Andrée Touré
épouse de Sékou Touré
From Wikipedia, the free encyclopedia
Andrée Touré, née Marie-Andrée du Plantier, dite Andrée Kourouma, le à Kankan (Afrique-Occidentale française) et morte le au Maroc, est l'épouse du président de la république de Guinée Ahmed Sékou Touré, de 1953 jusqu'à la mort de celui-ci en 1984. Première dame de la république de Guinée de 1958 à 1984, elle est la première à occuper cette fonction dans l'histoire du pays.
| Première dame de la république de Guinée | |
|---|---|
| - | |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 91 ans) Maroc |
| Nom de naissance |
Marie-Andrée du Plantier |
| Nationalité | |
| Domicile |
villa Syli |
| Activités |
Première dame, personnalité |
| Conjoint |
Ahmed Sékou Touré (de à ) |
| Enfant |
Mohamed Touré (d) |
| Religion | |
|---|---|
| Parti politique | |
| Distinctions |
Ma vie auprès d’Ahmed Sékou Touré (d) |
Bien qu'elle se soit montrée assez discrète dans son rôle de Première dame, elle est arrêtée avec son fils, et leurs biens sont confisqués, lorsque survient un coup d’État quelques jours après la mort de son mari.
Elle reste en prison quatre ans, puis quitte la Guinée, et reviendra s'y installer douze ans plus tard.
Biographie
Elle naît le du médecin militaire français, Paul Mary du Plantier, et de Kaïssa Kourouma, native de Guinée[1]. Andrée utilise jusqu'à son mariage le nom de famille de sa mère, pratique courante pour les « mariages coloniaux ». Son père quitte la Guinée, au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, alors qu'elle est enfant[2]. Elle reste sur place et est élevée à Kankan dans la famille de son oncle, Sinkoun Kaba[1]. Après son certificat d'études primaires obtenu à douze ans en 1946, elle suit des cours du collège des jeunes filles de Conakry, école tenue par des sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Elle en sort avec le brevet élémentaire puis devient secrétaire de l'association des femmes de l'Union française.
Rencontre avec Sékou Touré
Chez son oncle Sinkoun Kaba, elle fait la connaissance de Sékou Touré. Celui-ci vient faire à Kankan sa demande officielle de mariage. Un lien existe entre les familles puisque le grand-père maternel d'Andrée a été élevé chez l'almamy Samory Touré. Le mariage est à la fois arrangé par les deux familles, comme il est de tradition à l'époque, et souhaité par les deux futurs époux[1].
Il est décidé, en dépit d'obstacles. Ainsi, l'influente Union des métis d'alors aurait tenté de s'opposer, sans succès. De son côté, Ahmed Sékou Touré souhaite soumettre son choix au comité directeur de son parti, le Parti démocratique de Guinée, et adresse en même temps un courrier aux militants de l'Union générale des travailleurs d'Afrique noire. Il souhaite également se marier à la cathédrale Sainte-Marie de Conakry, Andrée étant encore à l'époque catholique, mais il n'arrive pas à convaincre Mgr Michel Bernard, vicaire apostolique de Conakry, de célébrer cette union[1]. Le mariage religieux est alors célébré le , selon les rites musulmans, à la grande mosquée de Kankan en l'absence des époux, comme le permet la pratique musulmane d'alors[1]. Sékou Touré n'en est pas à sa première union. Il s'était marié une première fois en 1944 avec une jeune Guinéenne illettrée, Binetou Touré. Le mariage avait été rompu le , puis il s'était remarié le avec une jeune femme catholique d'origine sénégalaise, Marie N'Daw, qui travaillait comme lui aux PTT de l'administration française, avec, là encore, un divorce prononcé à la fin de l'année 1952[1].
Les mariés s'installent momentanément dans le quartier de Sandervalia, avant de s'établir en 1953 dans la résidence attribuée au maire de Conakry, près de l'hôtel de ville. Ils traversent ensemble la période de l'accès du pays à l'indépendance et des années de l'exercice du pouvoir et décède le [3].

Première dame
Après l'accession de la Guinée à l'indépendance, Andrée Touré ne participe pas à la politique guinéenne, mais cherche à affirmer un rôle social[4]. Elle se convertit à l'islam, se tient à côté de son mari et le représente dans certaines réceptions[5]. Dans les années 1960-1970, elle se rend plusieurs fois en RFA, notamment pour des soins, ce qui prend une certaine importance dans le cadre du développement des relations diplomatiques entre l'Allemagne de l'Ouest et la Guinée. Le , elle est d'ailleurs présente à Bonn aux côtés de l'ambassadeur Seydou Keita, un parent[6].
De leur union naît, en , leur fils, prénommé Mohamed Touré (d) et en août 1962, leur fille, Mariame Touré.
Exil et retour en Guinée
À la mort de son mari le , elle est arrêtée[7], ainsi que son fils, et ses biens sont confisqués[8]. En 1987, elle est condamnée à huit ans de travaux forcés, et libérée début . Elle est autorisée à quitter le pays[8],[9]. Elle regagne le Maroc, puis se rend en Côte d'Ivoire et au Sénégal, avant de revenir en Guinée en 2000[4]. Elle s'attache dès lors à défendre le bilan de son défunt mari, le rôle de celui-ci dans l'établissement de l'État guinéen, ses choix politiques, oubliant en revanche qu'il s'était aussi octroyé le droit de vie et de mort sur ses compatriotes, par exemple la secrétaire d'État Loffo Camara, qu'elle a connue personnellement et qui a été exécutée[10]. Son fils Mohamed Touré (d) devient le secrétaire général du parti fondé par son père, le Parti démocratique de Guinée[11]. Lui et son épouse Denise, qui vivent avec leurs enfants aux États-Unis, sont condamnés en 2018 par la justice du Texas à une peine de 7 ans de prison pour travail forcé de leur employée de maison guinéenne Djenna Diallo[12]. Andrée se mobilise pour le versement des dommages et intérêts de 300 000 dollars à la victime et pour leur libération anticipée[13],[14]. En , il est libéré après cinq ans de detention[15].


Sous Mamadi Doumbouya
Le , le colonel Mamadi Doumbouya lui rend visite, une première depuis son retour d'exil en 2000[16]. Par décret, Mamadi Doumbouya restitue les villa Syli de Belle Vue aux héritiers de Sékou Touré[17]. Le , elle participe, en tant qu’invitée spéciale de la république islamique d’Iran, à une rencontre internationale de Premières dames[18], quarante-deux ans après sa dernière visite avec le président Ahmed Sékou Touré à Téhéran, le , comme médiateur en chef de pourparlers iraniens. Elle a été reçue respectivement par le guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Khomeini, en 1981 et par son successeur Ali Khamenei, en 2023.
En 2024, elle accepte le transfert des archives privées d'Ahmed Sekou Touré aux Archives nationales de Guinée[19]. Elle rencontre régulièrement des personnes de tous âges venus lui rendre visite[20].
Mort
Andrée Touré meurt le au Maroc à l'âge de 92 ans[21],[22],[23]. Selon Oyé Béavogui, secrétaire général par intérim du Parti démocratique de Guinée-Rassemblement démocratique africain (PDG-RDA), elle séjournait au Maroc depuis environ six mois pour des visites médicales de routine, son état de santé étant affaibli par l'âge[23].
Ouvrage
- Ma Vie auprès d’Ahmed Sékou Touré, 2023, L'Harmattan Guinée[24].