Anne Dacre
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Anne Dacre ( - ), comtesse d'Arundel, est une poétesse et aristocrate anglaise. Elle se convertit clandestinement au catholicisme en 1582, défiant la politique de la reine Élisabeth Ire. Elle est également connue pour ses poèmes chrétiens et pour les œuvres littéraires qui lui sont consacrées.
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Philip Howard (à partir de ) |
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Famille
Anne est née au château de Naworth, à Carlisle, le . Elle est la fille aînée de Thomas Dacre, 4e baron Dacre, et d'Elizabeth Leyburn. Après Anne, sa mère donne naissance à trois autres enfants : un fils, George, en 1562, et deux filles, Mary, en 1563, et Elizabeth, en 1564[1]. En 1566, le père d'Anne meurt ; peu après, sa mère se remarie et devient la troisième épouse de Thomas Howard, 4e duc de Norfolk. En , alors qu'Anne a environ dix ans, sa mère meurt en couches[2].
Après la mort de leur mère, Anne et ses frères et sœurs sont essentiellement élevés par leur grand-mère maternelle, Lady Mounteagle. Sa mère et sa grand-mère étaient toutes deux de ferventes catholiques, ce qui influence fortement ses convictions et ses pratiques religieuses. Durant leur enfance, Anne et ses frères et sœurs reçoivent un enseignement religieux dispensé par un prêtre catholique, malgré l'accession au trône d'Élisabeth Ire en 1558 et son renversement de la Contre-Réforme de Marie Ire.
Mariage
Le beau-père d'Anne, Thomas Howard, obtient finalement la tutelle de la fratrie. Il a pour projet de marier George à Margaret, sa fille unique. Les trois sœurs doivent quant à elles épouser les trois fils de Thomas : Philip, Thomas et William.
En 1569, Anne épouse donc le fils aîné et héritier du duc de Norfolk, Philip Howard, comte de Surrey[3]. Les deux enfants n'ayant que douze ans à l'époque, la cérémonie est répétée deux ans plus tard, lorsqu'ils atteignent l'âge de la majorité.
Philip et Anne se voient peu au début de leur mariage, notamment parce qu'il est alors étudiant à Cambridge ; Anne se retrouve ainsi sous la protection du grand-père maternel de Philip, Henry FitzAlan, 12e comte d'Arundel. Après la mort de celui-ci le , Philip et Anne deviennent comte et comtesse d'Arundel.
Au début de leur mariage, Anne et Philip déménagent sans cesse. Ils passent constamment d'Audley End à Arundel House, à Londres, puis à Nonsuch, avec des visites occasionnelles à Charterhouse, alors connue sous le nom de Howard House. Au début des années 1580, ils emménagent finalement au château d'Arundel dans le Sussex.
Religion et conversion
Enfant, Anne apprend de sa grand-mère « une grande estime de soi et une profonde affection pour la religion catholique, une grande compassion pour les malades et les personnes affligées, et une grande admiration pour la Compagnie de Jésus »[4]. Aux XVIe et XVIIe siècles, les lois contre le catholicisme se multiplient et entraînent de sévères sanctions. Son beau-père, catholique ayant reçu une éducation protestante, tente de dissuader Anne de se tourner vers le catholicisme[1]. Malgré cela, Anne se convertit au catholicisme en 1582 grâce à un prêtre marial, dans son château d'Arundel, dans le Sussex. Lorsque sa conversion du protestantisme au catholicisme est connue, la reine Élisabeth Ire manifeste sa vive désapprobation et Anne est assignée à résidence chez Thomas Shirley[3]. Anne y donne naissance à son premier enfant, Elizabeth, en 1583[5].
Après sa libération, Anne retrouve Philip, mais ce dernier est lui aussi assigné à résidence en 1584 après sa conversion au catholicisme. Contrairement à son épouse, Philip tente de s'évader et de fuir en France en 1585. Lors de cette tentative, il est capturé en mer, emprisonné indéfiniment à la Tour de Londres et condamné à une amende de 10 000 livres sterling. Élisabeth Ire interdit également à Anne de résider à Londres ; elle loue donc une maison à Finchingfield, dans l'Essex. C'est là qu'elle donne naissance en 1585 à son deuxième enfant, Thomas, futur 14e comte d'Arundel. Philippe n'a pas l'occasion de rencontrer son fils, car il meurt à la Tour le . Anne fait vœu de chasteté après sa mort et décide de ne jamais se remarier[4].
Veuve
Déclarée veuve en 1595, Anne se voit confisquer tous les biens de Philip qui lui reviennent de droit. Elle doit rembourser ses dettes et subvenir aux besoins de sa famille en vendant ses terres. Pendant longtemps, Anne et ses deux enfants vivent dans la pauvreté. Des années plus tard, après une vie difficile passée à rembourser ses dettes, Anne peut enfin recevoir l'héritage de son mari, ce qui lui permet d'offrir une vie décente à ses enfants. Elle finit par retourner au château de Naworth, à Carlisle, où elle est née.
Dès lors, Anne consacre ses journées à sa pratique religieuse. Elle a à cœur d'aider les personnes dans le besoin, en particulier les malades[6]. En , Anthony Standen écrit au jésuite Robert Persons au sujet de la religion de la reine Anne de Danemark. Il espère alors que la comtesse d'Arundel et d'autres femmes catholiques parviendraient à la convertir au catholicisme[7].
Elle meurt le à Shifnal Manor, dans le Shropshire, à l'âge de 73 ans, et est inhumée auprès de son époux dans la chapelle Fitzalan du château d'Arundel. Dans une homélie prononcée en 1995 à la cathédrale d'Arundel, le cardinal Basil Hume déclare : « Je crois qu'Anne a atteint le plus haut degré de sainteté. »[6].
Œuvres littéraires
Anne Dacre a écrit de nombreux poèmes, lettres, et entrées de journaux intimes tout au long de sa vie, notamment des récits de sa vie et de celle de son mari. Ses écrits constituent une « compilation de souvenirs, dont certains témoignent de ses tentatives de se remémorer les premières étapes de sa vie, tandis que d'autres relatent la vie quotidienne dans sa maison, où elle pratiquait une piété disciplinée et concrète. Les événements sont teintés des émotions qui habitaient encore la comtesse, comme dans le récit "De la haine que la reine lui portait" ».
Des poèmes d'Anne sur son mari nous sont parvenus. Elle a également écrit sur sa grand-mère qui l'a élevée. Toute sa poésie a été publiée sous son nom [8].