Anne Steiner

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Anne Steiner
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Anne Steiner, née le à Paris, est une maîtresse de conférences en sociologie et historienne sociale française spécialiste de la violence politique, de la Fraction armée rouge (RAF) et de l'histoire de l'anarchisme, en particulier de ses tendances individualiste et illégaliste.

À la suite d'études d'histoire et de sociologie et de la présentation de sa thèse concernant la Fraction armée rouge sous la direction d'Annie Kriegel, Steiner commence à enseigner comme maîtresse de conférences à l'Université Paris-Nanterre, un poste qu'elle occupe pendant trente ans, publiant des études sociologiques et de nombreuses monographies pendant cette période. Parmi ces monographies, certaines, comme son étude de la Fraction armée rouge ou plusieurs de ses ouvrages concernant l'anarchisme individualiste, sont remarquées comme présentant de nouvelles perspectives historiographiques, parmi lesquelles on trouve un traitement féministe donné à l'étude de la violence politique.

Chercheuse prolifique, elle intervient dans plusieurs rassemblements et donne régulièrement des conférences scientifiques ou de vulgarisation sur ses sujets de recherche. Un de ses ouvrages inspire un film documentaire publié en 2025.

Anne Steiner naît le à Paris[1]. Elle suit et obtient une maîtrise d'histoire et un DEA de sociologie à l'Université Paris-Nanterre en 1981[1]. La chercheuse est boursière du Deutscher Akademischer Austauschdienst (DAA) pendant cette période[1].

Elle entame par la suite une thèse sous la direction d'Annie Kriegel, spécialiste de l'histoire du communisme en France[1],[2]. Steiner présente sa thèse, intitulée « Pratique de la guérilla urbaine en Europe Occidentale : la RAF de 1970 à 1977 », consacrée à la Fraction armée rouge, en 1985[1],[2].

En 1988, elle publie sa thèse et de nouveaux éléments sous forme de livre avec Loïc Debray, et la réédite plus tard, en 2006, aux éditions L'Échappée[3],[4].

Entre 1990 et 2020, elle exerce comme maîtresse de conférences en sociologie à l'Université Paris-Nanterre[1],[2]. Ses enseignements universitaires s'accompagnent d'un travail de recherche au sein du laboratoire scientifique SOPHIAPOL[5].

En parallèle de ses publications d'articles et collaborations universitaires en sociologie et en histoire, Steiner publie plusieurs monographies, en 2008, elle présente Les En-dehors : anarchistes individualistes et illégalistes à la Belle Époque, qu'elle réédite en 2019[2],[6],[7]. En 2010, Steiner mêle ses recherches historiques et sociologiques en publiant Belleville Cafés, une étude de l'importance et du rôle des cafés pour les classes sociales populaires franciliennes[2].

En 2012, elle publie Le Goût de l’émeute, manifestations et violence de rue dans Paris et sa banlieue à la Belle Époque et, l'année suivante, Rirette, l’insoumise, la première monographie consacrée à Rirette Maîtrejean, de la bande à Bonnot[2],[6]. Dans le premier de ces deux titres, elle s'intéresse à la population francilienne et ses relations conflictuelles avec l'appareil sécuritaire d'État au travers de cinq affaires de la Belle Époque[8].

Au cours des années 2010, la chercheuse participe à la rédaction du Maitron des anarchistes[1].

Le 6 janvier 2015, l'historienne se rend au Café repaire de Vierzon pour effectuer une intervention contre la montée de l'extrême droite en France[9]. La même année, Steiner publie Le temps des révoltes: Une histoire en cartes postales des luttes sociales à la "Belle époque", mais l'ouvrage étant rapidement épuisé après sa publication, elle le réédite en 2024[10],[11]. L'année suivante, la chercheuse aide au lancement de Voltairine et ses ami-e-s, une association lorientaise dont le nom et la pensée s'inspirent de la militante anarchiste américaine, Voltairine de Cleyre[12]. Elle y intervient et donne une conférence[12]. La même année, elle exprime le fait que selon elle, la stratégie anarcho-syndicaliste de la grève générale serait dépassée, dans la situation française du XXIe siècle, mais qu'une grève générale des consommateurs aurait de bien meilleures perspectives révolutionnaires dans ce cadre[13] ; elle revient aussi sur les critiques touchant les anarchistes individualistes, et sur les divisions historiographiques parfois trop simplistes effectuées au sein du mouvement anarchistes entre des militants de diverses tendances, Steiner s'appliquant à montrer que les anarchistes évoluent souvent entre une pluralité d'actions politiques, et peuvent évoluer entre ces tendances internes à l'anarchisme[13].

En 2015, elle est invitée au Centre international de culture populaire (CICP) et intervient aux côtés de l'historien Guillaume Davranche pour parler de la réception de la bande à Bonnot au sein du mouvement anarchiste[14].

Toujours en 2016, elle participe à une table ronde et un débat à la librairie Quilombo, une des librairies anarchistes de l'espace francilien[15].

En 2017, Steiner organise le colloque « Proudhon et l’idée de Révolution » au sein de son université[16]. Elle est aussi co-signataire d'une tribune dans L'Humanité où elle intervient avec d'autres collègues pour critiquer le traitement policier et judiciaire fait au chercheur antifasciste Antonin Bernanos, le procureur ayant par ailleurs fait un réquisitoire douteux sur un plan historique, opposant par exemple l'antifascisme à l'anarchisme[17].

Elle intervient fréquemment sur Radio France depuis les années 2000, sur des sujets concernant ses recherches ou l'analyse de mouvements sociaux comme les Gilets Jaunes[18]. Au moins depuis les années 2010-2020, elle participe au Dictionnaire international des militants anarchistes (DIMA), y publiant par exemple la biographie d'Auguste Vaillant, mais aussi à la revue d'histoire Brasero, où elle s'intéresse aux travailleurs du sexe mineurs et à l'illégalisme[19],[20],[21].

En décembre 2019, Steiner participe à une causerie sur le mouvement anarchiste et son histoire à La Cyanopsitta[22]. En 2020, après avoir été en contact avec la famille de Jean Vigo, elle publie une monographie concernant son père, militant anarchiste dont la mort dans des circonstances troubles touche le réalisateur très durement[23],[24].

En 2023, elle se rend de nouveau à la librairie Quilombo pour y intervenir[25] et présente la série documentaire Ni Dieu ni maitre : une histoire de l'anarchisme de Tancrède Ramonet, où elle est l'une des intervenantes sur la question de l'anarchisme individualiste, au lycée autogéré de Paris[26].

Postérité

Notes et références

Annexes

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