Somaliland

pays de la corne de l'Afrique dont la reconnaissance est limitée From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Somaliland (en somali : Soomaaliland et Jamhuuriyadda Soomaaliland ; en arabe : أرض الصومال, Arḍ aṣ-Ṣūmāl, et جمهورية أرض الصومال, Jumhūrīyat Arḍ aṣ-Ṣūmāl), est une ancienne colonie britannique située dans la Corne de l'Afrique, qui a fusionné avec la Somalie italienne en juillet 1960 pour former la République de Somalie. Il s'est auto-proclamé indépendant en 1991, ce qui n'est pas reconnu par la grande majorité de la communauté internationale pour qui il s'agit d'une région de la République fédérale de Somalie[2].

Devise أَشْهَدُ أَنْ لْاَ إِلَـهَ إِلْاَّ ٱلله وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ ٱلله
(J'atteste qu'il n'y a pas de divinité en dehors d'Allah et que Mahomet est l'envoyé de Dieu)
Hymne Samo ku waar
حياة طويلة مع السلام
Longue vie en paix
Forme de l'État République présidentielle
Revendiqué par Drapeau de la Somalie Somalie (en tant qu'État)
Faits en bref Devise, Hymne ...
République du Somaliland
Jamhuuriyadda Soomaaliland (so)
جمهورية أرض الصومال (ar)
Republic of Somaliland (en)
Drapeau
Drapeau du Somaliland
Blason
Armoiries du Somaliland
Devise أَشْهَدُ أَنْ لْاَ إِلَـهَ إِلْاَّ ٱلله وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ ٱلله
(J'atteste qu'il n'y a pas de divinité en dehors d'Allah et que Mahomet est l'envoyé de Dieu)
Hymne Samo ku waar
حياة طويلة مع السلام
Longue vie en paix
Description de cette image, également commentée ci-après
Les territoires contrôlés par le Somaliland sont en vert foncé, en vert clair les territoires revendiqués par le Somaliland.
Administration
Forme de l'État République présidentielle
Revendiqué par Drapeau de la Somalie Somalie (en tant qu'État)
Reconnu par Drapeau d’Israël Israël
Président de la République Abdirahman Mohamed Abdullahi
Vice-président Mohamed Aw-Ali Abdi
Parlement Parlement
Chambre haute
Chambre basse
Chambre des Anciens
Chambre des représentants
Langues officielles Anglais, somali, arabe
Capitale Hargeisa
Géographie
Superficie totale 284 120 km2
Fuseau horaire UTC +3
Histoire
Indépendance Drapeau de la Somalie Somalie
Déclarée
Démographie
Gentilé Somalilandais, Somalilandaise
Groupes ethniques Isaaq, Issa, Samaroon, harti
Population totale (2024[1]) 6 200 000 hab.
(classé 112e)
Densité 22 hab./km2
Économie
PIB nominal (2017) 2,573 milliards
Monnaie Shilling du Somaliland
Divers
Indicatif téléphonique +252
Fermer
Carte interactive du Somaliland

Le Somaliland a une superficie d'environ 284 120 km2[3]. Il est limitrophe de la Somalie, de l'Éthiopie, de Djibouti et à travers le golfe d'Aden, du Yémen. Sa population était d'environ 6 200 000 habitants en 2024[4]. Sa capitale, Hargeisa, a une population d'environ 1 756 000 habitants[5].

Histoire

Une partie des peintures rupestres de Las Geel.

Préhistoire

Le Somaliland est habité au moins depuis le Paléolithique avec les cultures Doian et Hargeisan[réf. nécessaire]. La preuve la plus ancienne des coutumes funéraires dans la Corne de l'Afrique provient de cimetières du Somaliland datant du 4e millénaire avant notre ère. Les outils en pierre du site de Jalelo dans le nord ont également été caractérisés en 1909 comme des artefacts importants démontrant l'universalité archéologique au cours du Paléolithique entre l'Est et l'Ouest.

