sœurs gallo-romaines, l'ancien provençal et l'ancien français. Ce corpus est surtout constitué de textes juridiques, d'actes légaux et d'une littérature religieuse à tendance hagiographique à travers deux grandes œuvres, les écrits de Marguerite d'Oingt et les Légendes prosaïques, aussi appelées le Légendier lyonnais.

L'absence, dans le domaine francoprovençal, d'un unité politique pour soutenir l'essor de la langue et de sa littérature à l'écrit empêcha le francoprovençal de maintenir et consolider son unité linguistique et graphique.

L'ancien arpitan, tout comme l'ancien français et l'ancien provençal (ancêtre de l'occitan), dérive du gallo-roman, terme servant à désigner la langue issue du bas-latin parlée en Gaule après la chute de l'Empire romain et en cours de dialectalisation. Son individualisation est attestée dès le VIIe siècle[3].

Tout comme pour l'ancien français, l'appellation romanz et ses nombreuses variantes serviront longtemps à qualifier cette langue naissante. Ces appellations romanz, romans, rommant, etc. dérivent soit d'un adverbe latin Romanice (littéralement « en romain », c'est-à-dire en latin) soit de Romanus réduit en Roman's dans lequel la rencontre de -n- et -s- aurait produit un son dental (particulièrement visible dans la graphie Rommant du XVe siècle). Cette dernière hypothèse permet également d'expliquer pourquoi cette appellation romanz de la future langue que nous appelons aujourd'hui arpitane a fini par léguer le qualificatif alternatif romand avec un -d- final encore audible au féminin. Ce dernier qualificatif est aujourd'hui plutôt employé en Suisse pour parler de la langue arpitane, il est pourtant le plus ancien nom de cette langue.

L'ancien arpitan est l'ancêtre des parlers arpitans actuels. Par rapport à ces derniers, l'ancien arpitan présente un visage plus uni, la grammaire de la langue connaît en effet moins de variations au Moyen Âge qu'aujourd'hui (la traduction en arpitan moderne du Testament de Johan de Borbono par Mlle Gonon a montré en outre que l'ancien arpitan présentait également moins de gallicismes, le texte médiéval apparaissait phonologiquement plus pur que les traductions, lesquelles sont mâtinées d'emprunts au français). Pour autant, ce serait une erreur de croire que l'ancien arpitan ne connaissait pas de variations dialectales. D'après les textes dont nous disposons, deux ensembles dialectaux au moins se dessinaient au sein de l'ancien arpitan: le lyonnais et le dauphinois, allant de Vienne à Grenoble. Quant aux dialectes de la Savoie et de la Suisse romande, ils ne fournissent pas de textes avant le XVIe siècle.

Morphologie

Notes et références

Voir aussi

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