Lycée innovant de Paris
lycée expérimental à Paris, France
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Le lycée innovant de Paris (LIP) est un lycée expérimental créé en 2024, à la suite de la fermeture de l'établissement expérimental précédent, le lycée autogéré de Paris (LAP, 1982-2024).
| Nom original | Lycée autogéré de Paris |
|---|---|
| Fondation | 1982 |
| Type | Lycée général et technologique |
| Particularités | Établissement expérimental |
| Académie | Paris |
|---|
| Population scolaire | 126 élèves (2024) |
|---|---|
| Enseignants | 22 enseignants (2024) |
| Diplômes délivrés | Baccalauréat |
| Niveaux délivrés | secondaire |
| Formation | Lycée général |
| Langue(s) des cours | anglais, allemand, espagnol |
| Ville | Paris |
|---|---|
| Pays |
|
| Site web | https://lyc-innovant.ac-paris.fr/ |
| Coordonnées | 48° 50′ 05″ nord, 2° 17′ 31″ est | |
|---|---|---|
| Géolocalisation sur la carte : Paris
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Histoire
Lycée autogéré de Paris (LAP)
1982 : fondation du lycée autogéré de Paris
Fondé en 1982, le lycée autogéré de Paris est installé dans un ancien collège jésuite du XVIIIe siècle[1]. Des enseignants et des jeunes (pour certains en « rupture » avec le système éducatif)[2] en étaient les fondateurs, l'« initiateur » en ayant été Jean Lévi[3]. Le LAP s'adressait à des adolescents et des jeunes adultes, âgés de 15 à 21 ans, dans une alternative au système éducatif traditionnel. Il met les élèves en condition d’autonomie : les problèmes rencontrés doivent être gérés par les élèves eux-mêmes, à plusieurs s'ils le souhaitent[4].
1990 : rattachement administratif
Ce projet expérimental, ainsi que les trois autres centres expérimentaux ouverts en France, est considéré comme un succès et se voit conforté dans sa pérennisation à la suite d'un rapport d'inspection commandé par la direction des lycées en 1989. Cependant, dès 1990 celle ci réclame le rattachement du lycée autogéré de Paris à un établissement disposant d'un chef d'établissement, remettant ainsi en cause l'autonomie absolue du dispositif[5].
2011 : luttes sociales et suppression de postes
En 2011, durant les réunions paritaires du rectorat de Paris, où se décident les attributions de postes de professeurs de chaque établissement, le LAP est informé d'une suppression de cinq postes (sur une équipe de 25) à compter de la rentrée 2011, ce qui risque d'entraîner la fermeture de l'établissement[6]. En réaction à cette nouvelle, le lycée se mobilise et réussit à annuler la suppression de quatre postes et demi sur les cinq. En 2015, à la suite d'une mobilisation du personnel enseignant et des élèves, le demi-poste restant est réattribué au lycée. Désormais, le lycée peut compter sur les 25 professeurs à temps plein.
Fermeture du LAP
Début 2024, le lycée est visé par une enquête administrative concernant des violences sexistes et sexuelles[7]. Le rectorat décide sa fermeture, ce qui est contesté par certains enseignants et élèves, qui dénoncent une instrumentalisation[8].
Lycée innovant de Paris (LIP)
2024 : fermeture du LAP et ouverture du LIP
Un nouveau dispositif expérimental, le lycée innovant de Paris, ouvre immédiatement, en lieu et place du LAP[9].
Pédagogie du lycée autogéré
Le lycée autogéré de Paris s'est inspiré d'expériences pédagogiques préexistantes, notamment les réseaux expérimentaux de collèges et d'écoles élémentaires, créés dans les années 1960 et 1970, tels l'école élémentaire Vitruve ouverte en 1962 dans le 20e arrondissement de Paris (toujours en fonctionnement) et le lycée expérimental d'Oslo[10], ouvert en 1967 en Norvège. On peut aussi citer le lycée expérimental de Saint-Nazaire, qui a ouvert ses portes six mois avant celui de Paris[4].
Deux principes guident la pédagogie du LAP : l'autogestion et la liberté de fréquentation, ou libre apprentissage[11],[4].
Parmi les références théoriques, outre l'apport de Célestin Freinet[12] et de ses camarades de l'ICEM, la pédagogie du LAP trouve son inspiration dans les thèses des « dissidents », qui se sont reconnus un temps sous l'étiquette de la pédagogie institutionnelle Raymond Fonvieille et Fernand Oury. Néanmoins, le lycée autogéré de Paris s'avère plus proche de la tendance autogestionnaire et politique de Fonvieille que de la tendance psychanalytique d'Oury.
Fonctionnement du lycée autogéré

La participation de tous aux actions et aux décisions qui se rapportent à la vie de l’établissement est particulièrement recherchée. L'autogestion par l'entière population de l'établissement est mise en avant dans des structures collaboratives avec notamment les commissions, les réunions des enseignants et des élèves et l’assemblée générale[13].
Pour chaque enseignant, salarié de l'Éducation nationale, la participation à diverses tâches est impérative. La participation de chaque élève est encouragée, mais pas impérative. Selon le LAP, cette participation peut entrer en conflit avec d'autres projets : obtenir le baccalauréat, mener à bien un projet artistique, entretenir une carrière professionnelle, etc. Les élèves sont libres de fréquenter les cours. Pour certains, l'inspiration en est l'idéologie « coopérative » (adhésion volontaire), d'autres assimilent cela à la nécessité du « désir » d'aller en cours[13],[14].
Parmi les instances de gestion, une réunion d'équipe, au moins deux heures chaque semaine, assume une forme de direction collégiale. Les difficultés sont analysées collectivement dans ces instances et le travail d'analyse contribue à la formation de tous les membres de cette collectivité[15].
Résultats et classements
Projet LAP
Un classement réalisé par le magazine L'Étudiant en révèle que le taux d'obtention du baccalauréat dans ce lycée est de 26 %, et qu'il se classe, selon les critères de ce journal, dernier sur les 1871 lycées de France. En 2013, un classement relayé par le journal Le Monde le classe une nouvelle fois dernier lycée de France[16] en termes de valeur ajoutée par rapport aux lycées similaires dans l'académie, et avant-dernier en taux d'obtention du bac, avec une réussite de 30 %. En 2015, le lycée se classe 109e sur 109 au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement, et 2285e au niveau national[17].
En revanche, en 2020 l'établissement est en tête des classements mesurant la progression des élèves[18],[19]
En 2018, un article du Figaro affirme que, dans ce lycée, le taux de réussite au bac est d’environ 40 %, « bien inférieur à la moyenne nationale (88 %). Mais "s’ils n’étaient pas venus ici, beaucoup ne l’auraient jamais passé”, rappelle [un] professeur »[20].
Ces résultats sont néanmoins à relativiser avec le projet d'établissement, d'abord car les élèves n'ont pas l'obligation d'assister aux cours[20], et ensuite car le lycée a plutôt pour but de les aider à s'épanouir par la pratique d'activités plus culturelles (photographie, théâtre...)[20] auxquelles ils n'auraient pas forcément eu accès, que de les amener nécessairement au baccalauréat.
Controverses
En , le lycée autogéré de Paris est perturbé par des militants d’extrême droite se réclamant du Groupe union défense (GUD), qui tentent de s'introduire dans l’établissement et créent des incidents. Le lycée ayant décidé de porter plainte[21], le parquet de Paris requiert un an de prison, dont six mois avec sursis, contre les deux prévenus[22].