Nicole Brenez
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Nicole Brenez, née le , est une historienne, théoricienne, programmatrice et professeur de cinéma à l'université Paris 3[1], spécialiste des cinématographies d’avant-garde.
Formée au lycée expérimental de Sèvres, au lycée Louis-le-Grand puis au lycée Henri-IV, élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégée de lettres modernes, elle enseigne à l'université Aix-Marseille 1 dans les années 1990, à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (années 2000), à l'université Paris III depuis la rentrée 2010. Elle a enseigné à l'université d'État de l'Iowa (2002), à l'Université de Montréal (2006), à la Film Factory de Béla Tarr (Sarajevo, 2015-2016). De 2011 à 2016, elle est membre senior de l'Institut universitaire de France[2].
Travaillant sur la méthodologie en analyse de film, elle introduit à l'analyse de la dimension figurative du cinéma dans sa thèse de doctorat intitulée Autour du Mépris. Deux problèmes cinématographiques rapportés à l'invention figurative et solutions filmiques, soutenue en 1989 à l'École des hautes études en sciences sociales sous la direction de Hubert Damisch. En 1998, elle propose avec De la Figure en général et du Corps en particulier une méthode (l'analyse figurale) qui consiste à chercher dans les films eux-mêmes les outils de leur analyse. Elle retrace les sources historiques de cette démarche à l'occasion de son habilitation à diriger des recherches Cinéma et théorie immanente (2004).
En , elle reçoit le Year 2000 Film Preservation de l'Anthology Film Archives à New York, qui salue la rétrospective Jeune, dure et pure. Une histoire du cinéma expérimental et d'avant-garde en France (codirection Christian Lebrat)[3]. Sa préface à l'ouvrage, L'Atlantide (pages 17 à 22), débute par cette définition du cinéma qu'elle y défend :
« Un film expérimental considère le cinéma à partir, non pas de ses usages, mais de ses puissances ; et il s'attache aussi bien à les rappeler, les déployer, les renouveler, qu'à les contredire, les barrer ou les illimiter. Une telle entreprise s'exerce d'abord sur le dispositif technique propre au cinéma, dont la complexité concrète favorise l'investigation et toutes les formes de déplacement : c'est à ce titre que les pionniers, Émile Reynaud, Étienne-Jules Marey, Georges Demenÿ, Lucien Bull, Louis et Auguste Lumière, Georges Méliès, Raoul Grimoin-Sanson ou Émile Cohl ouvrent l'histoire du cinéma comme cinéma expérimental. »
En 2012, son traducteur, le critique et professeur Adrian Martin (en), consacre un livre à cette méthode : Last Day Every Day: Figural Thinking from Auerbach and Kracauer to Agamben and Brenez (PunctumBook, Brooklyn, NY)[4].
En 2017, la Femis l'engage pour diriger son Département « Analyse et Culture cinématographique »[5],[6].
Nicole Brenez a mis au point la méthodologie et le vocabulaire des études figuratives au cinéma[7]. La terminologie utilisée dans ses cours et articles (« régimes d'images », « économie figurative », « analyse figurale », « occurrence figurative »…) est désormais devenue courante[réf. nécessaire].
Les recherches de Nicole Brenez s'attachent notamment aux œuvres de John Cassavetes, Abel Ferrara, Jean-Luc Godard ou Philippe Grandrieux. Spécialiste des avant-gardes, elle travaille sur l'histoire, la cartographie et la taxinomie des cinémas politiques et expérimentaux.
Programmations
Production
En 2010, Nicole Brenez et Philippe Grandrieux conçoivent une collection de portraits de cinéastes révolutionnaires méconnus ou minorés, Il se peut que la beauté ait renforcé notre résolution. La collection est produite par Epileptic (Annick Lemonnier). Philippe Grandrieux inaugure la série avec le portrait de Masao Adachi. Le film reçoit le New Vision Award au Festival CPH:DOX de Copenhague en 2011, le Grand Prix Expérimental-Essai-Art Video au Festival Côté court de Pantin en 2012, le Grand Prix du documentaire au Festival de Tripoli-Beyrouth en 2013.
En 2015, la collection se poursuit avec Salut et Fraternité. Les images selon René Vautier de Oriane Brun-Moschetti. Puis en 2017 avec The Image You Missed de Donal Foreman et en 2018 avec Newsreel : du cinéma anonyme vers des luttes nommées de James Schneider et Ivora Cusak[8].
Enseignement et orientations actuelles
Au niveau pédagogique, Nicole Brenez associe ses étudiants — de fin de cursus : en DEA ou doctorants — à des séminaires (Histoire, conservation du cinéma expérimental, 2008; L'Art au temps du numérique, 2009) ou à des publications — séminaires qui se tiennent la plupart du temps à l'INHA. Elle a coordonné, en 2010, avec le doctorant Bidhan Jacobs, l'ouvrage collectif (comprenant des contributions de ses étudiants et de quelques artistes) : Le Cinéma critique, de l'argentique au numérique, voies et formes de l'objection visuelle. Ce cinéma critique qu'elle avait déjà identifié ailleurs, en tant que pamphlet visuel, qui dépasse les catégories normées du cinéma expérimental et du documentaire militant, pour aller vers le « film essai »[9]
Elle définit, ainsi, l'« objection visuelle » :
« Nous appellerons objection visuelle les modes d'actualisation pratique et plastique d'un travail critique au cinéma. Issu de réflexions collectives menées dans le cadre de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et plus particulièrement des Journées d'études organisées par les Trois Lumières (association des doctorants et chercheurs en études cinématographiques)[10] à l'Institut national d'histoire de l'art, ce recueil s'attache à trois des dimensions de l'objection visuelle dont l'histoire du cinéma aura manifesté l'importance et la fertilité esthétique : l'objection visuelle dans le champ de l'iconographie; l'objection visuelle aux prises avec les déterminations matérielles d'un médium et la normalisation de ses usages; l'objection visuelle comme mise en perspective, relativisation, voire refus des outils, moyens et postulats techniques[11]. »
