Andlau

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Localisation

Andlau est une petite ville du Bas-Rhin de l'arrondissement de Sélestat-Erstein et du canton d'Obernai située dans la vallée de l'Andlau sur les contreforts des Vosges. La banlieue d'Andlau est entièrement occupée par les Vosges, dont un sommet, le Stosskopf, y atteint une hauteur de 700 mètres. Ses communes limitrophes sont Mittelbergheim au nord-est, Eichhoffen à l'est, Bernardvillé au sud, le Hohwald au nord-ouest et Barr. La commune possède une superficie de 23,69 km2 dont le point le plus haut culmine à 807 mètres vers la pointe nord du Niederberg.

Hydrographie

La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par l'Andlau, le ruisseau la Kirneck, le ruisseau le Lilsbach, le ruisseau le Totenbach, le ruisseau l'Hasselbach, le ruisseau Luttenbaechel et le ruisseau Steinbach[1],[Carte 1].

L'Andlau, d'une longueur de 42 km, prend sa source dans la commune de Le Hohwald et se jette dans l'Ill à Illkirch-Graffenstaden, après avoir traversé 21 communes[2]. Les caractéristiques hydrologiques de l'Andlau sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de 0,76 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 17,8 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 25,5 m3/s, atteint le même jour[3].

La Kirneck, d'une longueur de 18 km, prend sa source dans la commune de Barr et se jette dans l'Andlau à Westhouse, après avoir traversé sept communes[4].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique d'Andlau[Note 2].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[7] et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée (1 500 à 2 000 mm/an) en toutes saisons et un hiver rude (moins de 1 °C)[8]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 18,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 817 mm, avec 9,9 jours de précipitations en janvier et 10,2 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Hohwald à 7 km à vol d'oiseau[11], est de 8,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 129,1 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 35,6 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −20,5 °C, atteinte le [Note 3].

Urbanisme

Typologie

Au , Andlau est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[14]. Elle appartient à l'unité urbaine d'Andlau[Note 4], une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centre[Note 5],[15],[16]. La commune est en outre hors attraction des villes[17],[18].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (90,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (90,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (90,2 %), cultures permanentes (5,2 %), zones urbanisées (2,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,9 %), zones agricoles hétérogènes (0,4 %), prairies (0,3 %)[19]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

  • Andelaha
  • Andelelaha
  • Andeloïa
  • Andeloha, 999
  • Andelow
  • Andeloa
  • Andelow
  • Andelach, 1126

Andlau est une déformation du mot Andelaha en Andelaw ou Andlaw. Le premier mot pourrait provenir du nom primitif de la rivière dont on trouve des traces dans les anciennes cartes établies aux XVe et XVIe siècles. Cette rivière de 42,8 km coule depuis le Champ du Feu jusqu'à l'Ill et se trouve être à l'origine du nom de la commune. La ville a ensuite pris le nom de la rivière. Le , Andlau s’appelait Andlau-au-Val pour la distinguer de celui de Andelot dans la Haute-Marne. Au début du XXe siècle, le nom redevient Andlau.