En , une équipe d'archéologues français dirigée par Xavier Gutherz découvre des peintures rupestres à Laas Geel, près de Hargeisa. On y trouve plus de 30 grottes peintes. Protégés par les autorités dès leur découverte, ces sites constituent une attraction touristique en plein essor[6].

Antiquité

Des anciennes structures pyramidales, des mausolées, des villes en ruine et des murs de pierre, tels que le mur de Wargaade, témoignent d'une ancienne civilisation qui prospérait autrefois dans la péninsule somalienne. Cette civilisation jouissait d'une relation commerciale avec l'Égypte ancienne et la Grèce mycénienne depuis le deuxième millénaire avant notre ère, ce qui permet de soutenir l'hypothèse que la Somalie ou les régions adjacentes étaient l'emplacement de l'ancien pays de Pount. Les Pountites faisaient le commerce de la myrrhe, des épices, de l'or, de l'ébène, du bétail à cornes courtes, de l'ivoire et de l'encens avec les Égyptiens, les Phéniciens, Babyloniens, Indiens, Chinois et Romains par leurs ports commerciaux.

On pense que le dromadaire a été domestiqué dans la région entre le IIe et le IIIe millénaire av. J.-C.. De là, il s'est répandu en Égypte et au Maghreb.

Histoire ancienne

Principaux repères :


Colonie britannique

Longtemps dans la sphère de l'Empire ottoman, ce territoire devient un protectorat britannique en 1888, sous le nom de Somalie britannique (Somaliland). Les Anglais, peu intéressés par ce territoire qui assure le ravitaillement de la garnison d'Aden en ovins, n'imposent pas une administration occidentale et s'ingèrent peu dans les affaires de la société traditionnelle locale, dont les structures restent inchangées[7].

Seconde Guerre mondiale

Le (ou le 4 selon d'autres sources), environ 40 000 Italiens envahissent le Somaliland britannique sous le commandement du général Guglielmo Nasi[8]. Ils s'emparent en quelques jours de plusieurs villes mal défendues[8]. Les forces britanniques au Somaliland reçoivent quelques renforts et un nouveau commandant, le major-général Godwin-Austen[8]. Jugeant les forces en présence trop inégales, ce dernier demande le le retrait des troupes britanniques[8]. Les derniers soldats britanniques sont évacués vers Aden le 17[8]. Les Italiens s'emparent de Berbera le 19 et annexent le Somaliland britannique à l'Afrique orientale italienne[8]. Lors de cette campagne, les pertes britanniques s'élèvent à 38 tués, 71 blessés et 49 disparus, pour 465 tués, 1 530 blessés et 34 disparus chez les Italiens[9].

En , les troupes britanniques reprennent le Somaliland, qui redevient une colonie sous administration anglaise. En 1946, un mouvement nationaliste somali est créé au Somaliland, la Somali National League (SNL)[10].

Brève indépendance puis union avec la Somalie

Le , l'État du Somaliland devient indépendant.

Le , cinq jours après son indépendance, alors que plus d'une trentaine d'États l'ont reconnu officiellement, le Somaliland fusionne avec la Somalie italienne pour former la Somalie. Le Premier ministre de la Somalie britannique, Mohamed Ibrahim Egal, devient ministre de la nouvelle République. Il en devient Premier ministre en 1967, puis est renversé par le coup d'État dirigé par Mohammed Siad Barre en 1969.

Indépendance

Carte du Somaliland de 2007, frontalier du Pount.

Une rébellion menée par le Mouvement national somalien (SNM) éclate au début des années 1980. Elle est brutalement réprimée par Mohammed Siad Barre. En 1988, Hargeisa est bombardée par l'aviation gouvernementale. La répression fait 50 000 morts et près de 500 000 déplacés[7], pour une ville qui avait alors quelque 1 million d'habitants (soit % des habitants qui meurent pendant la répression). C'est le début de la guerre civile somalienne, qui s'amplifie avec le renversement de Mohammed Siad Barre en 1991.

