Angelo Scucchia

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Angelo Scucchia
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Angelo Scucchia, né en 1909 à La Spezia, est un journaliste italien.

Jeunesse communiste

Né en 1909 à La Spezia, Angelo Scucchia suivit des cours à l'école primaire puis s'impliqua jeune dans le militantisme communiste en parallèle de sa profession de photographe[1]. Arrêté à Rome en octobre 1927, accusé de propagande communiste au sein de l’entreprise Breda, il fut condamné par le Tribunal spécial à six ans de prison. Après une période de détention à Padoue, en 1930 Scucchia demanda son transfert à Turin depuis Bari[1].

Sur place, il rencontra le dirigeant communiste Antonio Gramsci avec qui il polémiqua longuement, l'accusant entre autres d’« opportunisme » et de déviation social-démocrate. Le communiste Aldo Magnani racontera plus tard : « Puis, de Turi, on m’a transféré à Bari, où avait été transféré auparavant Angelo Scucchia. [Mario] Garuglieri m’avait parlé de lui et m’avait dit qu’il était l’un des plus acharnés contre Gramsci. En effet, même à Bari, celui-là continuait à dire du mal de Gramsci, affirmant qu’il était un privilégié, qu’il était égoïste, allant jusqu’à chercher à démolir sa personnalité. »[2] En novembre 1932, Scucchia sortit de prison et s’employa immédiatement à reconstruire le réseau clandestin du Parti communiste italien (PCI) à Rome[1].

La conversion au fascisme

Sous surveillance des autorités, il fut de nouveau en mars 1933 et envoyé en confino sur l’île de Ponza où, après une profonde crise intérieure, au printemps de l’année suivante, il se convertit soudainement au fascisme et renonça à l’internationalisme. Entre mai et juin 1934, il écrivit à Asvero Gravelli, directeur du journal Ottobre, ainsi qu’à Mussolini, plusieurs textes dans lesquels il expliquait son évolution idéologique ainsi qu'un bref article intitulé « J’accuse le comité central du PCI »[1]. En effet, Scucchia y expliqua à Gravelli que Ottobre avait influencé sa « libération spirituelle » et son « repentir envers le régime fasciste »[1]. Rappelant comment d’autres jeunes « s’étaient donnés au communisme davantage par incompréhension que par manque d’honnêteté politique face aux idéaux du fascisme et de sa “véritable œuvre” », il affirmait désormais que la révolution fasciste était une « véritable révolution du peuple parce qu’elle tend à unifier les différents contrastes entre les classes dans et pour l’intérêt suprême de la Nation et de l’État » et déclarait la supériorité du corporatisme, condamnant « le verbe fallacieux des faux apôtres de l’émancipation ouvrière »[1].

Toujours au mois de mai, Scucchia envoyait à Gravelli un autre article, « Roma insegna », où il avertissait que « s’effondre le système économico-politique individualiste et se disloque en même temps son antithèse : le social-communisme, comme idéologie et comme mouvement »[1]. En un mot, la « révolution mondiale » des bolchéviques ainsi que le « cosmopolitisme libéral et l’internationalisme marxiste » se voyaient surpassés par l’universalité de la révolution fasciste. De plus, Scucchia écrivit :

« C’est toute une lutte contre le vieux monde qui s’est engagée et la “jeunesse” de notre siècle œuvre avec foi et passion pour l’expansion d’une nouvelle Idée et d’une nouvelle civilisation : l’Idée fasciste et la Civilisation de Mussolini. »[1]

Libéré en juin, Scucchia retourna à Rome où, dès l’été 1934, il entama une intense carrière journalistique en devenant secrétaire de rédaction de la revue La Verità de Nicola Bombacci de 1936 à 1941 et rédacteur de Il Lavoratore ainsi que de Il Nuovo Occidente, journaux dans lesquels ils louait les conquêtes sociales et l'esprit révolutionnaire du fascisme tout en attaquant le communisme soviétique[1]. En janvier 1937, Scucchia publia ses « Confessions » dans La Verità afin d'évoquer son parcours. Il confessa qu’en 1926, il voyait le fascisme comme la « superstructure politique des classes supérieures » mais que ce ne fut qu’à travers les études qu'il réalisa à Ponza qu’il se rendit compte que le régime soviétique n’avait rien de révolutionnaire et que la Russie avait pris un chemin « exclusivement national » et capitaliste d'État[1]. Il conclua son article en attaquant les faux révolutionnaires :

« Le vrai révolutionnaire, sous tous les climats et à toutes les époques, a toujours regardé en avant et a toujours renoncé à tout, même à ses propres convictions. Renoncer à la vérité d’aujourd’hui au profit de la vérité suprême signifiée par sa propre candidature au musée des antiquités et quand un révolutionnaire s’attaque au passé par incapacité à innover et à s’agréger avec son temps ou par vanité et ridicule instrumentalisme, alors il renonce à être révolutionnaire. »[1]

Critique vis-à-vis de Bombacci, qu’il considérait comme un naïf et un incapable, il proposa à Mussolini, avec l’appui de Achille Starace, et en compagnie d'Antonio Di Legge et Giovanni Guidi, à la fin de 1937, la création d’un autre magazine anticommuniste, proposition restée lettre morte[1].

En 1935, il s'engagea volontairement dans la guerre d’Éthiopie et en 1937 dans celle d’Espagne mais, dans les deux cas, ne fut par accepté. Il demanda également à plusieurs reprises une carte d'adhérent au Parti national fasciste (PNF) mais qu’il n’obtint jamais[1]. Il donna à deux de ses fils les prénoms Benito et Adolfo et collabora étroitement comme informateur avec la section politique du commissariat de Rome depuis l’été 1934 jusqu’à la chute du régime fasciste, puis avec les services réservés de la République sociale italienne (RSI), jusqu’à la libération de Rome en juin 1944[1].

Journaliste après-guerre

Dans l’après-guerre, Scucchia blanchit son passé fasciste et obtint la carte du Parti socialiste italien (PSI), poursuivant ainsi son activité journalistique, notamment dans Avanti! et d’autres journaux[1]. Dans les années soixante-dix, il écrivit quelques opuscules dans lesquels il participa à la redécouverte de la figure de Gramsci[1].

Publications

Notes et références

Bibliographie

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