Histoire

Un domaine occupé dès l'époque gallo-romaine

Le village est sans doute déjà occupé à l'époque gallo-romaine. Ensuite, c'est autour de l'abbaye de moniales fondée en 880 par Richarde de Souabe, fille du comte d'Alsace connu sous le nom d'Erchangar, que se développe le village. Sainte Richarde[20] épouse par la suite l'empereur Charles le Gros, petit-fils de Louis le Débonnaire.
Selon la légende, Richarde est accusée d'inconduite par son mari. Afin de démontrer son innocence, elle se soumet à l'épreuve du feu : pieds nus et vêtue d'une chemise enduite de cire, elle traverse les flammes sans la moindre brûlure. Justifiée, mais meurtrie par le vil soupçon, elle quitte son château et s'en va dans la forêt. Un ange lui apparaît et lui enjoint de fonder un monastère à l'endroit que lui indiquera une ourse. À l'entrée du val d'Eléon, sur les bords du torrent, elle aperçoit la bête annoncée qui gratte la terre. C'est donc à cet endroit que s'élèvera l'abbaye d'Andlau. En souvenir de son origine, l'abbaye logera et nourrira gratuitement les montreurs d'ours de passage et entretiendra un ours vivant.
Telle est la légende. En fait, Richarde a déjà fondé Andlau depuis 7 ans quand Charles le Gros la répudie. C'est là qu'elle se retire. Elle est canonisée en 1049 par le pape Léon IX, un Alsacien. Les religieuses d'Andlau, toutes de noble naissance, avaient le droit de quitter le couvent et de se marier. Seule l'abbesse prononçait des vœux définitifs. Elle portait le titre, envié, de princesse du Saint-Empire.

La fondation d'une abbaye

Cette abbaye fut placée initialement au Saint-Sauveur et suivait la règle de saint Benoît qui reçut la protection du pape. Elle fut autorisée à battre monnaie jusqu'en 1004. Elle fut dotée de biens considérables et reçut par la suite un grand nombre de privilèges. L'empereur Charles IV, en les confirmant en 1347, déclara l'abbaye exempte de toutes charges et contributions et accorda à l'abbesse Adélaïde de Géroldseck et à celles qui lui succédèrent, le titre de princesse de l'Empire. On ne connaît pas précisément l'époque précise de sa sécularisation ; on croit qu'elle eut lieu entre les XIIe et XIVe siècles. Outre la charte de l'empereur Charles IV, un grand nombre d'autres diplômes antérieurs et postérieurs ont été concédés à cette abbaye, soit pour confirmer les privilèges qu'elle avait déjà obtenus, soit pour lui en accorder de nouveaux. Les récipiendaires étaient obligés de faire preuve de seize quartiers de noblesse sans mésalliance, et les familles les plus illustres d'Alsace et d'Allemagne briguaient l'honneur d'y faire admettre leurs filles ; elles n'étaient assujetties à aucun vœu et pouvaient quand bon leur semblait, rentrer dans leurs familles et même se marier.

Cette abbaye reçut, presque dès son origine, une illustration qui n'a pas peu contribué à sa prospérité et à sa considération. On sait que l'empereur Charles le Gros, trop faible pour gouverner le vaste empire qu'il avait réuni sous son sceptre par la mort de ses deux frères, en laissa les soins à l'impératrice Richarde, son épouse ; elle avait pour conseiller Liutward, évêque de Verceil. Les courtisans, jaloux de l'autorité de l'évêque et de la confiance que lui accordait l'impératrice, méditaient depuis longtemps sa ruine et trouvèrent le moyen d'allumer dans le cœur du faible monarque une jalousie que la piété, les talents, les éminentes qualités de son épouse et vingt-cinq ans de mariage constamment heureux furent impuissants à écarter. Liutward fut chassé de la cour ; l'impératrice répudiée se retira dans le monastère d'Andlau. La légende de sainte Richarde porte qu'elle subit l'épreuve du feu, et que revêtue d'une chemise enduite de cire, à laquelle ont mis le feu en quatre endroits, elle ne fut point atteinte par les flammes qui s'éteignirent miraculeusement. Quoi qu'il en soit, ce fut dans cette abbaye que l'épouse de Charles-le-Gros finit ses jours dans la prière et les bonnes œuvres. Elle trouva aussi une source de consolations dans les lettres, qu'elle cultivait avec une grande distinction ; plusieurs belles poésies, qui sont parvenues jusqu'à nous, peignent sa résignation et la pureté de son âme. Elle mourut avant la fin du IXe siècle et fut enterrée dans une chapelle latérale de l'église d'Andlau ; un siècle et demi plus tard, elle fut canonisée par le pape Léon IX, qui s'étant trouvé en Alsace, sa patrie, vint à Andlau bénir l'église nouvellement construite sous l'abbesse Mathilde, sœur de l'empereur Henri III.