Le , est proclamée l'indépendance de deux régions administratives de Somaliland : Togdheer et Woqooyi Galbeed, parties de l'ancienne colonie britannique. Cette déclaration n'a jamais été reconnue par la communauté internationale. Cependant, des délégations étrangères (djiboutiennes, éthiopiennes, françaises…) se rendent au Somaliland. En , l'indépendance est entérinée par un référendum qui remporte 97,1 % de oui[7]. Mohamed Ibrahim Egal est élu président en 1993, il est réélu en 1998 et reste au pouvoir jusqu'à sa mort le , alors que son 2e mandat n'est pas terminé. Dahir Riyale Kahin, le vice-président, prend donc les fonctions de président jusqu'aux prochaines élections. Le , Ahmed Silanyo est élu président de la République, et succède à Riyale Kahin un mois plus tard[11].

La Somalie en avril 2017.
Carte du Somaliland en 2021.

Un conflit frontalier s'installe entre l'État du Somaliland et la région autonome du Pount. En , le Somaliland et les Émirats arabes unis signent un accord, prévoyant la construction dans le port de Berbera d'une base navale et aérienne, concédée aux Émirats pour 25 ans. Ces derniers s'engagent aussi à agrandir le port civil et à le gérer pendant 30 ans[12]. Lors de l'élection présidentielle de 2017, Muse Bihi Abdi est élu avec 55,10% des voix le [13]. Il entre en fonction le , à Hargeisa, la capitale du pays, en présence de dignitaires d'Éthiopie, de Djibouti, du Royaume-Uni et de l'Union européenne. Le , le porte-parole du gouvernement du Somaliland déclare officiellement que son gouvernement est prêt à ouvrir un dialogue diplomatique avec le gouvernement somalien, afin qu'il puisse enfin mettre fin à l'hostilité politique, sociale et économique chronique des deux pays.

Lors de l'élection présidentielle de novembre 2024, Abdirahman Mohamed Abdullahi, du parti Waddani, est élu, président du Somaliland avec 63,92 % des suffrages devant le président sortant, Muse Bihi Abdi[14],[15].

Relations étrangères

Ouverture du bureau de Taiwan à Hargeisa.
Le président du Somaliland Muse Bihi Abdi lors d'une visite en république de Guinée en 2019, recevant une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères de Guinée Mamadi Touré.

Le Somaliland a des contacts politiques avec l'Éthiopie[16] et Djibouti[17], la république de Chine (Taïwan)[18], ainsi qu'avec l'Afrique du Sud[16], la Suède[19], le Royaume-Uni[20]et la micro-nation du Liberland[21],[22]. Le , l'Union européenne (UE) a envoyé une délégation aux Affaires étrangères pour discuter d'une future coopération. L'Union africaine (UA) a également envoyé un ministre des Affaires étrangères pour discuter de l'avenir de la reconnaissance internationale, et les 29 et , les ministres déclarent qu'ils discuteraient de la reconnaissance avec les États membres de l'organisation.

Au début de 2006, l'Assemblée nationale du pays de Galles a étendu une invitation officielle au gouvernement de Somaliland pour assister à l'ouverture royale du bâtiment Senedd à Cardiff. Cette décision a été considérée comme un acte de reconnaissance par l'Assemblée galloise de la légitimité du gouvernement séparatiste. Le pays de Galles abrite une importante communauté d'expatriés somaliens du Somaliland. En 2007, une délégation conduite par le président Kahin était présente à la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth à Kampala, en Ouganda. Bien que le Somaliland ait demandé à rejoindre le Commonwealth avec le statut d'observateur, sa candidature est toujours en attente.

