Apocalypse et la Vie de saint Jean en images

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BibliothèqueThe British Library, Additional 38121
Lieu d'originePays-Bas bourguignons, peut-être le duché de Brabant
Supportparchemin
Format323 × 224 mm ; 47 folios
L’Apocalypse et la Vie de saint Jean en images
Image illustrative de l’article Apocalypse et la Vie de saint Jean en images

Bibliothèque The British Library, Additional 38121
Lieu d'origine Pays-Bas bourguignons, peut-être le duché de Brabant
Support parchemin
Format 323 × 224 mm ; 47 folios
Datation vers 1400
Langue latin

L’Apocalypse et la Vie de saint Jean en images (Londres, British Library, Additional Ms 38121) est un manuscrit enluminé qui associe le livre biblique de l’Apocalypse à la vie légendaire de saint Jean sous la forme d’un livre en images, c’est-à-dire une suite d’illustrations à découvrir en continu, avec des inscriptions à l’intérieur des enluminures. Ses caractéristiques stylistiques indiquent une origine méridionale néerlandaise : le manuscrit a probablement été produit vers 1400, vraisemblablement en Brabant[1]. Les indices internes, ainsi que les archives conservées, suggèrent qu’il a pu être exécuté pour l’abbaye de Tongerlo ou, à tout le moins, qu’il lui a été rattaché dès une période très précoce[2],[3].

Le codex s’inscrit dans la tradition des Apocalypses enluminées anglaises du XIIIe siècle ; plus précisément, il appartient à la famille des apocalypses en images anglo-françaises, tout en s’en écartant de manière significative. Alors que les exemplaires antérieurs recourent à des dessins au trait, légèrement teintés de lavis aux couleurs pâles, le manuscrit de la British Library fait usage de miniatures entièrement peintes et rehaussées d’or. En outre, à la différence des apocalypses en images plus anciennes, il comprend le texte complet de l’Apocalypse, en plus des inscriptions explicatives et des légendes directement inscrites au sein des images elles-mêmes[4].

L’Apocalypse et la Vie de saint Jean en images comprend 47 feuillets comportant 94 miniatures, dont la plupart sont disposées en doubles registres, deux images par page. Il présente un cycle iconographique étendu du livre de l’Apocalypse, complété par cinq scènes de la vie de l’Antéchrist (insérées dans le chapitre 11 de l’Apocalypse) ; le tout se retrouve encadré par des épisodes de la vie légendaire de Jean. Le manuscrit s’ouvre sur des événements précédant l’exil de Jean à Patmos, suivis de ses visions apocalyptiques. Après la conclusion de l'Apocalypse, le récit reprend la biographie légendaire de Jean, représentant son retour d’exil et ses dernières années à Éphèse[5].

Malgré son caractère essentiellement visuel, le manuscrit contient une quantité importante de texte. Les éléments les plus significatifs sont les légendes et inscriptions intégrées aux enluminures, tirées principalement du livre de l’Apocalypse et du commentaire du IXᵉ siècle attribué au moine Berengaudus. Parallèlement, mais sans correspondance exacte avec les images, figure le texte de l’Apocalypse selon la Vulgate, précédé d’une préface (attribuée à saint Jérôme) et d’une liste des chapitres[5].

Le manuscrit s’inscrit dans la tradition des apocalypses en images anglo-françaises, qui commence avec deux codex anglais étroitement liés, datant du milieu du XIIIe siècle : l’Apocalypse Morgan (New York, Morgan Library & Museum, MS M.524) et l’Apocalypse Bodleian (Oxford, Bodleian Library, MS Auct. D.4.17). Ces exemplaires, probablement issus d’un archétype anglo-français aujourd’hui perdu, ont établi un programme iconographique stable, qui a perduré pendant plus d’un siècle, comme en témoigne l’Apocalypse Rylands, datée d’environ 1360-1370 (Manchester, John Rylands Library, Latin Ms 19)[4].

Bien que les compositions du manuscrit de la British Library suivent l’iconographie établie des apocalypses en images, leurs enluminures richement peintes s’écartent de manière significative du style antérieur de dessin au trait et du lavis. Les peintures épaises, l’abondance de dorures et les fonds ouvrés reflètent le goût pour l’opulece caractéristique des Pays-Bas bourguignons et contrastent fortement, par exemple, avec la préférence émergente pour la grisaille en France. Un trait distinctif de la décoration réside dans ses fonds diaprés, composés de petits carrés dorés, rouges et bleus, rehaussés de fines lignes blanches, qui forment des motifs géométriques complexes et accentuent encore la splendeur du manuscrit. Les compositions, de leur côté, montrent l’influence des apocalypses xylographiques contemporaines. Les variations dans le modelé des visages, le traitement des drapés, la palette de couleurs et les hachures suggèrent qu'au moins trois artistes ont collaboré à la réalisation du manuscrit[1].

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