Anne Fillon

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Décès
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Le MansVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Anne Marie Soulet
Nationalité
Anne Fillon
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Biographie
Naissance
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Nom de naissance
Anne Marie Soulet
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Penelope Fillon (belle-fille)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Directeur de thèse

Anne Fillon, née le au Mans, où elle est morte le , est une historienne française moderniste, spécialiste de l'histoire rurale, professeur à l'Université du Mans dans les années 1980 et 1990.

Elle est la mère de François Fillon, homme politique, de Pierre Fillon, président de l'Automobile Club de l'Ouest et de Dominique Fillon, musicien.

Origines familiales et famille

Née Anne Soulet, elle est issue d'une famille originaire du Pays basque[1], mais vient au monde le [2] au Mans (Sarthe).

Épouse de Michel Fillon, notaire, elle travaille d'abord comme assistante dans l'étude de son époux[3].

De leur mariage, naissent quatre fils, dont l'un, Arnaud, né en 1963, meurt accidentellement à l'âge de 18 ans[4].

Professeur à l'université du Mans

Reprenant des études d'histoire, elle soutient en 1982 une thèse de doctorat sur Louis Simon (1741-1820), étaminier dans le village de La Fontaine-Saint-Martin, élaborée sous la direction du professeur Jean-Marie Constant[5].

Elle est élue maîtresse de conférences à l'université du Mans, où elle devient ensuite elle-même professeur.

Durant ses années de professorat, Anne Fillon dirige les travaux de quatre doctorants ayant pour cadre la province du Maine au XVIIIe siècle  :

  • Sylvie Granger sur les musiciens ;
  • Véronique Pifre sur la pauvreté ;
  • David Audibert sur les marchands épiciers ;
  • Benoît Hubert sur le négociant Leprince d'Ardenay.

Elle y crée le Centre universitaire d'éducation permanente et l'association Liaison Université.

Autour de Louis Simon

Le premier volume de la thèse d'A. Fillon commence par soixante pages de souvenirs personnels sur sa jeunesse et la période de la Révolution française et de l'Empire[3] rédigées par Louis Simon lui-même, traitant notamment de son mini tour de France (jusqu'à Arras), de sa vie amoureuse (35 pages) et professionnelle. Louis Simon ajoute encore quelques pages de conseils à ses descendants, d'autres pages sur les événements historiques marquants, sur des considérations religieuses… Ces quelques pages constituent une source précieuse pour l'histoire sociale du XVIIIe siècle, comme le Journal de ma vie de Jacques-Louis Ménétra, un autre homme du petit peuple. Anne Fillon remet ensuite les propos de Simon dans leur contexte et les prend comme base à une étude de la micro-société (La Fontaine-Saint-Martin et les villages alentour) et de son évolution. On trouvera quelques détails sur la page "La Fontaine-Saint-Martin".

Elle crée l'association Les Amis de Louis Simon[6], ainsi qu'un musée des arts et traditions populaires dans la commune de La Fontaine-Saint-Martin (Sarthe), dans une des maisons habitées par Louis Simon.

Les Trois Bagues aux doigts

Dans Les Trois Bagues aux Doigts, elle approfondit beaucoup des éléments de la vie de Simon, en adoptant une vision plus large pour englober les "amours villageoises au XVIIIe siecle" dans son coin de la Mayenne : rencontres, rôle des parents (y compris la procédure des "sommations respectueuses" adressées aux parents récalcitrants) et des habitants des différentes couches sociales, "rituels pour parvenir aux épousailles", sexualité. Elle identifie les causes des évolutions au cours du siècle et commence par le rôle de la littérature de colportage (en particulier chansons d'amour et manuels de bienséance relatifs au mariage), envisage ensuite l'influence des élites (qui conduit à l'adoption de la bague, à la place de la pièce d'argent comme signe d'engagement, p. 403), et termine sur l'influence du clergé.

Anne Fillon sait que Louis Simon a été en contact avec un colporteur, qui était presque son voisin (p. 320) à une époque où Simon avait les moyens de payer 1 à 2 sols pour s'acheter un livret. Après 1760-1770, les colporteurs de passage furent nombreux grâce à la route royale. Cela a conduit Anne Fillon à étudier[7] la littérature de colportage qu'elle soupçonnait dans sa thèse d'être en partie responsable du style de Simon. Elle s'est aperçue que ce sont les chansons qui l'ont influencé, peut-être celles du Nouveau Recueil de Chansons sur plusieurs Airs Nouveaux[8]. "Rien d'étonnant donc à ce que nous retrouvions dans le vocabulaire et dans l'outillage mental de Louis Simon des mots et des idées sortis tout droit des chansons", écrit A. Fillon (p. 322). Elle estime qu'à partir des années 1750 "[e]ntre 500 et 1 000 chansons au moins -- peut-être beaucoup plus - se répandirent en effet, qui introduisaient brusquement des notions étrangères à l'outillage mental des villageois : la quête amoureuse, la soumission à la femme aimée, la femme inaccessible, la toute-puissance du dieu Amour. Elle célébraient des valeurs dont on avait jusque-là peu parlé, comme le bonheur et la tendresse, attaquaient d'anciennes valeurs comme l'esprit de pénitence, le renoncement, le refoulement des passions, la chasteté. Elles prônaient aussi l'assouvissement de désirs considérés comme suspects ou coupables…" (p. 385) A. Fillon ne note toutefois pas de relâchement des mœurs avant 1780 : " Tout indique, au contraire, qu'entre 1750 et 1780 le ton général est à la distinction, à la décence, au sentimentalisme" (p. 395). Cette distinction n'était pas nouvelle, mais elle a été renforcée par les livrets de colportage ayant pour sujet les usages et bienséances. Elle mentionne un certain nombre de "secrétaires" ("manuels contenant des modèles de lettres à l'usage des personnes qui n'ont aucune habitude de l'art d'écrire", selon Littré)[9] pour bien écrire, et pour bien parler fait référence à un petit livret, Les fleurs de bien dire, et sentences très-élegantes. Avec des comparaisons pour bien discourir en compagnie, et courtiser les dames au tems présent. Très utile et necessaire pour apprendre à bien parler à une fille par la ruë, ou autre part. Dédié aux amoureux. (A Troyes, rue du Temple : Chez la veuve de Jacques Oudot, 1725)[10]. Il existait également des "Jardins d'amour", dont Le Double Jardin d'amour à l'usage des jeunes gens qui veulent se marier[11] et un Catéchisme à l'usage des grandes filles pour être mariées[12] pour apprendre « la manière d'attirer des Amants ».

Anne Fillon termine en évoquant le rôle du clergé - qui désapprouvait d'ailleurs "les chansons les plus criminelles" (p. 433) - mais elle mentionne le fait que " le père Grignon de Montfort utilisait les timbres [airs connus] des chansons connues pour faire chanter aux fidèles ses cantiques" (p. 433). On trouve aussi dans les publications comme le Recueil de cantiques nouveaux et spirituels ( Paris, 1730, 1732) des cantiques à chanter sur des airs connus tels celui " « sur l'indigne communion » … sur l'air de Tu ne dois pas jeune Lisette[13] ou celui pour la présentation de Jésus au temple, sur l'air de « Tarare Ponpon », souvent utilisé pour des chansons légères…

Mort et funérailles

Anne Fillon meurt le au Mans[14], à l'âge de 80 ans, « des suites d'une longue maladie »[15],[16].

Publications

Notes et références

Liens externes

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