Le , Johnnie Carson, secrétaire d'État adjoint aux Affaires africaines, déclare que les États-Unis modifieront leur stratégie en Somalie et chercheront à approfondir leur engagement avec les gouvernements du Somaliland et du Puntland tout en continuant à soutenir le gouvernement de transition somalien. Carson déclare que les États-Unis enverront des travailleurs humanitaires et des diplomates au Puntland et au Somaliland et fait allusion à la possibilité de futurs projets de développement. Cependant, Carson souligne que les États-Unis n'étendront pas la reconnaissance officielle à l'une ou l'autre région[réf. nécessaire]. La reconnaissance du Somaliland par le Royaume-Uni est également soutenue en par le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui arrive troisième lors des élections générales de 2015[23]. En 2011, le Somaliland et la région voisine du Puntland ont chacun conclu un protocole d'accord lié à la sécurité avec les Seychelles. Suivant le cadre d'un accord antérieur signé entre le gouvernement fédéral de transition et les Seychelles, le mémorandum est pour le transfert des personnes condamnées dans les prisons du Puntland et du Somaliland[24].

Le , le Somaliland et Taïwan signent un accord pour mettre en place des bureaux de représentation afin de promouvoir la coopération entre les deux pays[25]. La coopération entre les deux politiques sur l'éducation, la sécurité maritime et la médecine commence en 2009. Le personnel taïwanais est entré au Somaliland en février 2020 afin de préparer l'ouverture du bureau de représentation[26]. Taïwan ouvre officiellement le bureau représentatif à Hargeisa. Taïwan ne reconnaît cependant pas ouvertement le Somaliland comme étant un pays indépendant[27]. Plusieurs autres pays ont installé un bureau de liaison ou un consulat à Hargeisa : Turquie (depuis 2014), Royaume-Uni, Danemark, Éthiopie, Taïwan (depuis 2020) et Émirats arabes unis (depuis 2021). En 2022, le Sénat américain vote le Somaliland Partnership Act, qui autorise le gouvernement des États-Unis à renforcer la coopération avec le Somaliland[28].

Le , le Somaliland et l'Éthiopie signent un mémorandum d'entente prévoyant la concession à l'Éthiopie d'un bail de cinquante ans sur le port en eau profonde de Berbera et l'installation d'une base militaire éthiopienne au Somaliland en échange, selon le gouvernement d'Hargeisa, d'une reconnaissance diplomatique éthiopienne du Somaliland et de parts dans la compagnie aérienne Ethiopian Airlines. La Somalie rappelle alors son ambassadeur à Addis-Abeba, dénonçant cet accord comme illégal car violant son intégrité territoriale[29].

Reconnaissance

Le , Israël devient le premier État à reconnaître officiellement la république du Somaliland en tant qu'État indépendant et souverain et une déclaration « conjointe et mutuelle » est signée[30],[31]. Le Somaliland - alors protectorat britannique - avait déjà été reconnu par Israël ainsi que 34 autres pays le 26 juin 1960, juste avant son intégration à la Somalie tout récemment indépendante de l’Italie[28],[32]. La nouvelle reconnaissance israélienne suscite la liesse parmi le peuple du Somaliland[33] et s'inscrit dans le cadre des accords d'Abraham que le Somaliland dit vouloir rejoindre[31].

En revanche, le monde musulman exprime son mécontentement[33]. En premier chef, la Somalie condamne immédiatement une « attaque délibérée contre sa souveraineté »[31]. Des États comme la Turquie dénoncent cette reconnaissance, qualifiée d'« ingérence manifeste dans les affaires intérieures de la Somalie », tout en pointant la « politique expansionniste » d’Israël[34],[31]. Le ministère des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne affirme qu'Israël avait « déjà évoqué le Somaliland comme destination pour l’expulsion de représentants du peuple palestinien, en particulier depuis la bande de Gaza »[35],[31]. Selon Afrique XXI et d'autres media, Israël serait intéressé par ces relations diplomatiques car il cherche un lieu pour déporter les Gazaouis lors de la guerre de Gaza et pour renforcer sa politique de « normalisation » et d’invisibilisation de ses crimes envers les Palestiniens[28],[36],[37]. Cependant, le ministre des Affaires étrangères du Somaliland, Abdulrahman Duale Adan, contredit immédiatement ces allégations : « Le Somaliland n'a ni discuté ni accepté d'accueillir ou de recevoir des personnes de la bande de Gaza... Toute autre allégation est mensongère et vise à tromper l'opinion publique »[38],[37].

