Andreas Malm

journaliste suédois From Wikipedia, the free encyclopedia

Andreas Malm est un auteur suédois, maître de conférences en géographie humaine à l'université de Lund et militant classé à l’extrême gauche, engagé en particulier dans l'activisme pro palestinien puis dans la lutte contre le changement climatique.

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Andreas Malm
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Il est partisan d’une certaine forme de violence, notamment le sabotage, pour faire avancer la cause écologique.

Enfance

Andreas Malm né à Mölndal en Suède, dans une « famille chrétienne progressiste » très religieuse, d'un père journaliste et écrivain, Magnus Malm (sv)[1], et d'une mère enseignante en école primaire[2].

Parcours et engagements personnels

Débuts et premiers engagements

Il est un activiste pro-palestinien, antifasciste et antiraciste dans les milieux suédois extraparlementaires d’extrême gauche dans les années 1990[3],[2], puis publie le livre Bulldozers Against a People, dans lequel il fait la chronique de son propre travail avec des militants pour la Palestine[4].

En , il participe à une action militante au sommet sur le climat dans le cadre de la conférence de Berlin de 1995 sur les changements climatiques[2],[1].

Il se rend régulièrement dans les territoires palestiniens occupés et écrit sur le conflit israélo-palestinien depuis 1996[5].

En , il rejoint l'International Solidarity Movement en Cisjordanie[5].

Il écrit pour le journal d'un syndicat suédois, Arbetaren, de 2002 à 2009. À partir de 2010, il écrit dans le journal Internationalen (sv), l'hebdomadaire du parti trotskyste, Parti socialiste suédois (sv), qui fait partie de la quatrième Internationale - Secrétariat unifié, et dont il est membre[4]. Il participe au magazine de gauche radicale américaine Jacobin. Il fonde en Suède à la section nationale de l'International Solidarity Movement. Il participe à des groupes de désobéissance civile contre le changement climatique[6].

Il siège au comité de rédaction de la revue Historical Materialism (en), une revue académique trimestrielle spécialisée dans le matérialisme historique, l'étude de la société, de l'économie et de l'histoire en utilisant une approche marxiste[7].

Il écrit également deux livres sur la lutte des travailleurs en Iran avec sa partenaire Shora Esmailian (sv) — pays où ils sont depuis interdits de séjour[4].

En , après des protestations, l'Académie des beaux-Arts de Vienne annule une conférence qu'il devait prononcer lors de la journée d'action pour le climat, motivée par ses prises de position sur Israël, qu'il décrit comme une « entité sioniste »[8].

En 2023, il est maître de conférences en écologie humaine au département de géographie humaine et de géographie économique de l'université de Lund[9],[10].

Prises de position

Lutte contre le changement climatique

En 2005, il intègre la cause climatique après avoir lu les livres du journaliste et militant écologiste britannique Mark Lynas, qui a notamment publié Marée montante (Au Diable Vauvert, 2004) et Six degrés. Que va-t-il se passer ? (Dunod, 2008). Il est particulièrement actif au sein des mouvements écologistes entre 2005 et 2009, année de la conférence de Copenhague, à partir de laquelle il débute un thèse sur le capitalisme fossile[2].

Dans sa thèse Fossil Capital, il soutient que la percée de l'énergie tirée du charbon n'était pas due à son efficacité en tant que source d'énergie, mais parce qu'« elle facilitait beaucoup le contrôle de la main-d'œuvre ». Alors que l'hydroélectricité  qui à l'époque était à la fois moins chère et plus économe en énergie  était liée à la proximité des rivières, les machines à vapeur pouvaient être installées dans les villes et les cités, où des infrastructures éducatives et des forces de police étaient déjà en place. « Cela a permis à long terme aux capitalistes d'exploiter plus facilement la force de travail et de garantir leurs profits »[4].

Il participe alors aux actions d'Ende Gelände[2].

Par la suite, s’attachant à concilier marxisme et environnementalisme, il encourage les activistes écologiques à dépasser le pacifisme pour lutter contre le « capitalisme fossile »[2]. Dans son ouvrage The Progress of This Storm (2018), il plaide en faveur d'une perspective marxiste sur le climat[4].

