Annalena Tonelli

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Annalena Tonelli
Biographie
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Autres informations
Distinction

Annalena Tonelli, née le à Forlì, et morte le à Borama est une missionnaire laïque catholique italienne et une militante de l'action sociale. Pendant 33 ans, elle œuvre en Afrique de l'Est, se consacrant à la prévention et au traitement de la tuberculose et du VIH/SIDA, aux campagnes d'éradication des mutilations génitales féminines et à la création d'écoles spécialisées pour enfants sourds, aveugles et handicapés[1]. En , elle reçoit le prix Nansen pour les réfugiés, décerné chaque année par le HCR en reconnaissance de services exceptionnels rendus à la cause des réfugiés[2]. En , elle est assassinée dans son hôpital au Somaliland par deux hommes armés[3].

En , l’évêque de Forlì-Bertinoro, Livio Corazza, et l’évêque de Djibouti, Giorgio Bertin, ont conjointement lancé les démarches préliminaires en vue de l’ouverture de la cause de béatification de Tonelli[1],[3].

Kenya

Annalena Tonelli est née en 1943 à Forlì, en Italie. Elle étudie le droit et devient avocate après ses études[4].

Après « six années de service auprès des pauvres des banlieues, des enfants orphelins, des enfants handicapés mentaux ou physiques ou des enfants maltraités » de sa propre ville[1], en 1969, Annalena Tonelli, alors âgée de 25 ans, part en Afrique soutenue par le Comité contre la faim dans le monde de Forlì, qu'elle avait aidé à lancer[3].

Wajir

En 1969, Tonelli s'installe au Kenya, où elle commence à travailler comme enseignante au lycée de Wajir. Après quelques années, elle étudie également pour devenir infirmière et passe plus d'une décennie dans la ville de Wajir à soigner les démunis et les malades[4].

Dès 1976, Tonelli est chargée d'un projet pilote de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le traitement de la tuberculose chez les populations nomades. Dans ce cadre, elle invite les patients tuberculeux nomades à camper devant le Centre de réadaptation pour personnes handicapées qu'elle dirige avec d'autres bénévoles qui se sont joints à elle pour soigner les personnes atteintes de poliomyélite, les aveugles, les sourds-muets et les personnes handicapées. Cette approche garantie l'observance du traitement par les patients pendant les six mois nécessaires et fut adoptée par l'OMS sous le nom de Stratégie DOTS (Directly Observed Therapy Short)[1].

Tonelli créé également une école pour sourds à Wajir, dont les diplômés sont installés dans d'autres régions d'Afrique somalophone pour y fonder des écoles. Un ancien élève de cette école de Wajir et deux femmes sourdes originaires de Wajir crééent les premières écoles de langue des signes somalienne[5].

En 1984, suite à des affrontements politiques et interclaniques, l'armée kényane lance une campagne de répression contre le clan somalien Degodia dans la région de Wajir, connue sous le nom de massacre de Wagalla. Les Degodia sont soupçonnés d'être des Shifta, des bandits opérant le long des routes. L'armée kényane rassemble 5 000 hommes et garçons, et les conduit à la piste d'atterrissage de Wagalla, où ils sont contraints de rester allongés nus sur le ventre pendant cinq jours. Un millier d'entre eux furent probablement abattus, torturés ou moururent d'hypothermie[1]. Annalena se rend à la piste d'atterrissage de Wagalla avec deux camions et sa Toyota Serf. Elle tente de récupérer les corps et de soigner les blessés, mais on lui refuse l'accès. Plus tard, elle suivit les traces des véhicules militaires qui abandonnent les corps aux abords de la piste. Certains étaient encore en vie et elle les sauva. Elle emmène ensuite un journaliste photographier le génocide. Elle fait sortir clandestinement les photos avec Barbara Lefkow, l'épouse d'un diplomate américain, afin de faire pression sur la communauté internationale[3]. La dénonciation publique d'Annalena Tonelli contribue à mettre fin aux massacres, mais pas avant que des milliers de personnes ne périssent. Le massacre de Wagalla constitue la pire violation des droits humains de l'histoire du Kenya[1]. Arrêtée et traduite devant un tribunal militaire, on lui a fait comprendre que le fait d'avoir échappé à deux embuscades ne garantie pas sa survie à une troisième[3]. En raison des protestations véhémentes de Tonelli contre le recours à la violence par l'armée kényane contre la communauté Wajir, les autorités kényanes refusent de prolonger son permis de travail. Tonelli s'installe ensuite en Somalie[4].

Somalie et Somaliland

L'école des sourds Annalena à Borama, Awdal Somaliland.

Tonelli s'installa d'abord à Merka, ville portuaire du sud qui, durant la période coloniale, faisait partie du Somaliland italien. Elle déménagea ensuite à Borama, dans la région d'Awdal, au nord-ouest, une ville située dans l'ancien protectorat britannique du Somaliland[4]. Tonelli passe les 19 années suivantes à travailler en Somalie[1].

À Borama, Tonelli fonde un hôpital pour tuberculeux sur le site d'un établissement datant de l'époque coloniale. Sa famille et ses amis en Italie aident à financer l'hôpital, contribuant à hauteur de 20 000 dollars par mois pour son entretien[1].

L'entrée principale de l'hôpital pour tuberculeux à Borama.

Mort

En , Annalena Tonelli est assassinée à l'hôpital pour tuberculeux qu'elle avait fondé à Borama par des hommes armés non identifiés. Plusieurs rumeurs circulent quant aux raisons de son meurtre. La plus plausible est qu'elle aurait été tuée par un groupe protestant contre l'accueil de patients atteints du VIH/SIDA à Borama. En , des centaines de manifestants ont défilé devant son hôpital de Borama, lançant des pierres et scandant « Mort à Annalena ! ». Ils l'accusaient de propager la maladie dans leur ville[1]. D'autres rumeurs évoquent un ancien employé mécontent qui estimait qu'elle lui devait un emploi, ou encore des membres du groupe armé islamiste Al-Ittihad al-Islami[3].

Deux semaines après l'assassinat de Tonelli, Dick et Enid Eyeington sont assassinés dans leur appartement de l'école secondaire SOS Sheikh, dans la ville de Sheikh, située au nord-ouest du Somaliland. Les assassins appartenaient probablement à la même cellule terroriste. Ils auraient été arrêtés en 2004, jugés et condamnés à mort par un tribunal local[1].

Distinctions

Liens externes

Références

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