Par cette décision, Israël chercherait à avoir de nouveaux alliés en mer Rouge, région stratégique marquée par la multiplication des attaques des Houthis - soutenus par l'Iran - contre des navires de commerce et des cibles militaires mais également route commerciale à sécuriser reliant l'océan Indien au canal de Suez, afin de « contrebalancer l’influence régionale des puissances rivales », même au prix de nouvelles tensions internationales[39],[37],[31],[32].

Politique

Le parlement bicaméral du Somaliland est composé d'une chambre haute, la Chambre des anciens dont les membres ne sont pas directement élus, et d'une chambre basse, la Chambre des représentants qui comporte 82 sièges dont les membres sont élus pour cinq ans à la proportionnelle dans six circonscriptions plurinominales correspondant aux régions du pays[40]. En 2000, le Somaliland adopte une Constitution basée sur la charia[41].

Le droit de vote est accordé à partir de 16 ans[42]. Trois grands partis politiques sont actifs.

À côté du système démocratique à l’occidentale, les tribus, ou clans, jouent un rôle majeur dans la politique somalilandaise. Elles participent aux prises de décision lors de grandes conférences durant plusieurs mois : selon Helen Lackner, si cette composante du jeu politique est bien adaptée à la structure sociale du pays, elle a tendance à exclure les jeunes et les femmes[43].

Présidence

Abdirahman Mohamed Abdullahi, président du Somaliland depuis le .

Son président et son vice-président sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois[44].

Davantage d’informations No, Nom ...
Titulaires de la fonction de président du Somaliland
No Nom Élection Mandat Parti Politique
1 Abdirahman Ahmed Ali Tuur

(1931-2003)

1991

(1 an, 353 jours)

DWS
2 Mohamed Ibrahim Egal

(1928–2002)

1993

1997

(8 ans, 352 jours)

Aucun

(jusqu'en 2001) UDUB

3 Dahir Riyale Kahin

(né en 1952)

2003

(8 ans, 85 jours)

UDUB
4 Ahmed Mahamoud Silanyo

(1936-2024)

2010

(7 ans, 139 jours)

Kulmiye
5 Muse Bihi Abdi

(né en 1947)

2017 -

(6 ans, 365 jours)

Kulmiye
6 Abdirahman Mohamed Abdullahi

(né en 1955)

2024 depuis le

(1 an, 93 jours)

Waddani
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Géographie

Régions administratives du Somaliland :
  • Awdal
  • Saahil
  • Maroodi-Jeeh
  • Toghdheer
  • Sanaag
  • Sool
  • Le Somaliland borde le golfe d'Aden. Située à l'ouest, l'Éthiopie utilise le port somalilandais de Berbera comme débouché maritime secondaire (en plus de Djibouti). Le Somaliland est sporadiquement en conflit sur sa frontière avec la région semi-autonome du Pount (à l'est).

    L'État est composé de six régions administratives[45].

    Davantage d’informations Régions, Capitale ...
    RégionsCapitaleDistricts
    AwdalBoramaBaki - Zeilah - Lughaya - Borama
    SahilBerberaSheikh - Da'ar buduq - Bulhar - Xaggal
    Maroodi JeexHargeisaGabiley - Hargeisa
    TogdheerBuraoOodweyne - Buuhoodle - Duruqsi - Sh. Xasan Geelle - Qoryale
    SanaagErigavoEl Afweyn - Badhan - Las Khorey - Dhahar (en) - Garadag (en) -Maydh - Dararweyne (en) - Fiqifuliye (en) -Xiis
    SoolLas AnodAynabo (en) - Taleh - Xudun (en) - Bo'ame (en) - Yagori (en)
    Fermer

    La majeure partie du Somaliland est composée d'une savane sèche, traversée par quelques fleuves. On trouve[style à revoir] cependant quelques forêts et lacs.

