Annie Jenness Miller

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Activité
Annie Jenness Miller
Biographie
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Annie Jenness Miller, née le dans le New Hampshire et morte le à Washington D.C., est une designeuse, conférencière, autrice et entrepreneure américaine, fervente partisane de la réforme vestimentaire. Elle milite pour des vêtements plus confortables et mieux adaptés à une vie active et prône simultanément l'activité physique pour une meilleure santé. Elle défend ses idées à travers de nombreuses conférences et publie plusieurs ouvrages. Entrepreneure avisée, elle crée et vend ses vêtements, ainsi que les patrons et gère son propre magazine, Dress, the Jenness Miller Magazine et la société Jenness Miller Company.

Anna Jenness Miller est née le dans le New Hampshire[1]. Ses parents, Solomon Jenness et Susan Wendell Jenness, sont tous deux originaires de Nouvelle-Angleterre. Elle descend également de la famille d'Oliver Wendell Holmes Sr et de Wendell Phillips. Elle vit à Boston où elle bénéficie d'une éducation privée, jusqu'à son mariage avec Conrad Miller en 1884[1],[2],[3].

Durant les dernières années de sa vie, elle réside à Washington, DC, où elle possède d'importants intérêts immobiliers. Elle y décède le [2].

Réforme vestimentaire

Le contexte

En cette fin de XIXe siècle, le mouvement de réforme vestimentaire promeut des vêtements plus pratiques et plus confortables que ceux que la mode et les traditions imposent alors, à base de jupons multiples, de tournures rembourrées et de corsets serrés. Le mouvement de réforme vise particulièrement les femmes et leur propose des sous-vêtements plus hygiéniques ainsi que des vêtements plus adaptés aux activités sportives comme le vélo ou la natation[3],[4].

Les réformatrices vestimentaires mettent en avant un corset moins serré, appelé « taille d'émancipation ». Elles visent à éliminer le port systématique du corset et favorisent le port de tenues quotidiennes plus confortables et plus pratiques[5],[4].

La réforme vestimentaire s'inscrit dans un mouvement progressiste plus large, qui prône également la tempérance, les droits des femmes, la santé publique et un gouvernement intègre[3].

L'approche d'Annie Jenness Miller

Les nouvelles tenues sont parfois jugées peu esthétiques. Annie Jenness Miller, elle, emprunte une voie intermédiaire, avec un concept qui intègre esthétique et confort. Elle veut améliorer le vêtement, pas le réformer[3].

Elle attaque l'industrie de la mode qu'elle accuse de rechercher « la nouveauté, l'exagération et l'étalage » tout en ignorant la santé et le confort et même les lois fondamentales de la beauté. Elle soutient qu'une meilleure tenue vestimentaire améliorerait la vie de chacun et que la société bénéficierait de l'ordre qui s'en suivrait : « Nous ne serons pas servis par des cuisinières vêtues de costumes sordides, ni par des vendeuses en bijoux bon marché et dentelles de coton, et nous ne nous refuserons pas le privilège de choisir une tenue vestimentaire adaptée à l'époque et au lieu, quelle que soit la profession. »[3].

Sa voie médiane séduit de nombreuses femmes qui recherchent simplement des vêtements confortables, sans révolution de mode[6].

Les sous-vêtements

Anne Jenness Miller se concentre sur les sous-vêtements et met au point le «Jenness-Miller System of Dress» qui comprend plusieurs pièces innovantes pour remplacer les classiques corsets, jupons et chemises[7].

Elle remplace le jupon par la jambière ou jupon divisé (leglettes), en forme de pantalon. « Et pourquoi pas un vêtement divisé pour habiller les jambes de la femme aussi bien que celles de l’homme ? Ces membres utiles n’ont-ils pas été donnés à la femme pour la même raison qu’à l’homme ? ». Craignant les critiques au sujet d'un vêtement en forme de pantalon, elle le nomme leglettes, de façon à éviter toute référence au vêtement masculin[3],[7].

Elle commercialise la chemilette, un vêtement léger combinant un corsage et une jambière et destiné à être porté par dessus le Union suit (en). « Avec ses finitions délicates à l'aiguille et à la dentelle, ses rubans noués dans la dentelle au niveau du cou et des bras, rien ne peut être plus joli. », dit-elle[3],[7]. Elle fait fabriquer pour ses clientes un modèle dérivé de l'Union suit (en), sous-vêtement en une seule pièce, breveté en 1868, appelé "Emancipation union under flannel" et contribue à sa popularité. Ces sous-vêtements doivent éviter le poids et les épaisseurs des vêtements[8],[7],[9].

Un magazine et une entreprise

Annie Jenness Miller a le sens des affaires : elle fabrique et vend ses vêtements, en vend aussi les patrons et les fait envoyer par la poste par la société Jenness Miller Company[3].

Vers 1885, elle est propriétaire de son propre magazine, Dress, the Jenness Miller Magazine, consacré à l'esthétique du développement physique et aux designs artistiques de robes. Ce magazine publie des articles des meilleurs auteurs sur tous les sujets d'intérêt féminin. Anne Jenness Miller y expose les changements de mentalité et d'habitudes qu'elle souhaite pour les femmes. Sa vision est basée en premier lieu sur l'activité physique et la recherche d'un idéal esthétique classique. Le magazine paraît jusqu'en 1900[1],[3],[8],[7].

Conférencière

Annie Jenness Miller a donné plus de mille conférences un peu partout aux États-Unis et au Canada sur des sujets liés à l'athlétisme et à la tenue vestimentaire[2],[8].

Publications

  • (en) Mother and babe, New York, Jenness Miller Company, (lire en ligne) Cet ouvrage comprend des patrons, des modèles et des idées pour de meilleurs vêtements pour les bébés ainsi que des modèles de robes et des exercices de gymnastique pour les mères[2].
  • (en) Physical Beauty: How to Obtain and How to Preserve It (ill. May R. Kern), C. L. Webster & Company, , 246 p. (lire en ligne). Ce livre aborde, entre autres, les opinions de l'autrice sur la beauté physique, l'individualité, la réforme vestimentaire etc
  • (en) Father, Mother and Babe, New York, Physical culture Publishing co, (lire en ligne)
  • (en) Triune Development, The Road To Self-mastery, The Triune Order, (lire en ligne)
  • (en) Get Well--keep Well--learn how. Lessons and Exercises for Daily Practice, Methuen,
  • (en) The Philosopher of Driftwood, Jenness Miller Publication, (lire en ligne), roman
  • (en) Barbara Thayer: Her Glorious Career, Boston, New York, Lee and Shephard publishers, Charles T. Dillingham, (lire en ligne), roman
  • (en) Twixt Love and Law, , roman

Bibliographie

Références

Voir aussi

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