Apostolo Zeno

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Apostolo Zeno
Buste d'Apostolo Zeno par Pietro Bearzi
Biographie
Naissance
Décès
Pseudonyme
Emaro SimbolioVoir et modifier les données sur Wikidata
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Fratrie
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Membre de
Accademia della Crusca ()
Académie d'Arcadie
Accademia degli Animosi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Apostolo Zeno (né le à Venise et mort le dans cette même ville) est un écrivain vénitien de la fin du XVIIe siècle et de la première moitié du XVIIIe, à la fois dramaturge, critique littéraire, librettiste et poète.

Né le , à Venise, sur la paroisse de la Trinité, il descendait d’une de ces familles patriciennes que Venise avait jadis envoyées dans l’île de Candie pour y former une colonie. La perte de cette possession entraîna la ruine de toutes ces familles. Revenu encore enfant dans sa patrie, l’aïeul de Zeno, nommé Nicolas, n’avait pas été inscrit sur le livre d’or, dans le terme prescrit par les lois, parce qu’il était né avant le mariage de son père, qui n’avait point attendu les dispenses de la cour de Rome. Cette négligence lui avait fait perdre la noblesse, avantage bien faible, quand il n’est pas soutenu de la fortune.

Heureusement le jeune Apostolo trouva un appui dans son oncle, évêque de Capodistrie, qui dirigea sa première éducation. Le désir de la perfectionner, et la nécessité de se ménager des ressources pour l’avenir, l’engagèrent à se rendre à Venise, où il se livra tout entier à l’étude. A la vérité ses essais ne furent pas heureux. Ils consistaient en quelques pièces fugitives en vers et en prose, où le jeune auteur, dont le style n’était point encore formé, payait le tribut au mauvais goût de son siècle. On cite, parmi ces débuts de Zeno dans la littérature, un poème intitulé Incendio Veneto, 1684, et deux morceaux sur la reddition de Modon et l’acquisition de Navarin, etc. Mais il sentit bientôt le vice des faux brillants alors en vogue dans son pays, et ne tarda pas à secouer le joug. Son exemple fut suivi par les Magliabechi, les Salvini, et surtout les Redi dont il estimait le talent.

Ce fut sans doute de cette noble émulation que naquit à Venise l’académie degli Animosi (les courageux), ainsi nommée parce qu’elle se proposait de faire la guerre à l’abus de l’esprit. Zeno en fut le premier fondateur[1], en 1691. Le , l’académie des Animosi fut déclarée colonie arcadienne, et Zeno en devint le vice-président. Les mêmes motifs, qui avaient fait établir cette société déterminèrent Zeno à entreprendre, en 1710, le Giornale de’ Letterati, dont à lui seul il publia vingt volumes[2]. Son premier opéra, représenté à Venise en 1695, avait pour titre : l’Inganni felici. Son Lucio Vero eut, en 1700, un succès qui ne fut pas borné au théâtre de Venise. Au milieu de ces travaux littéraires, Zeno cherchait à se procurer un établissement solide. L’occasionne ne s’en présenta que longtemps plus tard par la vacance d’une place à la bibliothèque publique de Saint Marc, qu’il sollicita sans l’obtenir. On lui préféra une personne d’un mérite fort inférieur au sien. Ce désagrément lui fit quitter sa patrie.

Appelé à Vienne par l’empereur Charles VI, il eut le malheur de se casser une jambe sur la route (1718). La réputation de ses poésies dramatiques l’avait devancé dans la capitale de l’Autriche[3]. Il y fut accueilli avec des marques de distinction très-flatteuses, et quelque temps après, l’empereur lui accorda le titre de poète et d’historiographe de la cour. Jouissant d’une pension considérable qui le mettait à l’abri de la gêne qu’avait éprouvée sa jeunesse, et environné d’une grande considération, Zeno passa onze ans dans cette ville, tout occupé de la composition de ses pièces, dont dix-neuf sur des sujets profanes, et dix-sept sur des sujets sacrés. Il en donna au moins une chaque année. Parmi ces différents poèmes, les uns se rapprochent de la tragédie, les autres de la comédie ; ces derniers sont les moins heureux ; plusieurs sont dans le genre pastoral, et quelques autres dans ce genre mitoyen que Corneille avait cru pouvoir nommer comédie héroïque, genre que nous avons abandonné, et dont on ne peut guère regretter la perte.

Pour se conformer à l’usage de la cour de Vienne, Zeno publiait de temps en temps pour les grandes fêtes des poèmes italiens dialogués, que les Italiens appellent Azione sacra ou Oratorio. Avant lui, ces pièces étaient encore plus informes que celles qui jadis se jouaient sur les théâtres. Il est le premier qui les ait réduites dans les bornes d’une action régulière. Ces poèmes, au nombre de quinze, ont été recueillis pour la première fois à Venise en 1735, en 1 vol. in-4°. Tous sont, à la réserve d’un seul, tirés de l’Écriture Sainte, et tissus presque d’un bout à l’autre des propres termes du teste sacré. Chacun est divisé en deux parties sans distinction de scènes La plupart des poèmes composés par Zeno, pour la cour impériale, furent mis en musique par Caldara.

Parvenu à un âge avancé, Zeno, las du grand monde, quitta la cour de Vienne où il fut remplacé en 1729 par Métastase, au choix duquel il donna son entière approbation, et conserva néanmoins la moitié de la pension qu’il avait en qualité de poète et d’historiographe. Revenu dans sa patrie en 1731, il ne songea plus qu’à couler des jours tranquilles au milieu de ses livres et de ses amis. Il s’était formé une des plus belles bibliothèques qu’un particulier pût posséder et un cabinet de précieuses médailles qui devint l’objet de l’admiration des curieux. Lié avec Magliabechi, Maffei, Muratori, etc., il passa les deux dernières années de sa vie dans cette retraite, d’où il entretint une correspondance très-active avec tous les savants d’Italie et les littérateurs étrangers. Grand connaisseur en fait d’antiquités, bon critique, il joignait aux talents de l’esprit les qualités du cœur. Sa candeur, sa franchise, son affabilité, la douceur de commerce lui avaient concilié les cœurs ; et les anecdotes littéraires dont sa mémoire était rendaient sa conversation aussi piquante qu’instructive. Cet homme estimable mourut à Venise, le , âgé de quatre-vingt-deux ans, et fut enterré chez les Dominicains réformés, auxquels il avait légué sa bibliothèque. L'un des pères de cette maison, par un juste motif de reconnaissance, fit son Oraison funèbre.

Œuvres

Notes

Voir aussi

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