    Infrastructures

    Il existe bien plus d'infrastructures modernes au Somaliland qu'en Somalie, un pays subissant une guerre civile depuis 1991. Plusieurs routes en asphalte traversent le pays, la principale étant la Route 1, qui va de la frontière éthiopienne jusqu'à Berbera.

    Le pays compte sept aéroports, le principal étant celui d'Hargeisa. Toutes les grandes villes sont desservies par un réseau d'électricité, alimenté par des générateurs diesel, des panneaux solaires et des éoliennes. Un réseau internet existe dans quelques villes, comme Hargeisa, Berbera, Borama ou encore Burao.

    Démographie

    Évolution démographique

    Évolution démographique
    1899 1960 1997 2006 2013
    246 000650 0002 000 0003 500 0004 500 000
    Davantage d’informations - ...
    2021 2024 - - -
    5 700 0006 200 000---
    Fermer

    Langues

    Distribution de la langue afro-asiatique somali dans la région de la corne de l'Afrique.

    Toute la population parle le somali, langue commune avec la république de Somalie (ex-Somalie italienne). Seules quelques variantes dialectales diffèrent avec le somali parlé au Sud. L'arabe est très courant, et utilisé surtout dans un cadre religieux, ou pour le commerce du bétail avec des pays de la péninsule Arabique (Arabie saoudite, Yémen), et pour le commerce avec les populations frontalières éthiopiennes. L'arabe est la première langue commerciale.

    L'anglais est la langue de la période coloniale, et la deuxième langue commerciale. C'est également la langue universitaire et celle des élites. L'anglais est aussi la deuxième langue administrative, à égalité avec le somali. L'italien n'était parlé que dans la Somalie du Sud, l'ex-Somalie italienne. Pratiquement tous les documents administratifs sont traduits en anglais et cette langue devient de plus en plus pratiquée. Le pays a une diaspora qui vit surtout au Royaume-Uni et dans les pays du Moyen-Orient.

    Religions

    L'islam est la religion d'État, et toute promotion d'une autre religion est interdite par la Constitution[41]. Les minorités religieuses concernent environ 2 % de la population du Somaliland : il s'agit surtout de protestants, de chrétiens orthodoxes de l'Église éthiopienne et de catholiques[réf. nécessaire].

    En 2016, un journaliste du Monde constate que sous l'influence des États arabes du Golfe, une variante plus rigoriste de l'islam gagne du terrain[50].

    Principales villes

    Davantage d’informations Population, Ville ...
    Liste des plus grandes villes du Somaliland (2022)[51]
    Population Ville Région
    1 756 000[52] Hargeisa Maroodi Jeex
    398 609 Borama Awdal
    288 211 Burao Togdheer
    242 300 Berbera Maroodi Jeex
    156 400 Las Anod Sool
    114 800 Erigavo Sanaag
    106 914 Gabiley Maroodi Jeex
    83 747 Buuhoodle Togdheer
    70 000 (estimé) Badhan Sanaag
    28 645 Sheikh Maroodi Jeex
    Fermer

    Le Somaliland n'effectuant pas de recensement régulier pour les villes, les données de population pour les principales villes ne proviennent pas tous de la même année.

    Société

    Santé

    97 % des femmes y sont victimes d'excision[53]. Le , le ministre des Affaires religieuses, cheikh Khalil Abdullahi Ahmed, déclare une fatwa contre l'excision dite «pharaonique», demandant ainsi au Parlement de légiférer l'interdiction[54]. Le président Muse Bihi Abdi est également pour l'interdiction.

    Droits LGBT

    Les LGBT n'ont aucun droit au Somaliland[55]. Les relations homosexuelles sont sanctionnées[56].

    Éducation

    Il y a beaucoup d'écoles au Somaliland, mais le manque significatif d'emplois disponibles fait que 80 % des diplômés ne trouveront pas d'emploi.