Son message séduit une partie de la gauche radicale[3],[11]. En 2023, il intervient lors de deux conférences à l'institut La Boétie, le think tank du mouvement politique La France insoumise, au sujet du capitalocène et des stratégies de désobéissance civile[3],[12]. Il apporte également son soutien aux mouvements d'opposition aux méga-bassines en France, et participe à la manifestation contre la méga-bassine de Sainte-Soline[13].

Il théorise le recours au sabotage et l’abandon du principe de non-violence par le mouvement écologiste. Il est également critique par rapport à la « philosophie du vivant », un courant de pensée initié par des intellectuels tels que Bruno Latour et Philippe Descola, qui perdure encore aujourd'hui grâce au travail de personnes comme Baptiste Morizot, Nastassja Martin ou encore Vinciane Despret[14].

Il critique de la géoingénierie, sans la discréditer complètement, estimant qu’il est difficile de faire l’économie de certains outils capables de capter le carbone. Une prise de position éloignée du courant technocritique[2].

Comment saboter un pipeline

Selon Libération, l'auteur constate dans son livre Comment saboter un pipeline l'échec des différentes actions écologistes non violentes depuis les années 2000 à infléchir les émissions de gaz à effet de serre en France, malgré le nombre de personnes mobilisées. Les perspectives économiques du capitalisme et de l'industrie extractive restent selon lui inchangées[15].

En 2023, le livre est mis en avant lors d'un procès français contre plus de 30 personnes soupçonnées de sabotage et de dommages matériels de plusieurs millions de dollars, où il a été présenté comme une source d'inspiration pour les militants[10].

Théoricien des Soulèvements de la Terre ?

Le , Gérald Darmanin le cite dans un décret de dissolution des Soulèvements de la Terre, comme « théoricien » de l'association de fait, citant son dernier essai Comment saboter un pipeline, comme la principale inspiration du mouvement[16],[17],[18].

Dans une tribune au Monde, Andreas Malm rappelle que ni lui, ni son éditeur, La Fabrique, n'ont été soupçonnés ou accusés d'illégalité. Il évoque la possibilité que des critiques ou un rejet du raisonnement de son livre puissent être fait, mais juge « stupéfiant » que ces propositions soient « qualifiées de “terrorisme intellectuel” ou “d’actions extrêmes allant jusqu’à la confrontation avec les forces de l’ordre” »[19]. Une position partagée par son éditeur, qui alerte sur « les nouvelles formes de censure, d’atteintes aux libertés et de mesures d’intimidation qui pèsent sur les maisons d’édition »[17],[20].

Avis de Tempête

Dans son essai Avis de tempête, Andreas Malm prend ses distances avec les théoriciens Bruno Latour et Philippe Descola, et indique que « nous avons ardemment besoin d'une haine de classe écologique », renvoyant par là à l'urgence climatique et à l'inadéquation des discours modérés[14].

En 2025, il se définit comme léniniste, anti-staliniste[21].

Conflit israélo-palestinien

Andreas Malm s'engage de manière durable dans le combat contre la colonisation de la Palestine, contre l'islamophobie en Europe et contre « l'impérialisme américain »[4].

Il considère l'attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023 comme un moment « de stupeur et de joie ». Il déclare le lors d'une conférence à l'université américaine de Beyrouth[22] : « La première chose que nous avons dite dans ces premières heures n’était pas tant des mots que des cris de jubilation. Ceux d’entre nous qui ont vécu leur vie avec et à travers la question de la Palestine ne pouvaient pas réagir autrement aux scènes de la résistance prenant d’assaut le checkpoint d’Erez : ce labyrinthe de tours en béton, d’enclos et de systèmes de surveillance, cette installation consommée de canons, de scanners et de caméras – certainement le monument le plus monstrueux à la domination d’un autre peuple dans lequel j’ai jamais pénétré – tout à coup entre les mains de combattants palestiniens qui avaient maîtrisé les soldats de l’occupation et arraché leur drapeau. Comment ne pas crier de stupeur et de joie ? Il en va de même pour les scènes où les Palestiniens franchissent la clôture et le mur et affluent sur les terres dont ils ont été chassés. »[23].

