Angela Marzullo
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| Pseudonyme |
Makita |
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| Influencée par |
Valerie Solanas, Susan Mogul (en) |
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| Site web |
Performing Scum (d) |





Angela Marzullo, née en 1971 à Rümlang dans le canton de Zurich, est une artiste féministe radicale, vidéaste, Art Spunkt et performeuse italo-suisse. Elle utilise la vidéo filmée de ses performances dans une démarche de questionnements féministes[1].
Formation
Angela Marzullo[2] fait ses études à la Haute école d'art et de design (HEAD) de 1994 à 2004 à Genève où elle obtient son diplôme en 1999, ainsi qu'un diplôme de postgrade en « Nouveau-Media » en 2004.
La perspective féministe de son œuvre
Angela Marzullo se définit comme une artiste féministe radicale. Elle critique les mécanismes sexistes qui construisent l'identité genrée depuis l'enfance, et envisage la culture comme une possibilité de transmission de la lutte féministe[3]. En 2005, elle explore l'intersection des thèmes de la maternité et du féminisme avec Performing SCUM [4],[5],[6]. Ce travail explore la question de la modalité de transmission des thèmes féministes parfois violents à la jeune génération dans une forme expérimentale filmée, où les deux filles de l'artiste, Stella et Lucie[7] rejouent avec des mots modifiés des scènes entre Carole Rossoupoulos et Delphine Seyrig travaillant sur le SCUM manifesto de Valérie Solenas. Cette exploration des clivages privé / public, thèmes féministes traditionnels, devient récurrente dans son œuvre.
Son œuvre Performing SCUM est mentionnée dans l'ouvrage Feminist Art theory, an anthology 1968- 2014 de Hillary Robinson[8].
En 2017 le Centre de la photographie de Genève organise une exposition de rétrospective de l'ensemble de son œuvre, Feminist Energy Crisis[9],[10],[11].
Travail sur la territorialité du genre
En 2004, Marzullo réalise une performance filmée, Mi scappa la pipi (littéralement Moi je dois faire pipi), en se mettant en scène en train d'uriner sur la place des Nations unies à Genève et dans les allées clôturées attenantes[12]. Ce travail explore les limites du politiquement correct tout en renversant les codes du genre.
Problématique Queer
Angela Marzullo travaille sur les stéréotypes, plus particulièrement ceux qui sont liés à la construction sociale du genre. En 2007 dans la vidéo intitulée La tronçonneuse, elle se met en scène avec des attributs virils et découpe une paroi à la tronçonneuse[13],[14].
Empowerment
En 2012 Marzullo écrit Makita Manifesto[15], un manifeste féministe appelant à une pratique féministe d'artiste révolutionnaire, dans une optique d'autonomisation dès le plus jeune âge. Ce manifeste est lu dans une performance où l'artiste apparaît habillée en playmate avec un costume réalisé en torchons de cuisine[16].
Travail critique de l'esthétique
Dans Makita Gelato, en 2015, Angela Marzullo change de média et s'intéresse à la mise en esthétique du corps féminin par la photographie, en introduisant un élément disrupteur : la glace, mangée par l'artiste qui se photographie, devint dans un deuxième temps surpeinture et est appliquée sur le portrait. La glace devient symbole d'une passivité féminine devant la consommation masculine destructrice du corps féminin. Selon Jean-Paul Gavard Perret[17] la glace est alors « une sorte de métaphore et de transfiguration de ce massacre ».
Travail sur l'éducation
Angela Marzullo produit en 2008 une vidéo mettant en scène ses propres filles lisant les Lettres Luthériennes de Pier Paolo Pasolini sur les lieux d'enfance de l'artiste[18]. Elle aborde dans cette vidéo la question de la transmission de l'éducation à la jeunesse, notamment dans son angle subversif puisque le point nodal en est la lecture de la vision utopique de Pasolini. Marzullo interroge l'idée de lutte des classes et les théories de éducation.
En 2014 elle expose à l'espace noir de Saint-Imier une installation sur le thème de la sorcière et des « pisseuses »[19],[20]. Son œuvre se veut dérangeante dans une perspective post punk[3].
Elle revient sur le thème de l'éducation avec la publication de Homeschooling en 2016[21], qui donne en rétrospective une vue de ses travaux autour du thème de l'éducation[22].