    La langue somalie n’est codifiée à l'écrit qu'en 1972 par le gouvernement militaire de Siad Barre[57].

    Personnalités liées au Somaliland

    Personnalités culturelles

    • Mohamed Ibrahim Warsame, dit Hadraawi : poète somalien[57],[61]
    • Okey Ndibé, romancier[61]
    • Khadra Ali, cinéaste[57]
    • Muuse Ismaaciil Galaal[62]
    • Sahra Halgan, chanteuse

    Médias

    Il existe une télévision publique, la Somaliland National Television (SLNTV) qui émet 24 heures sur 24 partout dans le pays. Elle gère également Radio Hargeisa et une chaîne privée, Somaliland Television[63].

    Économie

    L'exportation de bétail est très importante pour l'économie du Somaliland, vers l’Arabie saoudite (notamment de dromadaires). L’économie repose également sur les télécommunications et le commerce du khat.

    Le port de Berbera est aussi utilisé pour des exportations de l'Éthiopie, puisque ces pays ne dispose plus du port érythréen d'Assab. Le Somaliland dispose de richesses minières et pétrolières. Le principal investisseur étranger est Prime Ressources, filiale de Invicta[64]. Cette société est dirigée par Mohammed Yussef et administrée par Lord John Stevens, ancien conseiller spécial pour le renseignement du Premier ministre britannique, Gordon Brown[65]. Faute de reconnaissance, le pays est exclu des circuits financiers mondiaux, et le budget fédéral n’excède pas 500 millions de dollars. La capitale abrite une Foire internationale du livre, qui tient en 2022 sa quinzième édition[66].

    Le pays est alimenté en devises d'expatriés et d'exilés depuis 2011 via Dahabshiil Bank International[67]. Fondée par un Somalien, Abdirashid Duale, Dahabshiil opère dans 126 pays, dont 40 en Afrique. Un million et demi de Somalis vivant à l’étranger envoient près d’un milliard de dollars[68] en 2015, et 1,6 milliard de dollars par an en 2021[69].

    Le grand projet du pays est lié à l'extension du port de Berbera. Poumon du Somaliland avec 32 000 conteneurs traités annuellement en 2015 (plus de 150 000 par an en 2019[70]), il est loin des 750 000 traités par son voisin djiboutien. Cependant, l’Éthiopie envisage de faire transiter par le port somalilandais près de 30 % de ses importations, contre à peine 5 % en 2015. Privé d'accès autonome à la mer par ses relations difficiles avec l’Érythrée, Addis-Abeba a besoin d’un autre accès à la mer que celui offert par Djibouti[71].

    En 2009, l'opérateur télécom Telesom (en) crée un service de monnaie virtuelle (ZAAD) via téléphone portable[72] pour suppléer à la faiblesse du secteur bancaire[73].

    En 2015, on estime que 75 % de la population est au chômage et que 90 % de l'économie relève du secteur privé[74]. Début 2017, le pays est aux prises avec une sécheresse mortelle pour le bétail et la population[75]. Selon un article du Jerusalem Post, publié en , la classe dirigeante du Somaliland souhaiterait entretenir des relations étroites avec Israël[76]. En 2018, DP World annonce investir jusqu'à 442 M$ dans le port en eau profonde de Berbera. Les travaux sont achevés en 2021. Le poste à quai est maintenant de 1 500 m de long, contre 650 précédemment. Le port est détenu à 51 % par DP World, 30 % par le Somaliland, et 19 % par l'Éthiopie, pays enclavé qui y voit une alternative aux port de Djibouti ou d'Assab. Le trafic de conteneurs est en forte augmentation[77],[78].

    Les ports et aéroports du pays comprennent : l'aéroport International Egal d'Hargeisa, l'aéroport de Berbera, le port de Zeilah, le port de Berbera et le DP World Berbera New Port (en) (2016) de DP World (Dubaï).

    Notes et références

    Annexes

    Related Articles

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