Anna Guérin

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Décès
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Nom de naissance
Anna Boulle
Pseudonyme
Sarah Garnier
Anna Guérin
Anna Guérin en 1919.
Biographie
Naissance
Décès
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Nom de naissance
Anna Boulle
Pseudonyme
Sarah Garnier
Autres noms
Anna Rabanit
Nationalité
Activités
Conférencière, enseignante, militanteVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Conflit
Œuvres principales

Anna Guérin est une Française née le à Vallon-Pont-d'Arc et morte le , à l'origine de la Campagne du Coquelicot pour commémorer les victimes de la Première Guerre mondiale et aider leurs familles.

Coquelicots de tissu sur un mémorial à Canberra.

Anna Boulle naît à Vallon-Pont-d'Arc (Ardèche)[1] le [2]. Ses parents, des paysans cévenols de tradition protestante, lui permettent de suivre des études et elle obtient le brevet supérieur[3]. Elle s'installe à Madagascar avec son premier mari, un ancien marin renvoyé pour inconduite nommé Paul Rabanit, qui a mis le cap sur cette nouvelle colonie pour y chercher des pierres précieuses[3]. Le couple a deux filles, Raymonde et Renée[3]. Anna fonde une école, qui accueille plus de cent élèves. En 1907, elle reçoit les Palmes académiques[3]. Elle se sépare la même année de cet homme brutal, mais souhaite continuer le métier d’institutrice, ce qui est alors interdit aux femmes divorcées[4] : elle rentre en métropole et contracte en 1909 un mariage de convenance avec Eugène Guérin, un magistrat d'origine alsacienne[3].

Vers 1910, elle enseigne à l'Alliance française au Royaume-Uni et s'y fait en parallèle conférencière sous le pseudonyme de Sarah Granier[3], racontant l'histoire de Françaises célèbres (Jeanne d'Arc, Marie-Antoinette ou encore Charlotte Corday). Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, elle laisse ses filles dans sa famille et part aux États-Unis[3]. De passage en France en 1915, elle est frappée par la souffrance des familles des soldats tués ou lourdement blessés. Elle décide de vendre aux États-Unis des coquelicots de papier en soutien aux familles des victimes des combats. À raison de 10 cents la pièce, c'est un million de francs-or qu'elle récolte[4] au fil de ses tournées, arborant un tailleur coupé dans la toile bleu horizon des capotes des soldats français[3].

Après l'Armistice, Anna Guérin créée la Ligue interalliée des enfants, patronnée par la France[3].

Toujours outre-atlantique, elle lance alors l'idée du Poppy Day, cette journée commémorative de l'armistice du 11 novembre 1918 où chacun porte à la boutonnière une fleur de coquelicot (poppy, en anglais). La pratique se répand dans les pays anglophones : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande. En France en revanche, c'est le bleuet qui est porté à partir de 1916, sous l'impulsion de deux infirmières de l'hôpital militaire des Invalides, Charlotte Malleterre et Suzanne Lenhardt[4]. Le port du bleuet en France disparaît progressivement après la Seconde Guerre mondiale, avant de renaître à partir des années 1990 ; le port du coquelicot en revanche reste un succès dans les pays du Commonwealth[4].

En 1940, Anna Guérin entreprend une action en justice contre Moina Michael, une Américaine dont elle s'est inspirée et qui s'est attribuée la paternité de l'idée. Ce n'est qu'en 2022 qu'une étude publiée par l'historienne britannique Heather Johnson lui en reconnaît le crédit[4],[5].

Anna Guérin meurt dans l'anonymat le [3]. Elle exerçait alors en France la profession d'antiquaire[4].

Distinctions et hommages

Une plaque à sa mémoire a été posée en 2021 à Aubigny-sur-Nère[3].

Bibliographie

Articles connexes

Références

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