Anne Littell (1743-1808), épouse puis veuve Horton, devenue duchesse de Cumberland et Strathearn, est une membre de la famille royale britannique, qui épousa le prince Henri, frère cadet du roi George III. Elle était considérée comme l'une des plus belles femmes de son temps.
Elle est la fille de Simon Luttrell, et de son épouse, Judith Maria Lawes, fille de Nicholas Lawes, gouverneur de la Jamaïque. Sa sœur cadette, Elizabeth, est née le à Londres, et restera toujours très proche d'Anne[2].
Simon Luttrell est élu membre de la Chambre des communes. Il est fait baron Irnham en 1768, puis vicomte de Carhampton en 1781 et enfin comte de Carhampton en 1785[3].
Mariages
Anne épouse en premières noces le un gentilhomme originaire du Derbyshire, Christopher Horton (parfois écrit «Houghton») , né à Catton Hall[4].
Devenue veuve, elle épouse en secondes noces le le prince Henri, duc de Cumberland et Strathearn, sixième enfant et quatrième fils de Frédéric de Galles, le père du roi George III. Les noces ont lieu dans le plus grand secret à Hertford Street, quartier de Mayfair. Ce mariage est totalement désapprouvé par le roi, principalement parce que Anne avait déjà été mariée, et aussi de par ses origines, son père étant à cette époque un baron de fraîche date. Cette union est à l'origine du Royal Marriages Act votée en 1772 qui vise à interdire à tous les (nombreux) descendants de George II de se marier sans le consentement du souverain, une loi qui est restée en vigueur jusqu'à son remplacement par le Succession to the Crown Act 2013. Puisque la loi de 1772 n'était pas rétroactive, le mariage ne fut pas annulé.
Ce mariage a été décrit comme une «conquête à Brighthelmstone» par Madame Horton, qui, selon Horace Walpole, témoin de son temps et célèbre pour ses piques, «avait lanterné avec son amour durant plusieurs mois, jusqu'à ce qu'elle l'eut déterminé à des desseins plus sérieux qu'elle ne l'avait prévu.»[5]. Brighthelmstone fait ici référence à Brighton que le prince Henri et Anne prirent pour habitude de visiter lors de nombreuses villégiatures et finirent par mettre à la mode.
York House
Les Cumberland s'installèrent à York House, rebaptisée «Cumberland House», sur Pall Mall, et y vécurent jusqu'à la mort du duc en 1790. La demeure devint une cour parallèle, le duc étant en conflit ouvert avec son frère. Cette cour prospéra et ce succès, la sœur d'Anne, Elizabeth Luttrell, s'en attribua une part importante. Elle avait été témoin au mariage secret de sa sœur et le couple lui avait offert une aile de Cumberland House. Les finances du duc étaient assurées par des tables de jeu tenues à leur domicile et gérées avec succès par Elizabeth[2].
En 1800, la duchesse, devenue veuve, céda la propriété aux banques qui la grévèrent d'hypothèques[6].
Cette union n'engendra aucun enfant. Anne fut décrite comme l'une des plus belles femmes de son temps. Selon Horace Walpole, encore: «Sa coquetterie était si flamboyante, si variée et pourtant si habituelle, qu’il était difficile de ne pas la déjouer et tout aussi difficile d’y résister». Bien qu’elle fût généralement considérée comme d'une grande beauté, Walpole la jugeait simplement «jolie» (pretty), exception faite de ses yeux verts, qu’il reconnaissait comme «enchanteurs»[5].
Thomas Gainsborough exécuta plusieurs portraits d'elle. L'un d'entre eux est un pendant avec celui du prince Henri et se trouve au palais de Buckingham, un autre fait partie des collections de Hugh Lane. Vers 1772, Joshua Reynolds produit également un portrait en pied d'Anne, qui laisse entrevoir la beauté de son regard (Waddesdon Manor)[8].
12(en) Horace Walpole, Memoirs of the Reign of King George the Third, t.IV, Londres, , p.357.
↑(en) F. H. W. Sheppard, «Pall Mall, South Side, Past Buildings: Nos 85-87 (consec.) Pall Mall, Cumberland House», in: Survey of London, vol. 29-30, 1960, p.364-367 — lire sur British History Online.