Réception critique

Il est considéré comme un militant classé à l’extrême gauche[24],[25].

Pour Marianne, Andreas Malm est un « penseur en vogue dans les milieux de gauche radicale »[26]. Naomi Klein, qui cite Malm dans son livre Tout peut changer, le décrit comme « l'un des penseurs les plus originaux sur le sujet » du changement climatique[27]. Pour L'Express, il serait le « nouveau gourou des écologistes radicaux »[28].

Selon Olivier Vial, directeur du Centre d’études et de recherches universitaire, laboratoire d’idées universitaire chargé du programme de recherche sur les radicalités, les travaux et les écrits d'Andreas Malm « ont contribué à relégitimer l'utilité de la violence dans l'esprit des militants[29]. » Malm est, en effet, défenseur de l'intégration du « sabotage » aux méthodes du mouvement contre le changement climatique[26],[28].

En , Camille Étienne cite Andreas Malm en rappelant que « toutes les victoires civiles […] et droits obtenus, [nous les devons] à la collaboration étroite entre une branche plus modérée et ce qu’on appelle la “théorie d’un flanc plus radical » dans l’émission C ce soir[28],[30].

Vie privée

Il a été marié à l'auteure Shora Esmailian (sv) avec qui il a deux enfants[1].

Dictinctions

Publications

Ouvrages originels

  • (sv) Bulldozers mot ett folk – om ockupationen av Palestina och det svenska sveket, 2002
  • (sv) När kapitalet tar till vapen – om imperialism i vår tid, 2004
  • (sv) Radar : signaler från arbetarens essäsidor 2002–2004, (red), 2004
  • (sv) Sprängkraft i Iran – arbetarkamp och krigshot, 2005
  • (sv) Vi skulle få leva här: om muren i Palestina, (red), 2005
  • (sv) Det är vår bestämda uppfattning att om ingenting görs nu kommer det att vara för sent, Atlas, 2007
  • (en) Iran on the Brink: Rising Workers and Threats of War, Pluto/University of Michigan, Press 2007, en collaboration avec Shora Esmailian
  • (sv) Hatet mot muslimer, Atlas, 2009
  • (en) Fossil capital : The Rise of Steam Power and the Roots of Global Warming, Londres, Verso, , 488 p. (ISBN 978-1-78478-129-3, BNF 45598996)
  • (en) The Progress of The Storm : Nature and Society in a Warming World, Londres, Verso Books,
  • (sv) Stormens utveckling: att leva i den globala uppvärmningens tid, Modernista, 2020.
  • (en) Corona, Climate, Chronic Emergency : War Communism in the Twenty-First Century, Londres, Verso Books,
  • (en) How to Blow Up a Pipeline : Learning to Fight in a World on Fire, Londres, Verso Books,
  • (en) The Destruction of Palestine Is the Destruction of the Earth, Londres, Verso Books, , 144 p. (ISBN 978-1-83674-008-7)

Ouvrages traduits en français

  • L'Anthropocène contre l'histoire : le réchauffement climatique à l’ère du capital (trad. de l'anglais), Paris, La Fabrique, , 250 p. (ISBN 978-2-35872-095-3, BNF 45253887)
  • Comment saboter un pipeline (trad. de l'anglais), Paris, La Fabrique, , 216 p. (ISBN 978-2-35872-195-0)
  • La Chauve-souris et le Capital : stratégie pour l'urgence chronique (trad. de l'anglais), Paris, La Fabrique, , 248 p. (ISBN 978-2-35872-203-2)
  • Avis de tempête : Nature et culture dans un monde qui se réchauffe (trad. de l'anglais), Paris, La Fabrique, , 240 p. (ISBN 978-2-35872-261-2)
  • Pour la Palestine comme pour la Terre : Les ravages de l’impérialisme fossile (trad. de l'anglais), Paris, La Fabrique, , 168 p. (ISBN 978-2-35872-291-9)
  • Overshoot : Résister à l'idéologie du dépassement (trad. de l'anglais) écrit avec Wim Carton, Paris, La Fabrique, , 300 p. (ISBN : 9782358723121)

Au cinéma

Notes et références

Liens externes

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