Antisocialites
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Antisocialites est le deuxième album du groupe de rock indépendant canadien Alvvays, sorti le 8 septembre 2017. Il a remporté le Juno Award du "meilleur album alternatif" canadien de l'année.
Molly Rankin dit avoir écrit la majeure partie de l'album lors d'un séjour solitaire sur les îles de Toronto, ayant souhaité s'isoler quelque temps pour retrouver l'inspiration après plusieurs années de tournées suite à leur premier album. Elle dit également avoir souhaité retrouver ainsi l'atmosphère plus paisible de sa région de naissance, à savoir l'Île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse). L'enregistrement des premières versions de Antisocialites s'est fait selon elle avec simplement « un moniteur, un haut-parleur, un micro, un clavier, ma guitare et une mini table de mixage pour retravailler mes voix »[1],[2].
L'enregistrement proprement dit de l'album avec le groupe a été réalisé en deux phases : d'abord à Los Angeles avec le producteur américain John Congleton (au studio Kingsize Soundlabs) puis, le groupe n'étant pas totalement satisfait des versions enregistrées, de retour à Toronto (au studio Union Sound) avec Alec O'Hanley à la production et au mixage final[3].
Contenu
L'album Antisocialites est marqué par des sonorités indie-pop globalement proches de celui de leur premier album selon la critique, mais avec une progression vers un son un peu plus « ample » et des arrangements plus « spacieux » (AllMusic)[4], mais aussi l'usage de davantage de synthétiseurs (Paste)[5]. Le terme "shoegaze" est employé par plusieurs publications pour décrire l'album, évoquant une production plus dense avec davantage d'effets sonores, notamment pour le premier single In Undertow[6],[7]. Ben Adams (Varsity) note par exemple que ce titre « repose sur des murs de guitare et de feedback assez proches de My Bloody Valentine mais les enrobe d'un couche pop beaucoup plus "2017" »[6]. Le fait que la voix de Molly Rankin soit plus mise en valeur, et moins cachée derrière le son des guitares, est également évoqué par certaines publications[8].
La chanson Dreams Tonite, second single de l'album, est elle qualifiée de dream-pop, plusieurs publications évoquant une ballade aux sonorités très nostalgiques et mélancoliques[9],[10], et magazine Spin la jugeant « presque trop pure pour ce monde »[11]. Le clip vidéo de la chanson met en scène l'exposition universelle de 1967 à Montréal, dans un style rétro-futuriste cher au groupe[12].
Norman Blake (Teenage Fanclub), une des influences majeures du groupe, a participé à l'enregistrement de la chanson In Undertow (guitare et chœurs)[13],[14].
Le titre Lollipop (Ode to Jim) est un hommage à Jim Reid du groupe écossais The Jesus and the Mary Chain, avec qui Alvvays a partagé l'affiche pour quelques concerts (en première partie)[15].
Sortie
Le 6 juin 2017, Alvvays partage le single In Undertow[16], et annonce la sortie de leur second album Antisocialites pour le 8 septembre. Le second single, Dreams Tonite, est publié le 25 juillet[9], puis Plimsoll Punks le 18 août.
Dans le cadre de la promotion de l'album, ils sont invités à jouer pour la radio musicale américaine KEXP en octobre 2017[17], puis en décembre pour la radio publique californienne KCRW[18].
L'album Antisocialites connaît un plus grand succès commercial que le premier album du groupe, entrant notamment dans le classement Billboard 200 aux États-Unis (à la 82e place), et atteignant la 7e place du classement des albums indépendants[19]. Il se classe également à la 28e place des charts anglais, et à la 22e en Écosse[20].
Accueil critique
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Antisocialites a reçu un bon accueil de la critique musicale lors de sa sortie, obtenant une note moyenne de 77/100 sur l'aggrégateur Metacritic (synonyme de "critiques généralement favorables").
Marc Hogan (Pitchfork) décrit notamment l'album comme « une grande réussite », notant que le groupe « a élargi sa palette » et juge également que, malgré l'absence d'un hit comme Archie, Marry Me, « ils ont encore affuté leur son sans perdre de vue leur identité musicale pour autant »[14]. Steven Edelstone (Paste) considère lui que « en ajoutant des couches de synthé à leur mix le quintet de Toronto réussit à rendre ses guitares encore plus grandioses » et que « ils ont réussi ce dont chaque groupe rêve pour un second album : trouver le juste milieu entre répétition et volonté de tout changer »[21]. Parmi les avis plus mesurés, Ed McMenamin (Under the Radar) semble regretter un son moins lo-fi que le premier album, au profit « d'un son pop plus poli », et déplore également l'aspect répétifif de certaines chansons[8].
L'album figure dans les tops de fin d'année de plusieurs publications, se classant notamment à la 1re place pour le magazine canadien Exclaim![22], à la 17e pour le NME[23] et à la 29e pour The Guardian[24].
Il a également remporté le Juno Award 2018 du "meilleur album alternatif" au Canada[25], et obtenu une nomination pour le Prix Polaris[26].