La famille d'Andlau

On trouve les premières références à la maison d'Andlau au XIIe siècle, le premier personnage connu, Gunther d'Andalau, cité en 1141, devient abbé de Saint-Blaise. Les sires d'Andlau s'illustrent durant la bataille de Sempach, le , durant laquelle le seigneur d'Andlau perd quatre de ses fils. Elle est particulièrement affectée par la guerre de Trente Ans.

La famille d'Andlau est liée à de nombreux personnages de l'histoire de France, comme Claude-Adrien Helvétius, Jacques Necker, Germaine de Staël, Jean Le Marois, Hardouin-Gustave d'Andlau ou encore Albert de Mun.

Crypte de l'abbatiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul (XIe siècle).
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul (XIe-XVIIIe siècles).

Le village se forme autour de l'abbaye

Peu à peu, il se forma aux alentours de l'abbaye une petite ville que l'abbesse donna en fief, en 1364, à la famille noble d'Andlau, une des plus illustres de l'Alsace, dont l'histoire fait mention pour la première fois en 1141 : Ganthier d'Andlau fut abbé de Saint-Blaise. Neuf ans après, Othon, comte d'Andlau (Otto de Andelaha comes) paraît comme témoin dans un diplôme donné par l'empereur Conrad III en faveur de l'abbaye de Saint-Blaise. Cette famille a produit un grand nombre d'hommes distingués, et ce qui prouve la haute considération dont elle jouissait, c'est qu'en vertu d'un antique privilège, renouvelé par Charles Quint, en 1550, l'aîné portait le titre de chevalier héréditaire du Saint-Empire.

Andlau une ville de pèlerinage

Un pèlerinage fut dédié très tôt à la Vierge Marie dans la crypte de l'église où les chanoinesses se réunissaient chaque jour pour prier. Au XIVe siècle une tour — souvent confondue avec le château de Spesbourg — est attestée appartenir aux nobles de Dicka. Entre le XIIIe et le XIVe siècle quatre châteaux sont édifiés à Andlau. L'un de ces châteaux est celui du Wibelsberg-Crax dont il ne subsiste que quelques vestiges. Construit entre 1232 et 1249 il est démoli une première fois par Eberhard d'Andlau, puis reconstruit à partir de 1293. Il prend alors le nom de château de Crax, mais est définitivement démoli en 1298 sur ordre de l'évêque de Strasbourg. Les sires d'Andlau fortifient la ville au XVe siècle. En 1695 le garde forestier d'Andlau, Frantz Ettighoffen, tue l'un des derniers ours des Vosges. Au milieu du XIXe siècle, Andlau compte encore dix-huit moulins. La commune est entourée de forêts et de vignes.

Politique et administration

Découpage territorial

La commune d'Andlau est membre de la communauté de communes du Pays de Barr[21], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Barr. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[22].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Sélestat-Erstein, à la circonscription administrative de l'État du Bas-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[21].

Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton d'Obernai pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Bas-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[23].

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1971 1989 Allenbach Pierre    
1989 1994 Caffiau Emile    
1994 1995 Vogt Lucien    
1995 2008 Maurice Laugner    
2008 2020 Fabien Bonnet    
mai 2020 en cours Thierry Frantz[24]    
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages

Équipements et services publics

Population et société

Démographie

Les habitants sont appelés les Andlaviens[25].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[27].

En 2023, la commune comptait 1 757 habitants[Note 6], en évolution de +1,04 % par rapport à 2017 (Bas-Rhin : +3,4 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 0122 1841 9901 9562 1792 2572 1932 1072 110
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
2 0622 0182 0072 0081 9061 8921 7761 7041 706
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7311 7351 7891 5101 5151 5591 4931 4531 553
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 5291 5841 9191 7441 6321 6541 7881 8441 833
2014 2019 2023 - - - - - -
1 7531 7381 757------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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